A\T\ÉE
[P. S.] Vous ne me dites rien de notre petite Sœur F. -Angélique et de sa compagne; [nej font-elles pas fort bien? Je le souhaite de tout mon cœur. Ne vous ai-je pas mandé que nous avions marié ma fille fort heureusement, grâce à Dieu?
Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.
LETTRE CCLXIIÏ (Inédite)
A LA SŒUR MARIE- AIMÉE DE BLONAY
ASSISTAXTK-COUMISK ft LYOS
Nouvelles dispositions pour le départ de quelques Sœurs. L'assistance au saint Office doit être préférée aux exigences des séculiers.
vivra •{- jésus!
[Paris], 30 juin 1620.
Je viens d'écrire à notre Sœur Claude-Agnès [Joly de la Roche], car je crois qu'elle est la capitainesse de la petite troupe. J'envoie la lettre à Moulins, craignant qu'elle ne la trouve pas à Lyon. Je ne sais si elle nous aura amené une compagne de Nessy. Il me semble qu'il nous faut cela, ma très-chère fille, mais je m'en rapporte [à ce qu'on décidera]. Si l'on ne vous écrit point , et que vous vouliez retenir notre Soiur Marie-Françoise Bellet, vous pourrez nous envoyer en sa place cette chère fille de la Grange ' ; car je crois que Monseigneur le voudra bien, et un jour vous pourrez faire passer notre Sœur Marie-Françoise en Auvergne, si l'on prend notre Sœur Françoise-Jéronyme [deVillette] ; et enfin, si nos Sœurs ne sont passées, saluez-les chèrement.
Donnez toute satisfaction à ceux de dehors ; mais, petit à petit, sauvez les Offices, cela se doit, et me croyez qu'enfin vous n'en serez point blâmée; je l'expérimente ici; l'on fait étal des Religieuses qui observent leur Règle. Je ne puis davan-
1 Sœur Catherine-Charlotte de C rémaux de la Grancre.
tage. Si nos Sœurs ne sont parties, hàtez-les, car elles devraient arriver pour Nevers.
Je mande à notre Sœur Claude-Agnès qu'elle laisse notre Sœur Anne-Marguerite [Clément] pour directrice à Nevers, si Monseigneur n'y a destiné notre Sœur Françoise-Jéronyme. Certes, je voudrais bien que vous gardassiez la petite Bellet, si elles ne sont passées, et envoyassiez la Sœur de la Grange. En ce cas, notre Sœur Marie-Michelle [de Nouvelles] demeurerait à Moulins pour compagne de la Supérieure. Dieu soit béni! Je n'en puis plus, vous savez ce que je vous suis '.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 La fondation d'Orléans eut en effet pour première Supérieure la digne Mère Claude-Agnès Joly de la Roche. En outre de ses trois coopératrices, les Sœurs Anne-Marguerite Clément, Marie-Michelle de Nouvelles et Marie-Françoise Bellet, on lui adjoignit pour le voyage quatre autres Religieuses, dont deux pour le monastère de Moulins : les Sœurs Paule-Jéronyme de Monlhoux et Françoise-Jacqueline de Musy. Deux autres pour celui de Paris : les Sœurs Marie-Constance de Bressand et Marie-Gasparde d'Avisé (cette dernière devait servir de compagne à la Vénérable Mère de Chantai quand elle retournerait à Annecy). — Pour dernier adieu à ses filles, saint François de Sales fit l'admirable Entretien de V Espérance, que la Mère Claude-Agnès recueillit fidèlement, ainsi qu'elle l'avait déjà fait de la plupart des autres. Ces huit ferventes Religieuses sortirent le G juillet 1620 du monastère d'Annecy, après avoir reçu la bénédiction de leur Bienheureux Père, qui, au moment de leur départ, monta sur une petite éminence et les suivit des yeux aussi loin qu'il lui fut possible, puis les bénit encore une dernière fois.
