‹ Lettres (volume 3)Chapitre 225 sur 351 · ASSISTANTE-COMMISE A LYON · texte numérisé non relu

ASSISTANTE-COMMISE A LYON

Perte de plusieurs lettres. — Conseils pour le monastère de Lyon. — Nouvelles

de celui de Paris.

[Paris,] 22 juin [1621.]

Mon Dieu, ma très-chère fille, que vous m'étonnez bien de dire que vous n'avez reçu qu'une seule de mes lettres depuis Pàquesj si vous ai-je souvent écrit et quasi tous les quinze jours, ou au moins toutes les trois semaines, et ai répondu à tout ce que vous m'avez demandé. Il y a aujourd'hui un mois que je Vous écrivis une grande lettre par le neveu d'un homme des \mol illisible\ qui fait nos affaires ; je crois qu'il les envoya par la poste ; il m'en a souvent apporté des vôtres. Il y a quinze

jours que je vous écrivis encore ; certes, ce me serait une mortification si ce paquet de la poste était perdu, je ne m'y lierais plus ; l'autre est par le messager et n'ai point de voie plus sûre pour vous.

Je savais, il y a dix jours, que nos Sœurs étaient allées à Valence, car Mgr de Lyon qui vint dire notre messe (ce fut le dimanche de la Sainte-Trinité ou celui d'après), me montra ce que vous lui en écriviez. Ma fille, j'espère, Dieu aidant, partir d'ici au fin commencement d'octobre, Monseigneur ' me l'ayant ainsi mandé ; mais vous ne devez toutefois nous attendre pour renvoyer cette bonne fille, car, après tant d'examens qu'elle n'est pas propre, ne faites nulle conscience de la renvoyer, vous y êtes obligée.

De changer de maison cela est très-considérable; si toutefois vous trouvez mieux et moyen de tirer votre argent de la vôtre, je ne dirais pas que non ; mais si vous la gardez, il fout de nécessité la faire accommoder en monastère, et, pour cela, vous en devez faire tirer un plan et de toutes vos places, puis le mettre entre les mains d'un bon architecte, avec un plan de nos monastères, afin que l'on vous en dresse un. Je crois qu'il faudra ruiner; mais si vous m'en croyez, vous ne [ferez pas] loucher à votre église que cela ne soit [achevé]. Quand le plan de vos places sera fait, envoyez-moi une copie de tous les étages et des places [avec] - les mesures exactement. Vous pouvez mettre les [offices] et changer tout ainsi que vous jugerez à propos. Ne parlez pas à Mgr de Lyon de changer de Supérieur ; nous verrons cela, Dieu aidant, à notre passage. Je m'essayerai de faire dextrement savoir qu'il faut retrancher tant de visites. Je vous prie, recouvrez les paquets de il y a un mois. Bonjour à nos très-chères Sœurs, je les aime et les salue de tout mon cœur.

: Saint François de Sales.

Or, voici une affaire d'importance : nous sommes engagées

de donner seize mille écus [pour la maison d'ici], nous espérons

faire, Dieu aidant. Mgr de Belley nous accommode de quelque

\ plusieurs lignes illisibles].

J'écrivis avant [hier] à soir à Monseigneur par un gentilhomme qui le va trouver; il me suffît de savoir qu'il se porte bien. Je me porte mieux aussi, quoique non entièrement ; mais je crois qu'il ne faut plus espérer de grande santé; il suffit de pouvoir rouler avec les autres et suivre les exercices, ce que je fais par la grâce de mon Dieu, dont je ne me sens pas peu redevable à sa bonté. Ma fille, excusez-moi vers votre petite Sœur qui m'écrit; néanmoins, si la cloche ne me surprend, je lui ferai un billet. Au très-cher Père spirituel, un salut très-cordial et très-humble, et derechef à toutes nos très-chères filles, et à vous, ma fille bien-aimée, plus qu'il ne se peut dire. Dieu soit béni.

Couforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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