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LETTRE CCCLXXXII

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRÏKURE A LYON

Sentiments d'estime pour madame de Chevrières. — On demande des Religieuses de la Visitation dans plusieurs villes.

vive -J- JÉSUS !

[Dijon, juin 1622.]

Ma très-chère fille,

Il n'y a remède; il faut envoyer notre Sœur A. -Louise [de Villars], puisque c'est le sentiment des Supérieurs de Montferrand ; celle qui demeure étant si sage et de si grande observance que l'on dit, lui profitera et sera bien auprès d'elle. J'écrirai un mot pour faire arrêter celle qui ne joint pas bien avec elle; c'est pitié que notre faiblesse ! Mais si on la ramène, patience ; car vous savez qu'il faut [la] traiter délicatement.

Je suis consolée de ce que vous m'écrivez de la fille de Saint- Étienne. Puisque Noire-Seigneur a donné de si bons fondements à cet établissement-là, j'espère que le succès en sera bon. J'espère, Dieu aidant, être à vous au mois de septembre, si ma Sœur [Favre] vient comme elle me l'a écrit, et je serais bien aise de connaître les filles que vous enverrez là ; mais toutefois si une bonne occasion vous fait avancer, ne m'attendez pas. — X'avez-vous point oublié de m'envoyer une grande lettre que notre Sœur de Montferrand m'écrivait avant cette dernière ?

L'esprit humain a d'étranges extravagances : faire celte bonne Sœur N*** Supérieure, Seigneur Dieu ! qu'il y aurait à craindre ! Oh ! je ne pourrais penser qu'elle y profilât à elle, ni aux autres; il faut bien un autre fonds.

Je suis consolée du dessein de la très-vertueuse et généreuse madame de Chevrières ' ; son choix est bon en toutes les deux villes. Croyez que je n'ai pas moindre désir de la voir; c'est une âme que j'ai toujours singulièrement honorée, et laquelle a des dispositions pour rendre de grands services à Noire-Seigneur. Je prierai continuellement pour elle, afin que les desseins de la divine Providence en elle s'accomplissent ; ce me serait une très-forte mortification si je n'avais l'honneur de la voir en notre passage à Lyon, et il sera bon qu'elle se tienne close en son dessein jusqu'à ce qu'il soit prêt à éclore.

Un Père Capucin nous est venu aussi parler d'aller à Villefranche ; je lui ai dit que je vous prierais de vous enquérir des

1 Gabrielle de Guadagne, comtesse de Cherrières, ayant perdu à l'année le comte de Miolans, son fds unique, obtint de saint François de Sales l'entrée du monastère de Lyon, pour y chercher «dans la solitude quelque soulagement à sa douleur. Charmée de la ferveur des Religieuses, elle résolut de se rendre fondatrice d'une maison de la Visitation; mais les conditions posées par elle n'ayant pu être acceptées, elle tourna ses vues du côté des Mères Annonciades, et les établit à Lyon. (Histoire inédite du monastère de Lyon.)

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dispositions qui y étaient pour cela. Si c'est une bonne ville où il y ait des Pères Jésuites, ou de l'Oratoire, ou espérance d'en avoir, on y pourrait penser, voire y contribuer; mais à ces petites villes, quel recours ou secours y a-t-il ? Et toujours, ma très-chère fille, il ne faut point recevoir de fondation que l'on n'ait des pierres bien taillées et propres aux fondements ; peu et bon, ma fille.

Xon, ma très-chère, vous ne m'entretenez jamais trop, car Dieu m'a donné une si spéciale affection pour votre cœur, que le mien se console fort en vous oyant ou parlant. Oh ! vivons toujours plus purement et fidèlement, ma très-chère fille, nous fondant entièrement dans le sein de la divine volonté.

A nos Sœurs mille saluls , et à Mgr de Lyon et à M. de Saint- Nizier, si vous le jugez à propos.

Je vous prie, ma très-chère fille , obtenez-moi cette charité de nos Sœurs, qu'elles prient fervemment et persévéramment pour mon fils ' ; que les plus unies à Dieu entreprennent cela, je les en conjure, et vous particulièrement.

Nous avons des Indulgences pour toutes nos maisons, le jour de la Visitation.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

1 Le baron de Chantai avait rejoint Tannée en 1622, et se trouva à tous les combats de cette campagne contre les huguenots. Sa bouillante valeur lui faisait affronter' tous les périls; aussi la tendre sollicitude et les prières de sa sainte Mère le suivaient-elles partout, et cette fois encore, le préservèrent de tous dangers.

LETTRE CCCLXXXIII

A LA MÈRE ANNE-CATKLTUXE DE BEAUMONT

SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS

Avec quelle patience une Supérieure doit supporter les esprits difficiles. — Confiance et abaudou à la divine Providence. — Admission de plusieurs prétendantes et renvoi d'une autre.

