LETTRE CCXLIX
A LA SOEUR PAULE-JÉRONYME DE MOXTHOUX
MAITRESSE DES NOVICES A AXXECV
Le blâme et le mépris sont précieux aux âmes désireuses de leur perfection. — Il faut savoir supporter les défauts des prétendantes lorsqu'ils sont occasionnés par le jeune âge.
VIVE y JÉSUS !
Paris, 1620.
Je le crois facilement, ma très-chère fille, que vous fûtes bien touchée de la parole de notre Sœur N***, car qui ne le sentirait quand on touche à l'estime"? 0 ma fille, que telles oc casions nous seraient profitables, si nous étions bonnes ménagères! Il le faut toujours devenir davantage. Ne soyez pas en peine, elle n'est pas pour Turin, à mon avis. Je suis très-aise de ce que votre petite Sœur Chàtel1 fait bien. J'espère qu'elle sera fort bonne fille. Ce n'est pas merveille que celles de son humeur et de son âge ne soient pas si ponctuelles; promptement elle le deviendra, s'il plaît à Notre-Seigneur. Je les salue toutes, vos chères novices; je prie Dieu qu'il les bénisse et les rende selon son Coeur; je salue aussi très-chèrement toutes nos bonnes Sœurs professes. Et la chère grosse madame de Monthoux la belle-sœur, et madame la sénatrice de Monthoux, je les honore de tout mon cœur, leur souhaitant tout bonheur et sainte consolation.
Je suis bien aise que votre cœur soit un peu plus au large avec notre Sœur l'assistante2. Croyez, ma chère fille, que Dieu a permis tout ce qui s'est passé afin de vous rendre plus simple et plus forte contre vos inclinations. Certes, je suis consolée de ce que Monseigneur est exact avec les Sœurs. Adieu, vous savez ce que je vous suis.
Conforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.
1 Sœur Claude-Cécile de Chàtel, propre sœur de la .Mère Péronne-Marie. 3 Sœur Claude-Agnès Joly de la Roche.