LETTRE CXXXVII
A SAINT FRANÇOIS DE SALES
Affaires de famille.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy, 1618].
Vous demanderez donc les bagues à Mgr de Bourges, mon très-bon et très-cher Père, et encore, qu'il assure (au mieux qu'il pourra) la pension qu'il donne à son neveu ; car M. N. .. le désire bien fort. Certes, il nous fâche de vous savoir prendre cette peine, car, si je ne me trompe, vous êtes fort abattu et las. Mon pauvre très-cher Père, Dieu soit votre force! Eh! je supplie notre grand et très-bon Sauveur de remplir votre chère âme de l'amour de sa très-sainte Passion, et de la passion de son plus saint et très-pur amour.
Puisqu'il faut que vous ayez la peine d'écrire pour ce sujet, écrivez de bonne encre à Mgr de Bourges ; je vous en supplie, mon très-cher Père mon unique Seigneur. Jésus vous rende très-saint. Amen.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CXXXVIII {Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELIXE FAVRE
SUPÉRIEURE B LYON
Elle lui annonce son départ pour la fondation de Grenoble.
vive y jésl rs !
[Annecy] '29 mars 1618.
Vraiment , je n'ai pas le cœur de refuser cette occasion de vous saluer très-cordialement, ma très-chère et toute bonne fille; elle me prend dans le lit. Vous n'aurez donc que ce billet qui vous annoncera que nous nous portons toujours mieux et espérons en ce moment de mener nos Sœurs Cl. -Agnès, AI. -Françoise et M. -Antoine à Grenoble1. Nous enverrons votre voile par le sire Pierre : il est fait quasi. Il y a force or de reste, que Ton vous payera par Monseigneur. Bonsoir derechef, ma chère fille, et à toute la chère troupe. Je me réjouis du soulagement des pauvres malades. Saluez le bon M. de Médio, et de Saint- Nizier. Toute vôtre en Jésus. Avez-vous reçu notre paquet pour Bourges? je vous le recommande.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry
1 Pendant le Carême qu'il prêchait à Grenoble en 1618, saint François de Sales, voyant que tout était prêt pour la fondation qu'on lui demandait dans cette ville, manda à sainte de Chantai de venir le rejoindre. « Je vous prie, ma chère Mère, lui écrivait-il, de préparer » doucement nos petites avettes pour faire une sortie au premier beau » temps, et venir travailler dans la nouvelle ruche pour laquelle le Seigneur
» prépare bien de la rosée » La sainte Fondatrice partit en effet le
5 avril, accompagnée des Sœurs Péronne-Marie de Châtel, Marie-Françoise de Livron, Marie-Marguerite iMilletot, Marie-Antoine Tiolier (cette dernière du rang des Sœurs domestiques), et des quatre novices de Grenoble qui avaient pris l'habit à Annecy.