LETTRE CXXXIII
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A LYO\'
Souhaits affectueux pour des Sœurs malades. — Elle donne des nouvelles de sa santé et demande des prières pour son fils.
vive -J- jésus!
[Annecy, 1618].
Vraiment, ma très-chère fille, à ce coup nous trouvons le temps long d'attendre de vos nouvelles, et de vos pauvres malades que nous supplions Notre-Seigneur de vouloir guérir, pour sa gloire et votre consolation. Hélas ! qu'elles sont heureuses de porter avec tant d'amour et de douceur la croix que le divin Sauveur leur a imposée ! De vrai, ma fille, ce sont de bonnes épreuves que les grosses maladies, et des occasions grandes pour s'enrichir et affermir aux vertus, quand l'on y est fidèle. Or nous ne disons point ceci, en vérité, pour avoir été assez longuement mal, car Notre-Seigneur nous traite en faible; et puis, certes, nous n'avons rien profité, sinon à reconnaître notre grande misère, et avoir un peu plus de soin et de compassion des pauvres malades ; voilà que ce bon Dieu nous a encore garantie de notre fièvre quarte; qu'il soit béni et nous fasse la grâce de le mieux servir avec le peu de santé qu'il me laisse.
Nous avons vu mon fils, et pensons qu'il sera passé vers vous, dès Grenoble, où il était; mais nous ne savons encore ce qu'il en sera réussi. Dieu lui soit en aide ! nous le recommandons à vos prières, ma très-chère fille, et à celles de la chère troupe, que je prie Dieu de remplir de sa grâce ; je les salue toutes très-chèrement, mais à part notre pauvre petite cadette que j'aime bien, et ma très-chère grande fille plus que toutes.
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
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