A SAINTE JEANNE-FRANÇOISE DE CHANTAL
Aussitôt que la Mère Favre fut arrivée à Dijon, sainfe de Chantai s'était empressée d'en instruire l'évêque de Langres; en même temps, elle l'informait de son départ très-procliair) et lui demandait sa bénédiction. Le prélat, qui professait une grande vénération pour la Bienheureuse Fondatrice, lui exprima ses regrets par la lettre suivante :
17 octobre Ifi22.
Vous me donnez bien de la joie, ma chère Mère, de me mander que la Mère Favre est arrivée; à la bonne heure soit-elle venue dans ce diocèse, et, certes, je le dis de tout mon cœur ;
mais ce même cœur se trouble et s'afflige de votre éloignement. Je vois bien, ma chère Mère, que vous fuyez, comme les saints, les parents et la patrie, pour vous rendre en votre solitude. Il n'est pas impossible que je vous aille chercher jusque-là ; pour #voir ma Mère , je pense que j'irais bien plus loin. Et puis, le grand prélat, Monseigneur de Sales, auprès de qui vous allez, est un grand aimant aux âmes. Or sus, allez-vous-en, ma chère Mère, puisque vous le voulez, avec les bénédictions de Notre- Seigneur, pour qui vous nous laissez. Mon cœur est saintement à vous, et si absolument que je m'oblige à ne l'en tirer jamais, quoi que vous me fassiez. Je sens vivement les obligations que je vous ai ; je voudrais vous l'écrire de mon sang. Priez pour moi, ma chère Mère, et m'aimez s'il vous plaît, comme votre fils et très-obéissant serviteur.
Sébastien, évêqtie de Langres.
LETTRE CDVII