LETTRE CLXIV
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A LYOX
Annonce de son passage à Lyon en se rendant à Bourges.
[Annecy] 27 septembre J618.
Ma très-chère fille, il n'y a plus moyen de faire de grandes lettres, puisque nous espérons nous voir si tôt, Dieu aidant ; et puis je vous assure, ma pauvre amie, que nous n'avons nul loisir, vous le voyez à mon écriture ; nous attendons de bon cœur notre cadette et la chère Sœur Francoise-Péronne : nous vous en ramènerons deux, et faites bien tenir notre Sœuri\. Fr. prête, car nous la mènerons à Bourges avec nous '. Adieu, ma très-chère fille. Dieu soit au milieu de votre cœur. Amen.
Conforme à une copie de l'original garde à la Visitation de Chambéry.
1 D'après le premier livre du chapitre du monastère d'Annecy, on voit que la Sœur Anne-Françoise ne fut pas une des fondatrices de Bourges, mais que la Sainte prit, en passant à Lyon, Sœur Jeanne-Françoise Etienne.
LETTRE CLXV {Inédite)
A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉGHARD
SUPÉRIEURE A MOULINS
La Sainte annonce son passage à Moulins.
vive -j- jésus!
[Annecy, 27 septembre 1618].
Ma pauvre très-chère Sœur, il n'y a moyen de refuser ce billet au bon M. Jantel, qui nous assure de vous voir bientôt. Ce n'est que pour vous saluer, attendant l'aimable jour de vous embrasser amoureusement et de tout mon cœur. Nous nous tenons prêtes pour le 8 ou le 9 du mois prochain, ainsi que nous avons écrit à notre bon Mgr de Bourges ; s'il était arrivé quelque chose qui retardât de leur côté, nous serions bien aise de le savoir. Monseigneur notre très-cher Père est de retour en bonne santé, Dieu merci. Adieu, ma très-chère amie. Dieu soit au milieu de votre cœur. Amen.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CLXVI [Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A LYON
Maladie de Françoise de Chantai. — Saint François de Sales attend l'arrivée du prince-cardinal de Savoie pour le suivre à Paris. — Explication au sujet de la Bulle envoyée de Rome pour l'érection de la Visitation en Ordre religieux. — La Sainte s'occupe de faire imprimer les Règles.
vive \ jésus!
[Annecy, 14 octobre 1618],
Ma très-chère fille, notre Françoise a toujours bien la fièvre continue, c'est aujourd'hui son neuvième jour, mais cette mauvaise couleur et défaillance lui est passée ; quoiqu'elle ait,
certes, bien la fièvre, si est-ce que M. Grandis ni moi n'en avons nullement mauvaise opinion, et espérons, moyennant la grâce de Dieu, qu'elle n'en craint rien pour ce coup. Ce sont ses excès à manger du fruit, et surtout des pêches, qui lui ont causé cette fièvre.
Au reste, ma très-chère amie, il y a aussi peu de certitude au voyage de notre très-cher Père qu'il se peut dire ; car tous les jours il y a des remises à l'arrivée de Mgr le prince-cardinal, et enfin l'on craint que cela ne s'en aille en fumée; voilà comme les choses de cette vie sont incertaines. 0 bon Dieu ! quel bonheur pour les âmes de n'y avoir aucune attache, mais de colloquer tout leur bonheur et repos en la sainte éternité !
Nous sommes aussi étonnée de ce que nous n'avons point de nouvelles de Bourges, et je crains que Mgr l'archevêque ne soit en peine pour ce que je lui avais écrit qu'il fallait qu'il envoyât à Rome pour obtenir un bref pour nous établir en sa ville; mais c'est chose qui ne sera point nécessaire, ains inutile, puisqu'enfin Monseigneur s'est résolu de convertir [ériger] celte maison en monastère, suivant sa commission du Pape, et par ainsi nous avons le privilège de nous établir en toutes les villes où les évêques nous voudront recevoir, avec même le privilège de notre petit Office ; et les seules maisons qui sont déjà faites ont besoin de recourir à Rome. Mais Mgr de Lyon n'a garde [de] s'oublier. Si j'avais le loisir, j'eusse pu écrire ceci à Mgr de Bourges ; mais l'on me demanda cette lettre aussitôt que je sus le départ de ces jeunes enfants. Voyez si vous trouvez occasion de le faire, ma très-chère fille, à qui je suis si entièrement. Comme aussi je vous prie de parlera Rigaud pour savoir si l'on voudra imprimer nos règles à la condition qu'il nous avait promise, qui est de nous en donner mille exemplaires. Peut-être le quitterions-nous bien à moins, il est vrai; puisque Monseigneur veut bien que tout le monde les voie, il y gagnerait prou. Parlez-lui-en, ma fille, car nous en trouverons
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bien un autre, s'il ne veut les imprimer. Il est besoin, et Monseigneur le désire, que l'impression s'en fasse bientôt. Elles sont toutes prêtes et achevées, grâce au grand Dieu, et ce sera un livre admirable. Dieu nous donne la grâce de les bien observer! Faites-nous promptement réponse, ma vraie trèschère fille ; nous écrirons plus à loisir par le sire Pierre et à la cadette. A Dieu soyons-nous éternellement, ma plus que trèschère fille. Amen.
Dieu soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.