LETTRE CDU A LA SOEUR HÉLÈNE-ANGÉLIQUE LHUILLIER
AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS '
Exhortation à lui ouvrir son cœur. — C'est une grande grandeur devant Dieu que d'être bien petite à ses propres yeux.
vive -J- jésus!
[Dijon, 1622.]
Hélas! ma très-chère Angélique, n'appréhendez jamais mon cœur, je vous en supplie, et ne craignez point de lui dire les petites maladies du vôtre que j'aime si parfaitement, et que je
1 « La Mère Hélène-Angélique Lhuillier, tirée à la vie religieuse par des cordages d'amour (disent les anciens Mémoires), fut un vrai enfant de joie au cœur de notre unique Fondatrice, et de bénédiction au monastère de Paris. » Saint François de Sales, dont Dieu s'était servi pour soustraire celte grande âme aux séductions du monde, seconda les attraits de la grâce en elle, et la poussa vers les sommets les plus élevés de la perfection. Pendant ses longues années de supériorité, la .Mère Hélène-Angélique reproduisit, en effet, les vertus de sainte de Chantai et procura la fondation des maisons de Dol en Bretagne, du Mans, de Saint-Denis, de Bayonne, et établit celle de Chaillot, où elle mourut en 1655, entre les bras de la Mère L.-A. de la Fayette, formée par ses soins à la vie religieuse. Enfin on lui doit : 1° les Vies de saint François de Sales et de saixte Jeanxe-Fraxçoise de Chantai,, publiées par Mgr de Maupas, auquel, par humilité, elle les avait soumises, et qui leur donna la couleur de son style; 2° les Exercices spirituels, connus sous le nom de Petites Méditations de sainte de Chantai,, parce qu'ils ont été souvent confondus avec ceux que composa la Bienheureuse Fondatrice. La Mère Lhuillier, par une sorte d'inspiration prophétique, y trace cette belle page : De la reconnaissance que nous devons à Notre- Seigneur pour le don et faveur qu'il a fait à noire saint Ordre de son Coelr divin. — Les reines Anne d'Autriche et Henriette de France avaient une profonde estime pour celle grande Religieuse. Au dire de saint Vincent de Paul, « c'était une des plus saintes âmes qu'il eût connues » .
Les Petites Méditations ont été rééditées en 1861, à Paris, chez Douniol, rue de Tournon, sous ce titre: Exercices spirituels pour les dix jours de la solitude, selon l'esprit du Bienheureux François de Sales, tirés pour la plupart de ses Ecrits, et dressés à l'usage des Religieuses de la Visitation Sainte-Marie ,
sais avoir un vrai désir du souverain Bien. Et, avec cela, ma très-chère fille, il nous faut humblement supporter nos petites infirmités, devenant saintes à force de nous anéantir et aimer notre abjection. 0 ma fille, que c'est une grande grandeur devant Dieu que d'être bien petite à nos yeux ! nos imperfections journalières nous aident fort à cela. Aimons-les donc bien , ma très-chère fille, et m'aimez toujours, puisque Dieu m'a rendue si entièrement vôtre.
Je salue la très-chère Sœur [madame de Villeneuve], le Révérend Père Suffren et M. ***.
Conforme à l'original gardé à la Visitation du Mans.
LETTRE CDIII [Inédite)