VIVE f JÉSUS !

Dijou, 30 juin 16"22.

Je vous assure, ma très-chère fille, que j'ai peine à m'ôter de l'esprit que notre N. N*** ne soit plus artificieuse que martyrisée, et je crois que si on la gourmande et néglige elle reviendra; mais si Dieu n'y met sa bonne main, jamais elle ne fera que de la peine; sa divine douceur y mette remède! Voilà la lettre et ma réponse ; chose étrange que l'esprit du monde ! il faut demeurer ferme et patienter ses bouffées. J'ai reçu toutes vos lettres, vous le verrez par mes réponses.

Certes, mon enfant, il est difficile qu'en de si grandes familles il n'y ait toujours quelqu'une qui donne de l'exercice ; il y en a un si grand nombre de bonnes que c'est grand sujet de consolation. Et pour Dieu, je vous prie, ne faites point ce retour, que c'est par votre faute qu'elles n'avancent pas, cela n'est pas, grâce à Dieu, ma très-chère fille, et elles seraient très-heureuses si elles vous croyaient et vous imitaient. Enfin, je crois qu'en cela [lesupporî des faiblesses spirituelles] gît une grande partie des croix des pauvres Supérieures. La fermeté d'esprit que Dieu vous donne à reprendre, leur servira grandement ; persévérez à ne leur rien souffrir de contraire à la perfection , car le zèle avec la douceur sert extrêmement à animer le cœur, et nous autres femmes voulons être perpétuellement excitées et poussées.

Il faut tout simplement vous dire la vérité ; que tout ce que vous m'écrivez de vous me donne grand sujet de louer Dieu ;

tout cela est très-bien. Allez toujours ainsi à Dieu seul. J'ai grande consolation à lire votre lettre, et surtout de voirie courage que Dieu vous donne. Mon Dieu, ma très-chère et vraiment très-chère Sœur, qui n'aimera, qui ne se confiera, qui ne se fondra pas toute entre les bras de la divine Providence, vraiment il faudrait être de bronze et tout insensible. Or sus donc, demeurons là à sa merci, qu'il fasse ce qu'il lui plaira de nous. Je ne vous saurais dire ce que je ressens pour les grâces que je vois et sais que Dieu vous fait, et me semble que j'ai grande part en cette obligation. Prêchez et annoncez continuellement à vos filles combien Dieu est doux, suave et abondant en ses miséricordes, à l'endroit des âmes qui s'abandonnent et confient entièrement à Lui.

Je suis fort aise de la petite de B***, je crois que ce sera une bonne fille si elle peut souffrir la mortification ; mais la douceur que Ton pratique chez nous la lui adoucira. Je trouve que cette veuve vous fait un bon parti ; toutefois c'est beaucoup que deux filles, il faudrait faire attendre lune pour le grand couvent ; ne s'en parle-t-il point ? cela est nécessaire.

Bonsoir, ma très-chère fille, je suis certes tout accablée ici de visites et d'écritures. Je salue toutes nos amies, et surtout nos pauvres Sœurs de Villeneuve.

Faites voir ces lettres au Révérend Père. Je crois que s'il ne faut qu'un peu de temps pour faire cette sortie, nul doute qu'il ne faut pas refuser, et enfin ne rien dire, sinon que le Chapitre ne l'ayant pas reçue, on ne peut la garder, et souifrir avec patience le reste. Dieu conduira le tout et vous en tirerez votre profit. Ce bon Père qui vous portera ces lettres est grand ami de notre Institut, et nous a fort obligées.

Conforme ù une cojne de l'original gardé à la \ isilulioa de Toulouse.

LETTRE CCCLXXXIV

A LA MÈRE JEANXE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

SUPÉRIEURE A MOULINS

Elle doit procurer à sa communauté le bienfait de la visite canonique. — Ce serait donner entrée à des abus que de permettre facilement des changements de monastère.

vive -J- jésus!

Dijon, 15 juillet 1622.

Ma très-chère Soeur, Nous envoyons à M. le grand vicaire d'Autun la copie de nos établissements, afin qu'il fasse dresser celui que Mgr d'Autun nous doit faire conformément à cela, ce qu'il me promit de faire, car celui qu'il me montra n'était nullement bien; je lui ai envoyé aussi la copie du pouvoir que le prélat donne au Père spirituel , le tout conforme à nos Constitutions. Vous le devez prier avec toute instance d'aller ou de vous envoyer quelqu'un capable pour faire la visite [canonique], et assister à l'élection d'une nouvelle Supérieure, puisque votre temps est accompli. Je crois que si vous l'avertissez de bonne heure, il vous assistera de bon cœur.

