‹ Lettres (volume 3)Chapitre 165 sur 351 · LETTRE CCXII · texte numérisé non relu

LETTRE CCXII

A LA SOEUR MARIE-AVOYE HIMDERT

A MOULINS

Il ne faut point trop réfléchir sur soi-même, mais s'humilier devant Dieu de ses fautes d'inadvertance, et ne point s'en tourmenter.

VIVE j- JÉSUS !

[Paris, 1619 ]

Certes, ma très-chère petite fille ma mie, il faut que je vous dise que j'ai reçu une fort grande consolation en lisant votre lettre, laquelle me représente l'état de votre cœur avec une grande naïveté, sincérité et cordialité dont vous m'avez fait un singulier plaisir; car, voyez-vous, ma très-chère petite, j'aime tendrement votre cœur, et voudrais souffrir beaucoup pour sa perfection. Que si Dieu me fait la grâce de pouvoir obtenir sur vous le retranchement de ces continuelles réflexions sur tout ce que vous faites, lesquelles dissipent votre esprit, et, au lieu de cela, employer toutes vos forces et pensées à la pratique des vertus selon les occasions qui s'en présentent, mon Dieu ! ma fille, que vous seriez heureuse et moi consolée ! et je vous prie, ma mie, commencez dès maintenant à bon escient à faire cela.

Pour toutes les fautes d'impertinences ' et semblables choses que vous commettrez, ne faites qu'un simple abaissement d'esprit devant Dieu, et puis passez outre et ne regardez plus ce que c'est. Ne le ferez-vous pas, ma mie? Ah! je vous en prie, par le cœur et l'amour que vous porte votre pauvre Mère.

Au reste, écrivez-moi hardiment tout ce que vous pourrez, vos lettres me consolent toujours, et ne vous mettez en peine de

1 La Sainte emploie souvent ce mot comme synonyme d'inadvertance, de chose légère.

chose quelconque. Je suis toute à vous, ma mie, je vous en assure. Priez fort pour moi. Le doux Jésus accomplisse en vous sa très-sainte volonté.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Xevers.

LETTRE CCXIÏI

AUX SOEURS DE LA VISITATION DE BOURGES

Il faut ravir le Coeur du divin Epoux par l'amour de sa sainte volonté, l'exacte observance et le support mutuel.

vive f jksus!

[Paris] 3 octobre [1619].

Mes filles très-chères et bien-aimées, assurez-vous que mon affection à vous servir et consoler n'a besoin d'aucune autre excitation que d'elle-même ; car elle est infinie pour cela ; mais Dieu ne veut pas que nous nous voyions pour ce coup, et de bon cœur nous soumetlons nos désirs à sa sainte volonté. Pendant qu'il en disposera les moyens, préparons-nous par une trèsexacte observance à profiter de cetle entrevue, s'il nous la donne. Surtout, mes chères filles, vivez, je vous en conjure, avec un extrême amour de la divine volonté, et une douceur et support entre vous qui ravissent le Coeur de la souveraine Bonté; car notre bon Sauveur a dit qu'à cela l'on connaîtra que nous sommes ses disciples, si nous nous aimons l'un l'autre. Je me recommande à vos prières, n'ayant loisir d'en dire plus. Dieu habite éternellement au milieu de vous pour vous combler de ses riches grâces ! Je suis en lui toute vôtre. — Il soit béni.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Poitiers.

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