LETTRE CCLXXIII
A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX.
SUPÉRIEURE A Mil ERS
Avis pour le gouvernement de la communauté. — Il faut maintenir la liberté que donne la Règle au sujet des confesseurs et des prédicateurs; avoir surtout recours aus Pères de la Compagnie de Jésus. — Union avec les Hères Carmélites. — Défenses faites par saint François de Sales touchant les cellules.
vive •) Jésus!
[Paris, KS20.J
L'homme propose et Dieu dispose , ma très-chère fille ; sa honte soit à jamais bénie de l'heureux succès de votre établisse ment. Vous avez bien fait de suivre le conseil du Père recteur et de M. le Supérieur de Moulins. Courage, ma très-chère fille; n'appréhendez rien ; jetez tout votre souci en Dieu, ayez seulement celui de lui plaire, conduisant ses chères épouses avec un extrême amour, respect, douceur et support dans la voie de la sainte observance, et que l'humilité soit profonde et la confiance parfaite ; ne déclinez ni à droite ni à gauche de vos Règles et coutumes anciennes, et vous verrez comme Dieu vous bénira largement.
Je suis très-consolée de voir le zèle qu'a Mgr de Nevers ; il lui faut donner tout contentement et rendre toute obéissance ; mais conservez aussi humblement la liberté que vous donne la Règle pour communiquer, et appeler franchement ceux que vous penserez les plus propres. Ce sont les bons Pères Jésuites; ayez-y votre principal recours et confiance; ne laissez d'appeler des prédicateurs des autres Ordres, et, envers tous, témoignez respect, estime et charité. Entretenez-vous particulièrement
avec les Mères Carmélites, les faisant visiter quelquefois, et témoignant un grand amour et estime à leur Ordre, et à tous [les autres] aussi, ainsi que notre Constitution nous l'enseigne.
Gardez-vous bien d'être tranchante, ma très-chère fille, ni sèche, ni trop courte, mais soyez suave avec tous. Mon Dieu, que je suis consolée que ce soient les Pères Jésuites qui vous confessent à ce commencement; ce sont mes Pères, et tant que j'en puis avoir, je n'en cherche point d'autres; ce sont gens solides en piété et capacité ; ils aiment fort notre Institut.
C'est la vérité que notre unique Père ne voulait point que l'on couchât moins de trois dans une chambre, ni que l'on fit des caresses réitérées deux à deux, ni que l'on entrât dans les cellules la nuit sans extrême nécessité.
Je loue Dieu du bon état de votre chère famille ; sa divine bonté y accroisse ses très-saintes bénédictions, et surtout en votre chère âme.
Conforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.
LETTRE CCLXXIV
A MONSIEUR DE PALIERXE