Voilà un mot de lettre que j'écris à notre chère Sœur de Montferrand, en réponse à ce qu'elle me mande de la fille que vous désirez qu'elle amène ici. Je la supplie d'employer son crédit aussi bien que moi pour la faire tenir quelque temps à Lyon; car de l'amener en ce nouveau monastère, il ne le faut nullement. Notre Sœur m'écrit cela même que je vous ai mandé, savoir que c'était de grande importance d'ouvrir celle porte, que plusieurs, à son exemple, seront tentées de semblables fantaisies. On peut, et il est requis quelquefois de faire de tels changements; mais ce doit être par la prudence des Supérieurs, sans que l'on sache le sujet, et non selon le désir des filles; c'est là mon sentiment au moins.

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Nous sommes dans la nouvelle maison ' • certes, c'est par une spéciale et visible conduite de Dieu, dont 11 soit béni ! Ions pouvez penser que c'est bien et heureusement comme il est vrai. Nous bâtissons un oratoire et des parloirs, et j'espère que Notre-Seigneur donnera de quoi. Tout ce tracas m'occupe; je ne puis écrire que pour la nécessité, c'est pourquoi je me contenterai de saluer ici notre très-chère Sœur AI. -Aimée [de Morville] que j'aime, certes, très-chèrement, pour la bonté de son cœur qui est franc, cordial et plein de bons désirs. J'aime aussi toutes nos pauvres Sœurs qui sont autour de vous, de tout mon cœur, et vous plus que toutes, ma très-chère ancienne fille et vraie amie ; mais cette vérité est écrite en lettres d'or. Bonjour [à] toutes [et] aux amis.

Envoyez mes lettres. Pour Dieu , faites mon paquet pour Bourges. Je n'ai loisir d'enfermer ni trier les lettres.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CCCLXXXV

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOMAY

SUPÉRIEURE A LYOX

Projet d'une fondation à Marseille. Conseils pour celle de Saint-Etienne. - — Il est certaines âmes qu'on ne doit pas presser dans le chemin de la perfection.

vive f jésus!

Dijon, 27 juillet 1622.

Je vous écrivis l'autre jour, ma très-chère fille : Marseille est une bonne ville qu'il ne faut pas éconduire, et pourvu que ces cinq filles aient l'esprit bien fait, et par ce moyen leurs cinq

1 « Notre unique Mère (dit la Mère de Chaugy) acheta une maison, celle de louage étant trop incommode, et ne trouva presque personne qui ne se tint honoré de la servir et favoriser, tellement que les six mois qu'elle demeura à Dijon furent de grande ulililé au monastère, qui, par ce commencement, est toujours allé de bien en mieux. » {Histoire inédite de la fondation de Dijon.)

mille écus assurés, il me semble que eela suffira pour le commencement ; puis, j'estime beaucoup que ce soit par l'entremise des Révérends Pères Jésuites que cette affaire se pratique; car ce sont personnes sages et pleines de piété. Envoyez bardimenl les Règles ; car les confiant entre leurs mains, ils en sauront bien user. Nous pourrons, à notre passage, savoir encore mieux les dispositions, afin que d'après cela on pourvoie à ce qui sera requis. De notre part, je voudrais que la fondation ne pressât point.

Si vous jugez que l'on veuille mettre une autre en votre place à Lyon, et que l'on se serve, pour cela, de vous envoyer à Saint-Etienne, obéissez; mais ne vous y engagez nullement, et n'y prenez point le nom de Supérieure; ains, menez-en une avec vous que vous déclarerez être cela, lui donnant toutes les connaissances et autorités, comme je fis à notre Sœur Péronne- M. [de Chàlel | à Grenoble, où je ne demeurai que six semaines, et faites en sorte que vous soyez de retour à Lyon à notre passage, qui sera sur le commencement d'octobre, Dieu aidant ; car, en ce cas, nous vous emmènerions à Nessy, pour vous envoyer de là à Marseille, après vous avoir gardée quelque temps.

Certes, si la fille que l'on a tant d'envie de faire Supérieure en était capable, j'en serais fort aise. Je remets le tout entre les mains de Dieu, que je supplie avoir soin de la conservation de celte maison-là.

Ma fille, je n'ai pas le loisir de vous répondre maintenant sur la conduite de ces bumeurs bizarres, et aussi bien je vois que l'esprit de Dieu vous conduit en votre gouvernement. Ayez un grand support et douceur; tenez ces esprits-là contents ; ne les pressez pas, cela profitera plus que toute autre méthode, et elles auront par ce moyen la vraie disposition pour recevoir les lumières de Dieu, qui enfin les affranchira de leurs imperfections plus tôt que tous nos empressements ne sauraient faire;

J'ai peine à lire vos lettres, cela me dérobe du temps;

prenez garde, ma fille, à mieux écrire. Je n'ai su entendre quel

mémoire vous demandez. Dieu vous bénisse ! Je suis toute

vôtre.

