A BOURGES
Se livrer sans réserve à la pratique de la simplicité, de l'observance des Règles et d'une sainte indifférence.
Votre grande lettre m'a singulièrement consolée, ma trèschère fille , de voir votre candeur à découvrir votre pauvre cœur. J'espère, ma fille, que Dieu qui vous a donné la lumière
de tous vos manquements, vous donnera la force et la grâce de n'y plus retomber. Je vous souhaite souverainement la pratique exactement amoureuse de nos saintes Règles, et que vous cheminiez devant Dieu avec grande simplicité, ne chargeant votre esprit d'aucun soin, ni désir, ni prétention de chose quelconque. Laissez-vous sans réserve entre les mains de Dieu et de l'obéissance, sans jamais plus faire de réflexion. Mais, ma très-chère fille, faites bien cela, et soyez aussi patiente sous votre ancienne croix. Aimez cette abjection et vous tenez fidèle. Dieu aura soin [de vous] délivrer au temps acceptable, comme aussi assurez-vous que j'aurai soin de votre consolation sitôt que Dieu m'en ouvrira les moyens, mais n'amusez pas votre esprit à cela, et croyez que, comme vous m'aimez d'une filiale et parfaite affection , je vous chéris aussi d'un amour trèsmaternel ; croyez-le, n'en doutez jamais, ma très-chère fille.
Je salue nos pauvres chères Sœurs, surtout celles que vous me nommez, et en particulier ma chère et bonne Sœur Marie-H. Je lui ai fait réponse à sa grande lettre ; je crois qu'elle l'aura reçue maintenant.
Bonsoir, ma très-chère fille, je suis entièrement vôtre.
Je salue tous les amis et amies , surtout M. votre confesseur
Conforme à l'original gardé à la Visitation du Mans.