‹ Lettres (volume 3)Chapitre 230 sur 351 · LETTRE CCCXXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXVIII

A MADAME DE TOULONJON

SA FILLE

Félicitations à l'occasion de la naissance de son fils.

VIVE -j- JÉSUS !

[Paris, 1621.]

Dieu soit béni éternellement, ma très-chère fille. Votre cousin m'assure que vous étiez accouchée heureusement d'un beau fils1. J'en ai loué et remercié Notre -Seigneur de tout mon cœur. Pensez un peu le mouvement de mon àme sur ce sujet. Or, nous nous verrons, s'il plaît à Dieu, et en parlerons à sou* hait. Cependant, mille et mille bénédictions veuillent arriver de la part de l'esprit de Dieu sur la mère et sur l'enfant!

Conservez-vous, ma fille, et vous rendez tous les jours plus dévote et agréable à Dieu, en la reconnaissance de tant de miséricordes! Mandez-moi bien de vos nouvelles; il y a longtemps que je n'en ai su de vous. Je ne sais si votre frère vous aura envoyé la lettre que je vous écrivais, par un de ses laquais, et qu'il m'avait promis vous envoyer. Les voilà tous à ce siège2; mais n'affligez pourtant votre cœur pour cela, ma très-chère fille, votre mari en a bien vu d'autres. Priez bien Dieu pour eux, et demeurez en patience et confiance.

Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d Annecy.

1 Oel enfant mourut aussitôt après sa naissance. Sainte Jeanne-Françoise de Chantai l'ignorait encore, lorsqu'elle écrivait à sa lille cette lettre de félicitations.

2 Le baron de Chantai, M. de Toulonjon et le baron des Francs, frère du coadjuteur de Chàlon, prirent une part active à la campagne de 1621 contre les huguenots.

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