[P. S. ] Je vous obéis, ma fille, voilà une grande lettre pour Mgr l'archevêque, mais mal digérée. Si vous jugez qu'elle soit bonne à lui présenter, faites-le, sinon, rompez-la.

Je pense que la très-bonne madame de Chevrières pourrait bien amener ici notre Sœur de Montferrand, au moins depuis Mcàcon, et me ramener. Je laisse cela à votre conduite. Je suis, certes, accablée d'écritures. Dieu soit béni !

Ecrivez à la Supérieure de Moulins qu'elle écrive à Mgr l'archevêque sur ce changement, sans lui parler toutefois que j'ai parlé au grand vicaire d'Autan pour leur visite.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE GCCLXXXVI

A LA HÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉGHARÛ

Dispositions intimes de la Sainte. Elle désire que ses filles tiennent leur cœur en paix au milieu des contradictions.

vus y Jésus!

[Dijon, 1622.]

Ma très-chère fille,

Je viens de lire et chanter votre beau cantique, duquel je vous remercie de tout mon cœur. Vous ferez l'autre à votre loisir. Le sujet est d'une âme qui est entièrement dépouillée en la présence de Dieu , et a laissé tous ses vêtements à ses pieds sacrés, et s'est retirée dans le sein de la divine Providence, pour y vivre à jamais en une très-parfaite solitude, simplicité et nudité de toutes choses créées, ne réservant aucun soin ni désir

que d'être auprès de son unique Bien-Aimé. Dieu vous fasse jouir du bonheur de cet état, afin d'en pouvoir faire le divin cantique que je désire , "par les doux entretiens duquel peut-être nia chétive àme, tout environnée du tracas de diverses peines et appréhensions, se pourra ravigorer. Mais pour ce que je vous dis, ma chère fille, n'en prenez point d'alarmes, oh! non, je vous prie; car, grâce à Dieu, l'esprit supérieur est toujours sur pied et prêt à tout ce qu'il plaira au Seigneur.

Ma fille, tenez votre esprit le plus doux et joyeux qu'il vous sera possible, et celui de vos filles. Croyez-moi, dévorons ces menues et fréquentes contradictions, même les plus grandes, sans en recevoir aucun chagrin. Vraiment, il nous doit peu importer que les choses temporelles renversent, mais il nous est de grande importance de tenir nos cœurs en paix, en repos et en tranquillité ; faisons-le donc au péril de tout.

Mais, au cantique, il ne faut pas oublier de montrer au Sauveur notre faiblesse pour cette sainte persévérance, et le prier de nous la donner, afin que jamais, pour chose quelconque, nous ne perdions le doux repos de nos âmes entre les mains de sa bonté. Amen. Votre, etc.

LETTRE CCCLXXXVII

A LA MÈRE PÉRONNE-MARIE DE CHATEL

SUPÉRIEURE A GRENOBLE

Dans les ténèbres intérieures, s'abandonner à la Providence sans retour sur

soi-même. — Changement d'une directrice. — Accident arrivé à M. de

Toulonjon.

vive -j- JÉSUS !

[Dijon, juillet 1622.]

Véritablement, ma très-chère fîlie, il m'a fait fort grand bien d'avoir reçu de vos nouvelles ; car, quelque négligence que vous ayez de m'en mander, cela ne m'en fait point perdre le

goût, non plus que vos imperfections ne nous empêcheront pas de vous voir de bon cœur et d'être bien aise quand j'arriverai vers vous, et n'ayez pas peur que ce que vous me dites m'en dégoûte. Or sus, Dieu soit béni! vous tirerez plusieurs bons profits de la grâce que vous avez faite à madame de Pressin, et surtout j'espère que son âme en vaudra mieux tant qu'elle vivra.

Nous verrons à notre passage si c'est opinion ou vérité, le jugement que vous faites de notre Sœur N***. 11 ne sera qu'à propos, en tout cas, d'en dresser quelque autre à cette charge. Je ne plains nullement les filles qui sont, sous votre charge, quand bien elles n'auraient point de directrice ; et, nonobstant tout le mal que vous me dites de vous, Dieu vous lient en courage et confiance, et vous fait marcher sur la fine pointe de votre esprit ; que voulez-vous davantage ? Contentez-vous, cela vaut mieux que toutes les autres vertus ; il ne satisfait pas l'amour-propre, mais il contente Dieu; c'est assez.

