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LETTRE CLXXVII

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE A LYON

Recommandations maternelles pour sa fille. — Amour de la Sainte pour la Règle, et son désir de la pratiquer avec toute la perfection possible.

vive 4- JÉSUS !

[Bourges, 1619].

Mais que veut dire cela, ma toute unique fille, je ne reçois

les avantages estimés par le monde, les avantages plus précieux de Tordre surnaturel : un cœur grand et généreux, une âme déjà enrichie des dons de la grâce et merveilleusement avide de les accroître chaque jour ; aussi les fit-elle valoir comme une fidèle dispensatrice. Supérieure à Moulins, Autun, Bourg en Bresse, Saint-Amour, Semur, Chàlon et Avallon , partout elle justifia la prophétie qu'avait faite saint François de Sales, en 1622, lors de sa première élection : « Je vous assure que celte chère Mère est toute » selon mon cœur; mais que dis-je? je crois fermement qu'elle est entiè- » renient selon le Coeur de Jésus, duquel j'espère qu'elle recevra tant de » bénédictions, qu'elle sera elle-même une Mère de bénédictions dans notre » cher Institut. » Ce fut à Avallon que la Mère de Chastellux termina sa sainte carrière, en 1663

point de vos nouvelles et de celles de Nessy, j'ai peur qu'il ne soit arrivé quelque chose à Françoise, laquelle je veux envoyer prendre, le plus promptement qu'il sera possible , pour la faire conduire droit à Dijon, car je ne veux point qu'elle aille à Paris, puisque Mgr l'archevêque s'en va, et que mon fils ni nies neveux n'y sont pas. Je vous supplie de la conjurer fort, cette chère fille, qu'elle ne laisse point dissiper son cœur à la vanité. Je ne désire rien tant, sinon qu'elle excelle en humilité, affabilité, et surtout en la crainte de Dieu ; si elle a soin de cela, la divine Bonté la conduira bien. Tous nos parents se réjouissent fort de la voir, et c'est à qui l'aura.

Au reste, ma fille, nos Règles sont attendues impatiemment, je vous prie de nous en envoyer par ce messager, et nous mandez si vous en aurez envoyé à Monseigneur. Nous avons grande consolation du jugement que tous les vrais serviteurs de Dieu en font; le Saint-Esprit les a composées, dit-on. 0 Dieu, quand j'entends cela, je me voudrais fondre! Ma fille, quelle fidélité devons-nous apporter pour les observer, puisque c'est Dieu luimême qui de toute éternité nous a marquées et appelées pour cela ; quelle bonté ! et combien la devons-nous aimer et servir fidèlement ! Je vous conjure, avec toutes vos chères filles, de correspondre à cette miséricorde.

Oh ! qu'elles viennent donc, ces bénites Règles, et que je puisse mourir, si je n'en embrasse la ponctuelle observance de tout mon pouvoir; mon Dieu me veuille bien aider pour cela, je l'en supplie très-humblement, par l'infini amour qui l'a fait mourir sur la croix; et ce souhait, je le fais pour toutes, de tout mon cœur, dites-le à vos filles, et le mandez aux autres encore.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CLXXX {Inédite)

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