‹ Lettres (volume 3)Chapitre 208 sur 351 · LETTRE CCLXXXIII · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXIII

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE A MOXTFlsRRAXD

Désirs de se conformer en tout aux volontés divines. — Prudence que doit avoir la Mère Favre pour préparer son départ.

vu;: f Jésus !

[Paris, 1620.]

Croyez-moi, ma très-chère grande fille, que vous tenez bien fort votre rang dans mon cœur, et que, s'il vous fait grand bien de recevoir de mes lettres, si fait-il, certes, bien à moi d'en recevoir des vôtres, mais surtout de voir la détermination de votre cœur à suivre Dieu et sa divine disposition. 0 ma fille! demandez fermement cette grâce pour moi qui l'ai fort en désir, mais qui me sens toutefois toujours penchant du côté du Père [saint F. de Sales], quoique sans nulle impatience ni inquiétude. J'en suis à l'aventure privée encore pour longtemps ; cependant, je dis de tout mon cœur : Que la très-sainte volonté de Dieu soit faite! Amen.

Il y a ici bien de la besogne. Nos Sœurs sont encore ici '; je crois que, sur le commencement du mois, elles s'en iront. Notre Sœur Claude-Agnès [Joly de La Roche] est, certes, brave fille; je crois qu'elle fera fort bien là : elle emmènera, s'il plaît à Dieu, une bonne troupe de filles prétendantes.

Vous faites bien de ne point parler de votre départ que quand

1 Les Sœurs destinées à la fondation d'Orléans.

il en sera temps; mais, cependant, poussez fort la future Supérieure dans les connaissances et bienveillances, dedans et dehors. Oui, écrivez-moi quand il y aura espérance de vous retirer sans rien gâter; je crois que tout s'accoisera à Moulins et à Nevers. Madame du Tertre a pris l'habit avec édification, [Dieu en soit béni]! Certes, si M. de Maussac ' vous va voir, il lui faut persuader que l'on élise une Supérieure à Lyon... Dieu conduira tout. Ici, nous travaillons à nous loger. Cette maison va prou bien, grâces à Dieu. Jésus y soit glorifié éternellement!

Conforme à l'original gardé aus Archives de la Visitation d'Annecy.

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