Voilà ce que je réponds à votre lettre du mois de juin ; je prends la dernière. Croyez-moi, ma très- chère, ces filles n'étaient pas bien appelées, ou du moins n'avaient pas l'esprit ferme pour notre Institut. II nous faut eu tout laisser gouverner à la divine Providence. Je vois que vous êtes toujours exercée dans les méfiances et dégoûts de vous-même ; pour Dieu ! ne vous regardez pas tant, ni votre maison; Xolre-Seigneur est content et vos Supérieurs, n'est-ce pas assez? Vous le voudriez être aussi, mais il ne plaît pas encore à sa Bonté de vous dessiller les yeux. Continuez à marcher à l'aveugle; il suffit que les fruits de votre travail soient bons. Enfin, vous tourmentez trop votre pauvre esprit, et voulez une perfection pour vous et pour les autres qui ne se trouve pas [en celte] vie. Allez à la bonne foi, f/rosso modo; vous ne pouvez pas être recueillie ni faire tous les exercices comme si vous n'aviez à faire qu'à vous tenir dans votre cellule. Tirez de votre pauvreté et de celle des

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autres le riche trésor de l'amour saint de votre abjection, et ne vous tourmentez de rien qui puisse arriver. Unissez-vous à Dieu en tout sans exception.

Si vous voyez que les âmes reçoivent déchet de l'incapacité de la petite Sœur N#**, et qu'elle ne puisse [pas] utilement les servir jusqu'à la fin de l'année, déchargez-la hardiment, car, quoique l'autre soit plus douce, l'utilité doit être préférée. Que si vous jugez à propos qu'elle aille jusqu'à la fin de l'an, donnez-lui pour assistante celle que vous jugerez plus capable de faire cette charge ; car, en se dressant, elle servirait déjà les novices.

Conseillez-vous à voire chère Sœur de Granieu pour la récompense que vous jugez devoir être donnée à madame de la Murât. Je la salue de tout mon cœur, cette chère Sœur, et le très-bon M. d'Aosle, et toutes nos pauvres Sœurs.

Mon fils de Toulonjon a été blessé d'un coup de mousquet au travers du corps ; l'on tient qu'il est hors de péril, Dieu merci. Ma fille est accouchée d'une fille.

Mon Dieu, ma très-chère fille, que j'ai d'aise en l'espérance de vous voir ; confortez votre cœur, il est bon et agréable à Dieu, et le service que vous rendez est utile, dont la seule gloire soit à ce divin Sauveur ! Je suis toute vôtre sans réserve.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LEÎTRE CCCLXXXVIII (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE A HONTFERRAND

Estime pour la comtesse de Dalet. — Entrée de la présidente Le Grand au monastère de Dijon. — Il faut être très-réservée à recevoir des petites filles. — - Avantages de l'état de pure foi. — La Supérieure doit puiser ses principales lumières pour la direction dans les Entretiens de saint François de Sales.

vive -f- jésus!

[Dijon], jour de saint Laurent [1622].

J'ai été tout aise de recevoir de vos nouvelles, ma chère fille, car enfin vous êtes la grande fille de mon cœur.

Je prie Dieu qu'il console la chère madame de Dalet : certes, cette àme ne se peut assez estimer, ni assez servir; je bénis Dieu qui vous l'a donnée '. S'il survient des obstacles en son affaire, et qu'il soit nécessaire que vous demeuriezsans pouvoir l'assurer du temps de votre départ, je vous prie de le faire savoir à Monseigneur et à moi; mais si vous pouvez venir dans le mois de septembre, mandez-le moi seulement, car une infi-

1 Cette pieuse comtesse avait, en effet, bien des droits à l'estime de sainte Jeanne-Françoise de Chantai, avec laquelle son caractère, ses vertus et ses épreuves lui donnaient plus d'un trait de ressemblance. Demeurée veuve à vingt-huit ans, madame de Dalet, désirant se retirer au monastère de Montferrand qu'elle avait fondé, vit s'élever contre son dessein des oppositions sans nombre; mais ni les caresses ni les mauvais traitements de sa mère, qui en vint jusqu'à la chasser honteusement de son château avec ses quatre petits enfants, ne purent ébranler sa constance. Une fallut rien moins que la douce intervention de saint François de Sales pour mettre fin à une lutte si douloureuse, et calmer les impatients désirs de cette âme d'élite, en lui persuadant que l'heure marquée dans les desseins de Dieu pour son entier divorce avec le monde n'était pas encore venue. De nouvelles difficultés surgirent après la mort du Bienheureux Evèque de Genève; la Vénérable Mère de Chantai réussit à les pacifier, et continua de soutenir par ses affectueux conseils l'héroïque veuve, destinée à devenir plus tard une ferme colonne de la Visitation naissante.

nité d'affaires me pressent sur le chemin, et il faudrait faire nouvelle disposition; vous verrez après ensemble à quoi vous en serez. Par Lyon, vous pouvez me faire savoir de vos nouvelles.

