LETTRE CLIII
A LA MÈRE PÉROXXE-MARIE DE GHATEL
SUPÉRIEURE A GRBXI BLE
Il faut porter joyeusement pour Dieu les peines et travaux qu'il nous envoie.
vive j- JÉSUS !
[Annecy, 1618].
Je viens pour vous donner le bonjour, ma mie, et aussi me courroucer un peu de ce que vous vous laissez abattre et travailler par l'appréhension que vous donne la charge. Hé! je vous prie, ne faites plus cela, le bon Dieu qui vous y a posée la fera pour vous, confiez-vous en Lui. Puisqu'il Lui a plu vous faire
souffrir quelques contradictions et travaux, portez-les joyeusement pour son amour, car cette vie ne se peut passer sans peine. Or sus, soyons de même en paix, et voyons combien nos travaux sont légers et petits en comparaison de ceux des autres. Dieu soit béni de tout et en tout. Priez-le bien poulies nécessités de tout le monde, et pour les miennes qui sont si grandes. Béni soit le saint Kom de Jésus et Marie. Amen. Toute vôtre.
LETTRE CLIV (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELIME FAVRE
SUPÉRIEURE A LYON
Elle lui dit sa pensée sur une prétendante sans vocation.
VIVE J JÉSUS.'
[Annecy] 25 juin 1618.
Ma très-chère Sœur ma mie, je ne sais que vous dire, de plus que ce que je vous ai déjà dit, de madame Léotard ; aussi bien notre avis arriverait trop tard. Dieu vous aura conseillée, s'il lui plaît. Je crois fort qu'elle n'a point de disposition pour la vie religieuse, mais je vous prie de lui bien dire que je vous en avais parlé, comme en effet vous savez que je fis, et ce que vous me répondîtes, que je crains bien qui n'arrive. Dieu vous assistera, s'il lui plaît, et vous donnera force, convertissant tout à sa gloire. Certes, je serais bien aise que celte pauvre femme-là fut assistée et aidée, pourvu qu'il n'en arrive point de trouble et scandale à la maison. J'ai pour elle une lettre de Mgr de Bourges, qui ne veut pas que le mariage réussisse, si elle ne tient toute sa parole. Je la lui enverrai bientôt, maintenant je n'ai le loisir de lui écrire.
Envoyez-nous, je vous prie, du poivre blanc ; c'est pour en faire user à Monseigneur qui a son estomac tout détraqué.
M. Bonfils m'a fait assurer de payer les 30 ducatons pour les chandeliers; mandez-moi, je vous prie, s'il l'a fait; et bonjour, ma très-chère fille et toute unique Sœur; nous vous écrirons plus amplement bientôt. Je salue votre chère troupe; Dieu la comble de grâces, et notre chère Sœur que j'aime parfaitement.
Dieu soit béni!
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.