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LETTRE CXCIV

AUX NOVICES DE LA VISITATION DE BOURGES

Vertus que les novices doivent pratiquer pour mériter la grâce d'être filles de Notre-Dame.

VIVE + JÉSUS.'

[Paris, 1619].

La très-sainte paix de Noire-Seigneur soit au milieu de vos âmes, mes chères filles! C'est la bénédiction que je vous souhaite, par laquelle l'unité de nos esprits, en une même vocation, sera perfectionnée. Oui, mes chères filles, je désire que vous n'ayez qu'un cœur et qu'une seule âme. Vous n'avez toutes qu'une seule prétention, qui est de vous unir à Dieu par l'observation entière d'une même règle; vous ne devez avoir qu'une seule volonté et un seul jugement, qui est la volonté et le jugement de la Supérieure, à laquelle vous vous devez laisser conduire sans résistance; et, si vous faites ainsi, vous serez très-heureuses, sinon vous témoignerez que vous ne voulez point être filles de Notre-Dame; mais je vous conjure, mes chères filles, de ne point perdre la couronne qui vous est préparée. Employez fidèlement la sainte mortification pour le retranchement de ce qui se trouvera de contraire à votre en Ireprise, qui est la perfection religieuse; que chacune embrasse

généreusement l'observation de la Règle, et, en particulier, ee qui lui est recommandé selon sa nécessité. Je souhaite ma chère petite Marie-Louise1 toute douce et attachée à son Dieu. Ma bien-aimée Sœur Marie-Françoise 2, je ne saurais changer mon désir sur elle; qu'elle soit à jamais, cette chère Sœur, une petite brebis, toute douce, toute simple et maniable dans la bergerie du céleste Pasteur.

Je vous conjure, ma très-chère Sœur Anne-Marie, d'être fort fidèle à l'obéissance, faisant reluire dans toutes vos actions une exacte observance; et, pour notre bonne Sœur Claude-Marie, cpie lui pourrais-je souhaiter de plus nécessaire et utile que la très-sainte-humilité, pratiquée dans l'exacte soumission de son jugement et volonté? Enfin que toutes ensemble, par une sainte émulation, marchent devant Dieu en simplicité et innocence; c'est ce que je vous souhaite, et que vous vous assuriez toutes que je vous chéris avec une affection très-cordiale.

Piiez, je vous conjure, pour celle qui est toute votre, etc.

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