Notre petit oratoire s'avance : dans le mois de septembre, vers le 15, je crois que tout sera fait. Notre bienfaitrice est entrée, [ce] qui fait crier le monde, mais c'est un bon cœur de femme tout à fait franc. La bonne madame la présidente Le Grand, vieille de soixante-douze ans, s'est jetée céans avec une ardente charité et une détermination d'humilité nonpareille. C'est une femme de qualité, fort robuste pour son âge et très-vertueuse; tout le monde en pleure; de sorte que vous en trouverez des vieilles et des jeunes, si vous venez, ce que je désire grandement, et l'on vous attend de bon cœur; tous ceux qui vous connaissent s'en réjouissent, surtout Mgr de Bourges et les neveux.

Et ma fille, son mari ' a eu un coup de mousquet au travers du ventre, et par miracle, ce dit-on, il en est échappé; priez toujours pour eux, car ils en ont besoin.

II n'y a rien d'écrit dans les Constitutions pour les jeunes filles, mais pourtant on n'en reçoit pas; néanmoins, attendez ce qu'on en résoudra. Si ces deux sont de bons naturels, et désirent d'être Religieuses, vous les pourrez prendre avec licence du prélat; mais véritablement, le moins que l'on s'en pourra charger, je pense que ce sera le meilleur.

Je suis bien aise que nos filles n'aillent pas par la voie des tendretés : l'esprit de vaillance et de force est le meilleur; mais il faut avoir bon courage et grande fidélité, afin d'opérer avec la pointe de l'esprit tout ce que Dieu veut de nous. Celle

1 « M. de Toulonjon ayant obtenu la première pointe au siège de Négrepelisse, contre les hérétiques, reçut un coup de mousquet au travers du corps. Ee coup était mortel, au dire de tous les médecins, mais il guérit très-promptement par l'application d'une lettre que lui avait écrite saint François de Sales. » (Mémoires de la Mère de Chmujy.)

voie n'est pas si agréable à la nature, mais elle est plus selon la grâce, et un acte fait ainsi en vaut cent. Pourvu que la Supérieure que vous laissez entende ceci, comme il me semble qu'elle fait, elle est assez savante, puisqu'il y a dans les Entretiens de Monseigneur tout ce qui se peut désirer pour la perfection : cette doctrine est admirable. Adieu, je suis pressée; donnez-nous au plus tôt les bonnes nouvelles de votre venue. Je crois au moins que madame de Chevrières vous pourra amener ; elle est à Màcon. Vous savez bien, et il est vrai, que je suis

toute vôtre.

Dieu soit béni!

Conforme à une copie de l'orijjiua! gardé à la Visitation de Chambéry.

LETTRE CCCLXXXIX (Inédite)

A LA MÈRE MA RIE- AIMÉE DE B L 0 N A Y

SCPÊBIEURE A LVO\

Annonce de la fondation de Belley; celle de Marseille sera peut-être différée. Affaires d'intérêt. — Nouvelles de famille.

vive j jésus!

Dijon, 10 aont 1622. .

Vous avez beau vous plaindre de moi, ma très-chère fille, si ai-je répondu à toutes vos lettres, et ne sais que vous dire, sinon que, comme vous savez, nos Religieuses vont à Belley, de sorte que je crains, comme je vous ai déjà mandé, que si l'affaire de Marseille continue, il en faille différer l'exécution quelque temps; toutefois, vous verrez ce que Monseigneur mandera, et puis, à notre passage, nous verrons les filles que nous avons. Je voudrais que vous écrivissiez à M. votre père et à votre frère qu'ils fissent raison de votre dot; mais un peu fermement. Us veulent réduire tout le principal et grande somme des arrérages à deux mille florins; autrement, disent-ils, ils ne payeront pas. Que le monde est fâcheux, ma fille!

Voilà des lettres pour Montferrand; vous les prierez de vous mander à l'avantage quand elle [la Mère Faire] pourra être à Lyon, afin de nous le faire savoir ici. Adieu, ma fille, et à toutes vos chères filles. Vous le savez, et il est vrai, que je suis vôtre.

Faites tenir ma lettre à Monseigneur. M. de Toulonjon est hors de péril de sa blessure, et ma fille, accouchée d'une fille heureusement, grâce à Dieu '. Jour de saint Laurent.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CCCXC

A LA MÈRE PAULE-JÉRONYME DE MONTHOUX

SUPÉRIEUR!! A NEVERS

De quelle prudence user dans la direction des âmes. — La perfection des filles de la Visitation est toute tracée par leur Règle. — Il faut être courte aux conférences spirituelles et au parloir.

vive y JÉSUS !

[Dijon, août 1622.]