La Mère Claude-Agnès emporta comme une précieuse relique les lignes suivantes que lui écrivit son saint Fondateur :
« Allez, ma très-chère fille, Dieu vous sera propice. Trois vertus vous » sont chèrement recommandées : la débonnairelé très-humble, l'humilité » très-courageuse, la parfaite confiance en la providence de Dieu; car, » quant à l'égalité de l'esprit et même du maintien extérieur, ce n'est pas » une vertu particulière, mais l'ornement intérieur et extérieur de l'Fpouse » du Sauveur. Vivez donc ainsi toute en Dieu et pour Dieu, et que sa bonté » soit à jamais votre repos. Amen. — Fraxçois, écc'que de Genève. — Faites » cela, ma très-chère fille, » {Histoire de la fondation d'Annecy.)
LETTRE CCLXIV (Inédite)
A LA MÊME
Presser le voyage des Sœurs fondatrices d'Orléans et de Xevers. vive j* jésus!
[Paris], 4 juillet 1620.
Ma fille, hâtez nos Sœurs, je vous supplie; qu'elles ne séjournent point- à Lyon. Mais je m'avise que si elles vont passer à Lyon, elles arriveront trop tard à Aloulins ; car il faut que nos filles en partent le 10 pour aller à Nevers. Dieu soit la conduite de tout. Amen. Je ne puis davantage. Je suis vôtre.
Dieu soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.
LETTRE CCLXV (Inédite)
A LÀ MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPÉRIEURE A UONTPERRAND
L'attachement que le public témoigne aux premières Supérieures d'une fondation contrarie la Sainte. — Nouvelles des monastères de Lyon et de Paris.
VIVE \ JÉSUS
[Paris], 17 juillet 1620.
Oh! Dieu, ma fille ! que ceci est fâcheux, de ne savoir pas où vous écrire; si vous saviez les adresses et me les mandiez, vous me feriez grand plaisir. Or ça, disons ce qu'il faut. Je vous écris que j'ai pris médecine, c'est pourquoi il se faut hâter. — Dieu soit héni du bon accueil que vous avez reçu. Je suis marrie de quoi le monde s'attache ainsi aux premières Supérieures qu'il voit. — Je m'assure que vous saurez bien donner toutes les connaissances et l'estime que vous pouvez à votre Supérieur ; je crois qu'il ne faut point que vous parliez de votre départ, car cela ne fait que roidir les esprits ; je suis contrainte de faire ainsi en cette ville ; et puis je pense que la maison de Turin ne
se faisant pas, ou du moins étant retardée, il sera bon que vous fassiez là tout le séjour qui sera requis pour le bien de la maison.
C'est pitié que d'avoir affaire à des esprits timides ; j'ai parlé à la demoiselle dont vous m'écriviez, elle m'avait dit qu'elle vous écrirait. Je n'ai pas tout dit ; mais j'ai assez dit pour vous décharger de cette affaire, et ferez bien de ne vous en plus mêler. 0 Dieu, ma fille ! je l'espère bien, moi, de vous revoir, moyennant la grâce de Dieu. Plût à Dieu qu'avant de partir de Lyon, vous vous fussiez toute déchargée ; je ne pense pas toutefois que vous y retourniez, au moins pour longtemps. Oh ! j'écrirai de cela à Monseigneur.
Notre Sœur Marie-Aimée [de Blonay] fait fort bien : tout va avec suavité à l'accoutumée, et l'esprit de notre SœurN*** s'accommode fort bien ; nous attendons nos Sœurs, je ne sais qui vient. Nous sommes sur le point d'acheter une maison toute bâtie , mais à force d'argent, sous la providence de Dieu qui ne nous manquera pas, s'il lui plaît. A'ous avons toujours force filles, et le jour de ma fête nous en reçûmes une de grande qualité, des plus renommées1, qui donne quinze mille écus pour aider à la fondation ; mais ce qui me plaît le plus, c'est qu'elle a un très-bon cœur, et un esprit bien fait. Voilà le gros de nos nouvelles ; car, de celte vérité, que vous êtes toujours ma très-chère unique grande fille, il n'y a rien de nouveau, sinon que la persévérance sera éternelle. Je crois que nos Sœurs arrivèrent à Nevers il y a huit jours2.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chainbéry.
1 Mademoiselle Lhuillier, si connue dans l'Institut sous le nom de Sœur Hélène-Angélique.
s En effet, les Sœurs destinées aux monastères de Nevers ei de Moulins se rendirent directement en cette dernière ville, et celles qui devaient fane la fondation d'Orléans prirent la route de Paris.