‹ Lettres (volume 3)Chapitre 151 sur 351 · LETTRE CXCI · texte numérisé non relu

LETTRE CXCI

A LA MÈRE ANNE- MARIE ROSS ET

SCrKMEURE A itot iir,!;s

L'humilité, la patience et le discernement des esprits sont nécessaires à une maîtresse des novices. — La maladie éprouve les Sœurs de Paris. — A quel âge on peut entrer au noviciat.

VIVE "j- JÉSUS.'

Paris, mai [1619].

Certes, ma très-chère Sœur ma mie, votre lettre me consola beaucoup pour y voir beaucoup de traits de votre sage conduite en cette petite troupe. Tenez-vous fort humble, ma très-chère fille, et croyez que la lumière de Dieu ne vous manquera pas ; vous faites bien, grâce à Dieu , élargissez fort votre courage et faites hardiment ce que Dieu vous inspirera. Il faut, de vrai, retrancher les superfluités de notre Sœur N. .. Quand elle ne désirera plus savoir, il la faudra enseigner. Ce sera charité de contenter cette pauvre Sœur N..., car elle a un cœur bon et doux. Il faut avoir une grande patience avec les novices, et faire tout ce que l'on pourra pour les affranchir ; mais de les laisser nourrir dans la propre volonté , il ne le faut nullement. Il est vrai que quelquefois, quand l'on peut prévoir ou que l'on voit qu'elles se rendent dures, il faudrait acquiescer dextrement. Vous pouvez parler de cela aux bons Pères Jésuites, et même à l'assistante l, avec laquelle vous vous devez tenir fort ouverte, lui communiquant toutes choses avec grande confiance, amour et familiarité ; vous en serez consolée et soulagée, car elle est bonne et fort sage fille. C'est tout ce que je puis vous dire.

Nous avons toujours notre Sœur A. C. [de Beaumont] malade, et, de plus, la pauvre Sœur Jeanne-Marie avec une grosse fièvre continue ; croyez que je ne suis pas sans occupation, cela m'empêche d'écrire à notre bon Mgr l'archevêque, que je salue

• Sœur Françoise-Gabrielle liait y.

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avec le cœur que Dieu m'a donné pour lui ; priez fort que \otre-Seigneur lui donne abondance de bénédictions. Je salue aussi notre bonne et chère madame de Jars ; tout à part nos bons Pères Jésuites ; mais cela de bonne sorte, et tous nos autres amis.

Vous ne pouvez prendre de fille qui ne soit en la quinzième année et qui ne veuille être Religieuse. — Envoyez l'argent de votre camelot rouge. Dieu soit avec vous toutes, et bénisse la chère troupe que je salue, et n'oubliez jamais madame Thibaut. Le Père André vous adresse les filles auxquelles il écrit ; voyez si elles ont l'esprit propre, elles ne seront à négliger. Je suis toute vôtre en Jésus; mais que l'on prie pour nous et Monseigneur.

Conforme à une copie faite sur l'original par la Mère Rosset elle-même. Archives de la Visitation d'Annecy.

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