Dieu soit béni, ma très-chère fille, qui tient votre cœur en courage parmi les petites difficultés et exercices que nos bonnes Sœurs vous donnent. Il faut tenir le cœur de notre Sœur N. audessus de ces niaiseries, et lui dire ses défauts avec une affection cordiale qui la rehausse et l'encourage à mieux, de même aux autres professes, et ne leur permettre nullement de suivre leur humeur. Faites-leur fort lire les Entretiens de Monseigneur, et les corrigez, comme votre Règle dit, fermement, assurément, quoique doucement, leur témoignant toujours que la raison et le zèle vous conduisent et non pas la passion; car vous devez faire ainsi.

1 Cette enfant, nommée Gabrielle, la seule fille que madame de Toulonjon put élever, fut le constant objet des sollicitudes de sa sainte grand'mère, ainsi que nous le venons dans la suite des lettres.

Si cette fille qui a des hypocrisies n'est de très-bon esprit, et que Dieu ne la change et touche à son intérieur, elle ne doit point faire profession; mais travaillez pour la gagner à Noire- Seigneur, s'il se peut, dont je doute, sans une grâce extraordinaire; mais il la faut garder pourtant, sans lui rien faire connaître de la mettre dehors, jusque sur la fin de son noviciat. Je suis grandement marrie de la fille de M. N*** ; car, à ce que vous me mandez, je la crains mélancolique, ce qui serait une mort; faites fort prier pour elle, et ne lui nourrissez pas ces niaiseries. Pour l'amour de Dieu, choisissez de bonnes filles, et ne regardez point tant au bien. Il faut parler au médecin pour celle qui est punaise, et faire ce que la Règle dit; car, ma fille, il faut suivre cela ponctuellement. C'est à votre Père spirituel de vous conseiller là-dessus, et non au temporel; mais il le faut écouter sans lui demander conseil en ce sujet. Je vous prie, mon enfant, aimez bien vos Règles. Il ne vous saurait guère arriver des difficultés que vous n'y soyez conseillée [dans vos Règles] comme vous vous y devez comporter; et pour le spirituel, n'importunez point de demandes, ni ne le laissez faire aux filles, sinon quand votre Règle, vos Directoires et les Entretiens vous manqueront : vous trouverez votre chemin tout marqué là-dedans. Je vous enverrai bientôt le Directoire. Il les faut suivre tous et celui de la réception à l'habit. Enfin, croyez-moi, nourrissez-vous et vos filles de votre propre pain.

Je trouve les Jésuites bien sages de vouloir être courts, et il le faut ainsi; ce n'est qu'un amusement d'amour-propre de tant parler. Je suis d'avis que vous soyez aussi courte au parloir, afin d'être en votre communauté tant qu'il se pourra; surtout suivez les Offices. Cheminez comme vous avez accoutumé, ma très-chère fille; faites tout pour Dieu, en esprit de repos et de tranquillité. Non, n'ayez point de soin superflu; faites tout ce que vous pourrez, doucement, et vous confiez pleinement à Dieu, le regardant en toutes vos actions.

Ecrivez hardiment et cordialement à la Supérieure de Moulins, car elle ne fait rien contre vous, elle aimerait mieux mourir; il faut nourrir l'union des cœurs et des maisons. Dieu soit notre cœur, ma très-chère fille; au reste, je ne vous appellerai plus ma fille que par échappée, car le Directoire dit que les Supérieures s'appelleront Sœurs, mais pour cela vous ne laisserez pas d'être toujours la très-chère fille de mon cœur.

Conforme à une copie gardée à la Visitation du Mans.

LETTRE CCCXCI {Inédite)

A LA MÈRE ANNE-CATHERINE DE BEAUMONT

SUPERIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS

Le dépouillement intérieur est la voie royale. — Ne jamais accorder de privilèges aux bienfaitrices religieuses. — Maternelles recommandations pour deux Sœurs éprouvées. — On ne doit pas sortir des assemblées de communauté sans permission. — Mort du cardinal de Retz.

vive -j- jksis!

[Dijon], 25 août [1622].

Ma très-chère fille,

Ce doux et béni Sauveur soit éternellement la joie et la force de voire cher cœur, que le mien aime plus entièrement que je ne saurais vous dire! Je vois que cette infinie bonté vous veut avoir dépouillée et nue de tout ce qui n'est point Lui; ne lui résistez point, ma fille, ni par aucune crainte, ni par désir, ni par soin, ni d'aucune autre manière, mais délaissez-vous sans réserve à sa merci; si même il plaît à sa bonté vous ôter toutes sortes de vues, même de la foi, laissez-vous dépouiller comme il lui plaira; mais vous n'êtes pas encore à cette extrémité de dénûment. Peut-être que Noire-Seigneur vous lairra toujours quelque petite prise, comme je vois qu'il fait, mais s'il les ôte, acquiescez, et vous suffise [de savoir] qu'il vous reste toujours le pouvoir de dire résolument : Credo, et qu'il fasse tout ce qu'il lui

plaira, et cela sans goût ni satisfaction; cette voie est royale. Voyez le petit traité de V Abnégation intérieure, et vous souvenez de me l'envoyer. Demeurez ferme en votre confiance, quoique insensible, que Dieu sait la mesure de vos forces et des épreuves qu'il vous veut faire... [mots usés]; mais allez de tout en avant, et à Dieu, sans vous travailler pour chose quelconque, même pour l'oraison.

