LETTRE CCXCVIII
A LA SOEUR FRANÇOISE-MARGUERITE FAVROT
ASSISTANTE A A.WEC.Y '
Désirs de voir les Sœurs d'Annecy fidèles aux enseignements de leur Bienheureux Père. — Éloge de la communauté de Paris.
VIVE -J- JÉSUS
[Paris, 1620]
Mon Dieu, ma très-chère Sœur ma mie, que j'ai été consolée de voir ce que m'écrit notre Sœur J. -Françoise ! Enfin, elle me dit qu'elle est toute guérie, et, si [cela est] vrai, ce serait un vrai fruit des prières de notre très-cher Père. Oh! Dieu veuille qu'il soit ainsi et qu'elle persévère! Je vous assure que vous avez raison de dire qu'il faut occuper notre Sœur M. -Madeleine [de Mouxy] ; elle a été assez longtemps sans rien faire, et me semble qu'il n'est plus besoin de lui laisser tant suivre ses inclinations. Quelques-unes de nos Sœurs m'écrivent, mais je ne puis leur répondre. Nous sommes toujours toutes tracassées ; je prie Dieu qu'il leur fasse la grâce de faire ce qu'elles savent. Certes, je crois qu'il n'y a Religieuses au monde tant instruites que nous autres'2, surtout celles de Nessy ; nous serons grandement responsables si nous ne faisons [pas bien]; mais je loue Dieu et le remercie, car il me semble que par toutes nos maisons tout y va assez bien; celles d'ici se rendent fort recommandables en la douceur d'esprit les unes envers les autres, et en l'obéissance; au moins, certes, l'on ne me témoigne point de répugnances, grâce à Dieu.
Je savais déjà bien que la Sœur Marie serait brave fille ; je la salue tout particulièrement, et certes, toutes en général et en particulier. Avec un cœur tout maternel, je leur souhaite la
1 Voir la note de la lettre LXXVIII, page 139.
1 C'est-à-dire qui aient reçu autant de saints enseignements.
perfection de l'esprit de notre petit Institut: la véritable humilité, la parfaite douceur, et cette sacrée simplicité qui ne cherche et ne dépend que de son Dieu. J'espère, ma très-chère amie, que Dieu vous aura soulagée de cette mélancolie à laquelle le divertissement et la patience sont unique remède. Dieu soit votre force. Amen. Je salue tous les amis et amies.
Certes, si l'assistante ne m'arrêtait ici, je voudrais bien être là.
Conforme à 1 original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.