‹ Lettres (volume 3)Chapitre 185 sur 351 · LETTRE CCLI · texte numérisé non relu

LETTRE CCLI

A LA MÈRE MARIE-JACQUELI.YE FAVRE

SUPÉRIEURE A LYON

La Sainte l'engage à hâter son départ pour l'Auvergne et lui parle des fondations projetées. — Comment faire accompagner les Sœurs d'Annecy qui devaient passer à Lyon pour se rendre à Paris.

vive f JÉSUS !

[Paris, juin 1620.]

Mais, ma fille très-chère, si vous partez si tard pour l'Auvergne, vous tarderez pour Turin, car Monseigneur me mande que dans la fin de juin il faudra partir. Il faut aussi que nos filles viennent en deçà, et, certes, je ne sais comment votre père

[le président FavreJ a gagné Monseigneur pour vous faire aller là, car j'avais bien envie que vous fussiez ici, et il me semblait très à-propos , si l'on veut m'en retirer, comme je le pense, quoique je ne sache nullement à quoi Monseigneur me destine; j'espère seulement d'être contente, Dieu aidant, partout où sa volonté me tiendra.

Mais, ma très-chère fille, si vous pouvez, faites qu'il n'y ait rien à faire quand vous sortirez tout à fait de Lyon, et instruisez notre Sœur Marie-Aimée [de Blonay]. Pour l'amour de Dieu, laissez-la votre héritière , tant qu'il vous sera possible, surtout pour la fermeté à ne changer ni acquiescer à aucun changement, nourrissant l'esprit de vos filles à une invariable persévérance de la manière de vie que Dieu leur a donnée. Ma fille, inculquez et gravez dans leur cœur cette résolution, je vous en prie. — Voyez sur votre livre si l'on a rendu à la maison de Nessy ce que nous en apportâmes d'argent; s'il n'est payé, ordonnez, ma fille, qu'on le fasse quand la maison de Lyon le pourra, et je pense que vous le devez faire avant de vous décharger, et faire votre effort pour faire faire la visite [canonique] et élire la Supérieure.

Au reste, quelque chose que notre Sœur Marie-Aimée dise, je crois qu'il sera bon, quand vous irez à Nessy, de lui envoyer de là une compagne , si notre Sœur Anne-Françoise [Chardon] va en Auvergne ; [faites] toutefois comme vous le jugerez à propos.

Je suis bien aise de voir son sentiment sur le sujet de notre Sœur F. -J. ; mais véritablement vos raisons sont puissantes, et je crois avec vous que cette fille-là fera mieux en charge qu'autrement. Ecrivez-en fort au long à Monseigneur, afin qu'il juge en quel lieu et avec quelle Supérieure elle serait le mieux, car il en faut une pour Nevers, une avec notre Sœur Jeanne-Charlotte [pour Moulins], une avec notre Sœur Claude-Agnès [pour Orléans], et une avec notre Sœur Anne-Catherine [pour Paris], m. 27

laquelle est une Religieuse très-parfaite à mon gré, sage, judicieuse et bonne.

Je vous prie, ma mie, avisez comme l'on fera venir les filles depuis Lyon ' ; lequel serait le mieux, ou par eau ou dans un coche d'ordinaire : si vous trouviez là quelque femme honnête, dont la rencontre de venir par deçà se puisse ajuster avec nos Sœurs ; s'il se trouvait quelque honnête ecclésiastique de connaissance qui vînt deçà, ou enfin quelqu'un qui pût les accompagner, qui voulût faire celte courtoisie et charité, en le défrayant ; vous verrez mieux que nous ce qui se pourra et devra; elles seront au moins huit Religieuses.

Adieu, mon enfant, l'on m'appelle; une autre fois je vous dirai des nouvelles de cette maison, où je ne puis m'empècher de vous désirer.

Je suis en peine des lettres que j'écrivis devant Pâques, le 6 ou 7 d'avril ; car Monseigneur ne les avait encore reçues le 4 mai.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la \ isitalion d Annecy.

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