‹ Lettres (volume 3)Chapitre 221 sur 351 · A LA SOEUR FRANÇOISE-GABRIELLE BALLY · texte numérisé non relu

A LA SOEUR FRANÇOISE-GABRIELLE BALLY

A BOIRGES

Avantages des maladies.

VIVE j JÉSUS !

[Paris, 1621.]

Ma pauvre très-chère fille,

Je viens de savoir votre incommodité corporelle. Dieu vous aime bien de vous donner celte souffrance; enrichissez votre cœur de toutes les saintes vertus, car les bonnes maladies en donnent un bon sujet. Je prie Dieu qu'il vous fortifie et vous rende selon son Cœur, et la santé (elle que sa bonté juge vous être utile.

Je suis de cœur toute vôtre ; mais ne m'oubliez point sur le lit de votre croix, où je vous révère et chéris parfaitement.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CCCXXV

A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX.

SUPÉRIEURE A NEVEBS

L'humilité, la générosité et l'exactitude d'une Supérieure attirent l'Esprit de Dieu en elle. — La Sainte demande qu'on la nomme notre Mère d'Annecy. — Obligation de renvoyer une novice sans vocation. — Bien qu'apporte la confiance des Sœurs et de la Supérieure au confesseur. — Dieu regarde à la ferveur et non pas au nombre des Religieuses.

vive -J- jésus!

[Paris, 1621.]

Or sus, Dieu soit béni, que vous trouiez cette fille à votre gré ! Éprouvez-la bien avant que de lui donner l'habit. Dieu vous donnera son esprit, n'en doutez pas, ma très-chère fille, afin de conduire cette maison saintement, pourvu que vous soyez fidèle à bien observer nos Règles et Constitutions, et ne vous en départir sous quelque prétexte que ce soit, mais tout cela avec une sainte douceur, générosité et liberté. Regardez toujours à Dieu avant que de rien faire ; et croyez, si vous êtes humble et confiante, qu'il vous inspirera toutes ses volontés. Pour Dieu, témoignez ce que vous devez avoir dans le cœur, un grand amour et estime envers la maison de Moulins. Ne soyez point en souci pour l'affaire temporelle, Dieu l'accommodera; mais témoignez toujours que vous quitteriez plutôt tout, que de plaider contre notre Institut, quand on vous parlera de cela; car autrement n'en parlez point, ma très-chère fille.

Certes, je crois que c'est chose utile de rendre la fille de N *** à ses parents. Mon Dieu ! confiez-vous en Dieu ; ne regardez point au bien ni au monde. Choisissez les filles comme la Règle dit, et soyez assurée que vous ne manquerez pas; mais, patience.

Nullement, ne donnez pas nos Règles aux N***; à quelques Pères Jésuites, bon ; aux Minimes aussi, s'ils le désirent, mais

à condition qu'ils nous les rendront, disant que Monseigneur les veut revoir, comme il est vrai. Dieu raccommodera l'affaire des Carmélites ; il n'en faut point parler, ni craindre qu'elles vous divertissent les filles que Dieu vous a destinées; et il n'en faut point vouloir d'autres.

Que l'on ne m'appelle point notre Mère de Chantai, mais de Nessij. Ni aussi ne me nommez pas Monseigneur de Genève, j'entends assez qui c'est quand on dit Monseigneur, car c'est celui que Dieu nous a donné par-dessus tout autre ; mais c'est entre nous qu'il faut dire ainsi. Je vous enverrai ses Entretiens le plus tôt qu'il se pourra.

Dieu soit béni!

J'avais écrit ce billet quand je reçus la vôtre, ma très-chère fille. Tout ce que cette bonne fille fait ou dit et la source d'où il part, qui est la légèreté de son esprit, est très-mauvais, à mon jugement; et, pour moi, je ne lui donnerais nullement la profession, car elle n'a point les conditions que la Règle marque; et, quoi qu'elle puisse dire, vous devez lui proposer fermement son retardement de six mois, pour son amendement. Si elle le refuse, après l'avoir encouragée et remontrée, je la mettrais dehors avec le consentement des Sœurs et le conseil du Père spirituel ; car, ma fille, c'est en ces occasions où il faut montrer de la fermeté d'esprit, et de la fidélité à Dieu et à la maison.

Au reste, je crois que les filles doivent avoir une grande confiance avec le confesseur, et le confesseur et la Supérieure doivent être grandement unis pour le bien des âmes ; car par ce moyen rien ne sortirait dehors, et les âmes pourraient être fort aidées et soulagées. Oh! ma fille, une autre fois, nous en dirons davantage. En&npeu et bon, car ce n'est pas par le grand nombre de Religieuses que les maisons sont agréables à Dieu, mais par leur bonté, vertu et fidèle observance ; et, pour cela, il faut

bien choisir les esprits et n'en admettre que des capables. Plutôt mourir que de faire autrement! Dieu vous comble de son esprit, ma très-chère fille, mon enfant, et toute votre chère troupe. Amen.

\ ous ne me dites plus rien comme l'union marche chez vous avec N*** ; la garderez-vous ? Combien avez-vous de fdles ? Si nous en avions ici qui fussent fort bonnes, les voudriez-vous ? ou une Sœur blanche [plusieurs mots illisibles], mais qui est un peu faible de corps, quoique fort affectionnée à cet office, et certes, très-bonne âme. Dites-moi, car nous vous en pourrions mener. Mercredi nous donnons l'habit à une [ligne illisible] que nous désirons vous mener, si nous pouvons; et nous l'espérons.

Conforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.

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