Tâchez d'ôter à ma Sœur assistante cette niaiserie de tentation, je lui en ai déjà dit un mot ; portez-la tout à la générosité. J'honore singulièrement le Père l\. , je lis avec grande consolation sa prédication, qui est, certes, tout à fait selon mon goût.

Vous faites fort bien de faire exercer toutes les Sœurs à. travailler, chacune selon sa portée; elles s'en porteront mieux. Je serai fort consolée si la petite Sœur Marie-Louise guérit; Notre- Seigneur le veuille! 11 faut fort encourager notre Sœur M. -M., car cette fille sera capable de quelque chose de bon, si elle s'évertue [si elle prend un grand courage]. Je suis marrie du peu de courage de notre pauvre Sœur de Dampierre; mais il lui en viendra. Je crois qu'elle sera bonne partout, et qu'elle profitera toute sa vie d'avoir été céans. Certes, je désire bien fort que l'affaire de notre chère madame de Dampierre réussisse. Dieu y fasse sa sainte volonlé ! Si M. de M. et M. Berger l'entreprenaient, ils en viendraient à bout.

Je pense que c'est une imagination que le désir de Sœur domestique en notre Sœur N*"**; toutefois, il s'en faut conseiller; si elle y persévère [mots coupés}. Vous faites bien de craindre l'altération de ces esprits un peu violents , comme celui de notre Sœur M.-Hélène, mais parlez-en au confesseur, afin qu'il tranche, car, à mon avis, il y a de.. . [mots coupés]. Il faut que les parents sachent qu'après la profession on peut envoyer leurs filles ailleurs, aussi bien [le fait-on] aux autres Religions. — Si la fille de Picardie est propre, j'aimerais mieux qu'elle donnât moins, et qu'elle entrât en qualité de

simple Religieuse. Il n'y a rien en notre Institut qui ne soit facile pour le corps, eu égard à la charité qui s'exerce. Je ne voudrais donc jamais, si je pouvais, donner des privilèges à celle qui prétendra à la sainte profession; demandez au Révérend Père. Je salue toutes nos chères Sœurs de tout mon cœur, surtout notre chère petite Angélique, mesdames de Dampierre et de Villeneuve, et les autres amis et amies. — Mon enfant, je suis certes toujours plus, ce me semhle, tout entièrement vôtre. Dieu soit béni! Au Révérend Père mille saluts; je l'honore de tout mon cœur. — Je vous supplie, ma très-chère Sœur, d'envoyer à Port-Royal, avec nos lettres, les Directoires des novices et de la directrice. Monseigneur veut qu'on leur communique tout.

[P. S.\ Mon enfant, j'avais écrit cette lettre quand votre lettre est arrivée. Je suis en peine de votre mal. Soyez absolument obéissante pour votre soulagement. Vous me dites que notre Sœur Claire-M. [Amaury] est travaillée aussi comme notre Sœur M. -Louise. Mon Dieu ! ayez soin, s'il vous plait, de ces petites âmes-là qui sont toutes bonnes. J'espère toujours plus de grandes bénédictions pour vous et pour ces âmes innocentes, et pour tout le couvent qui est affligé avec elles.

Hélas! que je ressens la mort de notre bon seigneur cardinal [de Retz]. Voilà, ma fille, les grands tombent comme les petits. — Vous vous êtes fort sagement conduite pour la petite de Villeneuve. Mon Dieu! soyez toujours ferme pour ces bénites Règles. Non, il faut que la coadjutrice demande toujours congé pour aller voir la Supérieure malade, car personne ne doit sortir des assemblées sans congé, et, si celle qui doit présider est coadjutrice, elle doit, tant qu'elle pourra, remettre sa visite à un autre temps.

Nos cellules sont fort bien. Je suis bien aise de ce que vous envoyez les affaires à nos Sœurs. Elles m'ont écrit que le port de leur calice et custode avait coûté onze francs jusqu'à Lyon;

il y a de l'excès et... \mots illisibles]. Monseigneur est toujours à Turin; il a été malade encore une fois ', et ne pense pas qu'il retourne sitôt [mots illisibles]. J'ai vu par hasard celle de M. Amaury; pour Dieu, ma fille, faites-lui mes excuses; certes, je ne puis écrire. Je l'honore avec souvenance de ses biens. Adieu, je salue tous, et surtout votre chère àme.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Clerinonl.

LETTRE CCCXCII (Inédite)

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