‹ Lettres (volume 3)Chapitre 126 sur 351 · LETTRE CLVII · texte numérisé non relu

LETTRE CLVII

A LA MÈRE PÉRONNE-MARIE DE GHATEL

SITÉR1EURE A GRENOBLE

Une supérieure doit avoir pleine confiance en l'assistance divine.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy, 1618J.

Ma très-chère Sœur, je désirerai toujours plus ardemment de vos nouvelles, jusqu'à ce que vous me mandiez que vous tenez le dessus de toutes les petites tricheries qui affligent votre esprit ; car enfin je sais que cela ne peut que vous beaucoup nuire, et que ce n'est pas votre chemin de vous amuser à cela, ains celui d'une sainte humilité et confiance en Dieu, lequel prend plaisir de gouverner entièrement les âmes qui se reposent en Lui, et qui ne désirent ni force, ni science, ni expérience

1 lia Sainte pensait en conduire quelques-unes à la fondation de Bourges, qui allait s'effectuer.

2 Les Ent reliens de saint François de Sales, que les Sœurs d'Annecy avaient recueillis.

et capacité, sinon celle que sa Bonté leur distribue à mesure qu'elles en ont besoin. Je ne pensais pas que Monseigneur vous écrivît, mais il le fera; c'est pitié de voir son accablement parmi tant de gens qui sont logés chez lui. Je ne sus lui parler de ma Sœur Jeanne-Marie ' ; parlez-en avec M. Dulme, votre bon Père, et nous en mandez son sentiment, car cela est d'importance. Au reste, ma très-chère Sœur ma mie, plus je vais pratiquant ce bon Père, mieux je reconnais sa capacité, je dis même pour les affaires; c'est pourquoi vous ferez très-bien de lui communiquer de tout et d'avoir une grande franchise et confiance avec lui, car il ne veut que cela et il vous aideragrandement. Il faut que dorénavant vous le fassiez mettre dans les contrats, il le mérite; assurez-le fort de mon intime et cordiale dilection envers lui, je ne puis lui écrire2. Je salue aussi, et toujours quand vous le trouverez bon, notre très-cher Père M. de Lagrand ; remerciez-le étroitement de l'assistauce qu'il nous a donnée, et saluez aussi M. d'Aoste 3 et toutes les dames que vous savez, et quand vous connaîtrez qu'il sera à propos; mais surtout, pour cette fois, madame la vibaillive, la remerciant de tant de faveurs que nous reçûmes en sa maison. Oh ! pour nos chères Sœurs, je ne puis dire combien elles me sont chères, toutes, mais surtout nos pauvres anciennes.

Il faut finir, on me presse; envoyez quérir AI. Léotard et lui donnez ma lettre ; que l'on ne le voie point, ni les autres. Bonjour, ma très-chère Sœur ma mie ; vous savez ce que je vous suis.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

1 Sœur Jeanne-Marie de la Bastie, une des novices fondatrices de Grenoble.

2 On retrouve dans ce paragraphe un conseil qui fut déjà donné dans une lettre précédente et presque dans les mêmes termes; mais cette répétition est bien de la Sainte, puisque les deux originaux conservés aux Archives de la Visitation d'Annecy reproduisent ces phrases textuellement.

3 II fut plus tard éiêque de Gap.

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