‹ Lettres (volume 3)Chapitre 201 sur 351 · TRESORIER DR FRANCE , A MOULINS · texte numérisé non relu

TRESORIER DR FRANCE , A MOULINS

Terminer au plus vite le différend survenu entre les monastères de Moulins et de Nevers.

VIVE -J- jrésus!

[Paris, 1620.]

Monsieur, Il y a neuf jours que j'ai reçu une lettre de Monseigneur de Genève qui me mandait vous avoir répondu par cette même voie, et que, puisque madame du Tertre et vous, Monsieur, son cher conseiller, lui aviez remis l'entière disposition du différend arrivé, il vous avait conseillé que l'on partageât entre les deux maisons, afin d'assoupir ces mouvements avec égale satisfaction.

Je dois croire, Monsieur, etjel'espère de votre douceur et prudence, que l'on ne renversera point le jugement et désir de ce bon prélat, et que le tout s'accommodera paisiblement. Je vous en supplie et conjure très-humblement, Monsieur. Si vous n'embrassez pas ce parti, il y aura de la brouillerie, mais je me confie en votre bonté et piété que vous tiendrez la bonne main ; autrement je m'assure que Monseigueur de Genève ne permettra jamais que nos maisons se mêlent de ce différend. Seigneur Jésus ! l'on se résoudra plutôt de tout quitter. Pour le temporel, il n'y aura pas grande difficulté à le laisser, mais j'avoue que ce nous serait une douleur sensible de voir périr tant de saintes affections que nous avons vues dans le cœur de cette chère dame notre bonne Sœur, à laquelle, pour le coup, je n'écris point, étant trop accablée. Mais permettez-moi, Monsieur, de la saluer chèrement, si je ne le puis faire ; et donnez-nous un mot de vos nouvelles sur ce sujet, s'il vous plaît. Cependant, je demeure toujours et à jamais, etc.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Nevers.

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