‹ Lettres (volume 3)Chapitre 125 sur 351 · LETTRE CLV · texte numérisé non relu

LETTRE CLV

A LA MÊME Mgr de Bourges désire que la Mère Favre aille fonder dans sa ville épiscopale.

VIVE -J- JÉSUS

[Annecy, 1618].

Je suis de même surpressée du départ de notre bon M. de Médio, comme vous le fûtes, ma très-chère fille, dont je suis mortifiée un peu ; car j'avais grande envie de répondre à Mgr de Bourges, sur le désir qu'il a que nous allions ensemble ' ; mais je ne le peux que je n'aie parlé à Monseigneur.

J'avais bien résolu qu'il emporterait l'argent des soies et de votre or; mais, en aussi peu de temps, l'on ne saurait voir M. Roland : ce sera pour le sire Pierre quand il retournera. Il me tarde déjà de savoir de vos nouvelles et de vos chères filles. Bonjour, la mienne toute chère. M. Le Blanc vient samedi ici.

Dieu soit béni!

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

1 Faire la fondation de Bourges. Ce projet ne réussit pas; sainte de Chantai y alla sans la Mère Favre.

LETTRE CLVI (Inédite)

A LA MÊME

La Sainte lui recommande de se décharger du gouvernement de Lyon afin de commencer une autre fondation. — Elle l'engage à ne pas refuser les prétendantes pauvres des biens temporels, pourvu qu'elles soient braves de cœur et d'esprit. — Envoi de quelques Sermons et des Entretiens de saint François de Sales.

vive f jksus!

[Annecy, 1618].

C'est la vérité, ma très-chère fille, que ma pauvre Sœur Barbe-Marie me donna l'alarme, et j'étais en peine de vous. Je loue Dieu de voir la disposition de votre cœur à le servir indifféremment, selon son bon plaisir; croyez, ma très-chère fille, que vous nous êtes chère en un très-particulier degré, et nous voudrions bien que la liberté nous fût donnée pour vous employer selon notre désir; néanmoins, puisque la divine Providence en dispose ainsi, il faut croire que c'est sa plus grande gloire. Cependant, nous désirons qu'avec sincérité vous recherchiez comme l'on pourra faire pour vous déprendre de là, sans altérer Mgr de Lyon, ni faire tort à la maison, à laquelle il me semble que, dans quelques mois, vous ne serez plus absolument nécessaire, quoique utile ; mais, si je ne me trompe, la cadette fera prou. Voyez donc comme vous ferez, et ce que nous devons faire de notre côté ; et je loue Dieu de ce que les prétendantes s'échauffent; prenez-en, je vous prie, si elles sont braves, et ne doutez point que Dieu n'assiste et ne pourvoie au temporel, pourvu que les filles soient de bonne observance. — Quant à notre Sœur***, certes, il ne serait bon de lui faire changer d'air, et la faire venir ici ; il la faut disposer, et tous ceux qui le doivent être ; cependant, si vous pouvez, ne lui souffrez point tant ses impertinences.

Mon Dieu, qu'il me tarde de savoir ce que Mgr de Lyon fera

pour ce privilège de l'Office ; certes, c'est chose impossible de s'en passer. Nous avons reçu l'argent; ne donnez pas les robes pour les Sœurs, il vaut mieux les garder; nous déchargerons votre maison de quelques filles, tant qu'il se pourra '. Voilà des Prédications et Entretiens* que ma Sœur Barbe-Marie a demandés pour faire faire des copies ; envoyez-les-y. Vous voyez comme je me hâte de vous parler, je n'ai nul loisir, et c'est un accablement que les affaires de céans. Nous ferons tout ce qui se pourra pour cetle bonne demoiselle, mais de la loger céans, il ne se peut. Mon Dieu ! il faut finir ; j'eusse bien voulu dire un mot à la cadette, mais je ne puis.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

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