LETTRE CCXIV
A LA SOEUR FRANÇOISE-MARGUERITE FAVROT
A ANNECY '
La stricte observance de la Règle est l'admirable chemin de la perfection religieuse. Témoignages d'affection pour les amis du monastère.
Dieu soit béni, ma très-chère fille, Dieu soit béni à jamais !
J'aime bien vos lettres et encore plus votre cœur ; faites toujours le plus parfaitement que vous pourrez toutes vos actions et le plus simplement. Oui, attachons-nous à une observance de nos saintes Règles qui soit inflexible, c'est un chemin admirable ; le doux Jésus nous y fasse cheminer fermement et fidèlement. Amen.
Je suis, certes, marrie de cette pauvre petite N... ; c'est la mélancolie; il faut user de divertissement, et ne pas faire semblant de voir le quart de tout ce qui se passe. Je loue Dieu que notre assistante2 va si bien; mais mon pauvre maître [maçon], Jean, n'est-il pas bon? Je l'aime, je vous assure chèrement, et le vous recommande bien toujours. Faites-lui bien mes recommandations, et à tous les maîtres; je ne les verrai pas de cette année; mais, s'il plaît à Dieu, après Pâques nous les reverrons. Je vous assure, ma chère fille, qu'il m'en tarde, mais je suis pourtant fort contente de la volonté de Dieu, et puis il me semble que je vous vois toutes ; mais, il est vrai, vous m'êtes grandement présentes, et ma pauvre vieille Sœur Anne-Jacqueline, vous ne sauriez croire, ma mie, combien j'aime cette fille-là; ayez-en bien soin, et de toutes; certes, elles me sont précieusement chères en Notre-Seigneur.
1 Voir la note de la lettre LXXVIII.
2 Sœur Claude-Agnès Joly de la Roche.
Faites bien mes recommandations à tout le monde, à AI. Grandis en particulier, aux Pères de Saint-Dominique, à AI. Bouvard, à notre procureur, à tous nos voisins et voisines. Je suis vôtre en Jésus.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CCXV (Inédite)
A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉGHARD
SUPÉRIEURE A MOULINS
La Sainte annonce que saint François de Sales est nommé grand aumônier de Son
Altesse, et M. de Boisy, premier aumônier de Madame.
Offre d'une prétendante.
vive -|- Jésus!
Paris, 15 novembre 1619.
Vous aurez su maintenant, ma très-chère Sœur ma mie, comme tout est venu à bon port, car je vous ai fait réponse par voie assurée. J'ai bien perdu des lettres aussi bien que vous, et ce qui m'a plus fâchée, deux de celles de Alonseigneur ont été égarées ; mais Notre-Seigneur fait et permet tout : il soit béni à jamais. J'ai reçu des nouvelles du 30 octobre de ce bonAIonseigneur, il était à Chambéry. Il me mandait qu'il était occupé à se déprendre de la cour ; mais je pense qu'il faudra qu'il passe à Turin Aladame et Leurs Altesses l'ont fait grand aumônier, et AI. de Boisy ' premier aumônier de Aladame, de sorte qu'il est engagé pour servir son quartier, et Alonseigneur me mande que la charge de grand aumônier l'engagera pour deux mois toutes les années à Turin. Dieu fasse en tout sa sainte volonté.
Il y a ici une puissante fille qui est de vos quartiers, d'honnête famille, qui désire d'être Sœur blanche - ; elle est jeune et
1 Jean-François, frère du Saint.
2 C'est-à-dire Sœur domeslique.
forte. On m'attend. Elle prie pour savoir si elle pourrait être reçue chez vous, [ce] que je n'ai su refuser de vous demander, si vous le pouvez. J'écris sans loisir. Dieu soit tout nôtre. Je suis toute à vous, vous le savez.
Conforme à l'original gardé aui Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE CCXVI
A MADAME DU TERTRE
A MOCLIXS
Souhaits de bénédictions pour que les fruits d'une retraite soient durables.
VIVE J JÉSUS.'
[Paris, 1619.]
Je désire seulement que ces quatre lignes vous portent le souhait que mon cœur fait pour le vôtre très-cher, de mille et mille bénédictions, que je supplie le très-doux Sauveur de vous donner. Je participe au bonheur de l'utilité et de la consolation que vous avez reçue dans votre exercice de pénitence, que ma très-chère Sœur m'a mandé que vous avez fait. Oh ! bon Dieu, ma très-chère fille, qu'il fait bon s'approcher de cette infinie douceur ! Je la supplie très-humblement de vous fortifier et avancer en l'exercice de son très-saint amour, auquel et par lequel je suis d'une entière affection votre plus humble servante en Xotre-Seigneur.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Xevers.