‹ Lettres (volume 3)Chapitre 245 sur 351 · MAITRESSE DUS NOVICES AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS · texte numérisé non relu

MAITRESSE DUS NOVICES AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS

Consolation que donne à la Sainte la ferveur du noviciat de Paris et la sagesse de la directrice. — La Supérieure seule peut accorder des exemptions pour les articles importants de la Règle.

VIVE j- JÉSUS !

[Dijon, octobre 1622 ]

Ma très- chère fille, Je reçois un extrême contentement de vos lettres et des bonnes nouvelles que vous me dites de nos chères Sœurs que j'aime, certes, très-chèrement. 0 Dieu! quelle consolation à mon àme de savoir qu'elles marchent en esprit d'humilité, de simplicité et cordialité ; vraiment, ma très-chère fille, je me sens obligée d'en grandement louer Dieu, aussi bien que vous, qui en avez aussi grand sujet, de voir que cette infinie Bonté donne bénédiction à votre petit labeur. Oh ! la gloire lui en soit tout entière; et, à vous, l'humilité et reconnaissance de tant de miséricordes. Hélas! ma fille, ce sont puissantes tentations qui travaillent ces pauvres chères âmes ; qu'elles seront heureuses si elles sont fidèles 1

Pour la petite Sœur Louise, je crois qu'il y a de la maladie corporelle ; on les conduit et l'une et l'autre comme il faut. Il est nécessaire de les faire fort exercer, et les tenir joyeuses et confiantes, et que l'on ait un extrême support pour elles : Dieu les soulagera un jour, je l'espère de sa bonté. Si vous pouviez donner courage à celte Sœur, qui aurait commis quelque faute que ce fût, de la découvrir à la Supérieure, il serait bon; mais, si elle ne peut, il ne la faut presser nullement. Or, si c'est chose qui ne lui advienne pas souvent, et que vous y puissiez suffisamment pourvoir, ne le dites pas; que si c'était une novice blanche, qui tombât souvent en choses importantes, il le faudrait dire, car c'est à la Supérieure surtout à bien connaître celles qu'elle doit admettre à la profession : voilà mon sentiment présent ; mais j'en ferai dire quelque chose au Directoire de la maîtresse ; que si vous avez besoin encore d'autres avis, écrivez-le moi. Surmontez-vous, ma fille, et allez franchement demander à la Supérieure ce qui vous touchera en désirs.

Le Père Binet a fort bien dit, ma fille, c'est la pratique de nos maisons ; il faut toujours demander congé à la Supérieure pour ces choses importantes comme la Communion et l'Office divin, parce que ce sont exercices réglés. Dieu vous conduit bien, ma très-chère fille, soyez-lui fidèle, je vous prie, et persévérez en voire train, gaiement; ne vous arrêtez point à tout ce qui n'est pas Dieu.

Si la Sœur Sanguin peut être tolérée et supportée sans intérêt, je le voudrais. Notre-Seigneur présidera, s'il lui plaît, à ce cor ài\. Je salue mes deux chères filles , particulièrement J.-Eliscneth [Edeline] et M. -Geneviève [de Furnes], et toutes, certes, je les aime parfaitement, et vous, ma fille, plus que je ne saurais dire. Votre cœur m'est très-cher, écrivez-moi grandement.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Voiron.

LETTRE CDIV

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