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LETTRE CCLII

A MONSIEUR MICHEL FAVRE

CONFESSEUR DE SAINT FRANÇOIS DE SALES ET DES RELIGIEUSES DE LA VISITATION D* ANNECY

Projet d'un voyage de saint François de Sales à Rome. — Prière à M. Michel d'adresser des exhortations aux Sœurs d'Annecy.

Dieu vous bénisse, ô mon bon et cher Père, et vous donne, s'il lui plaît, une force et industrie efficaces pour le soulagement

1 Saint François de Sales devait envoyer en France plusieurs Sœurs d'Annecy pour les fondations de Nerers et de Moulins.

de Monseigneur, notre bon et digne Père. Oh! que sa vie est trèsprécieuse à l'Eglise de Dieu ! Il la lui faut demander continuellement. Que vous êtes heureux au-dessus de tout le reste du monde, de voir toujours les actions de ce vrai imitateur du Fils de Dieu , notre Sauveur et souverain Maître ; mais faites-en bien votre profit.

Irez-vous à Rome ? que feraient ces pauvres filles ? 0 Dieu! ce voyage sera à sa très-grande gloire, mais que pesantes sont les absences d'un si digne et véritable Père ! Fiat volunias tua ! Pourtant, j'ai reçu seulement ce malin votre billet de Pâques, et l'après-dînée le paquet du 14 mai. Certes, et pourquoi ne ferez-vous pas de petites exhortations à la chère famille? Vous leur porterez les miettes que vous recueillez de la table de notre grand Père [saint François de Sales]. Ah ! que tout est bon et nourrissant ! c'est un pain de pur froment, qui nourrit et engraisse l'àme qui en mange. Portez-leur-en tant que vous pourrez, ô mon cher fils, et si vous avez l'incomparable bonheur de le suivre, ayez soin, je vous prie, de m'en mander souvent des nouvelles et de le faire soulager tant que vous pourrez, le conjurant par soi-même et par tout ce que Dieu a voulu que je lui sois , de faire tout ce qui lui sera possible pour conserver sa santé ; mais nous saurons plus particulièrement ce départ.

Je suis grandement obligée à M. le chevalier, mon très-cher fils, que j'honore tendrement, et à tous nos chers amis et amies qui daignent se souvenir de moi, et aux bons serviteurs de Monseigneur, je les nomme ainsi, estimant ce litre trèshonorable; je les aime chèrement, et tous nos maîtres, et ma pauvre vieille Sœur Jacqucmcnt ; mais je n'entends rien de nos tant chères filles de N*** et de Vallon ; je les salue et vous de lout mon cœur, à qui je suis très-humble mère et fille en Notre- Seigneur.

Conforme à l'original gardé1 aux Archives delà Visitation d'Annecy. .

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