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LETTRE CDXXXV

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOXAY

SL'PKRIEIRK A LYO\

Désir que la fondation de Marseille soit faite par des Sœurs d'Annecy. vive -f- jésus!

Annecy, 1" avril 1623.

Ma très-chère fille,

Je vous écris parmi une si grande occupation de diverses affaires, que je n'ai su bien considérer ce qui était requis. Voyezvous, ce que je vous ai mandé est vrai selon ma connaissance, et je l'ai encore devant mes yeux. Vous n'avez pas des filles si fortes que sont les nôtres pour la fondation de Marseille, ni assez pour en fournir; car il me semble que, quand vous aurez levé six ou sept filles pour Mâcon, le reste sera fort nécessaire à Lyon , outre que les filles d'ici sont fort liées ensemble , ce qui est très-nécessaire en telle occasion. Or, nonobstant tout cela, si vous aviez désir d'en donner, il me le faudrait mander tout franchement, et de quelle capacité elles seraient, et s'il [ne] serait point nécessaire de prendre à Valence notre Sœur qui y était assistante, je veux dire la sœur de notre Sœur Marie-Claire, si elle se trouvait propre; car encore que je ne vous assure pas d'obtenir de Mgr l'évêque d'ici ce que j'eusse pu de mon Bienheureux Père, d'autant qu'il est fort ferme et absolu, néanmoins, je vous assure que j'y ferai ce que je pourrai , ne prétendant en tout que la plus grande gloire de Dieu et le bien de nos maisons qui me sont également chères. Voilà ce que dès hier j'eusse voulu vous avoir mandé. Cependant, nous tiendrons des filles prêtes, et attendrons pour les faire partir ce que vous en aurez résolu avec le Révérend Père Le Jeune, que je vous prie que nous sachions, par le retour des marchands , qui partirent hier. Nous donnâmes à notre homme sept paquets de

lettres pour Paris, Bourges, Orléans, Nevers, Moulins, Montferrand, et un pour vous. Dieu veuille qu'ils aillent à bon port, car ils sont assez importants.

Bonjour, ma Irès-chère fille, priez pour celle qui est vôtre.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aus Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CDXXXVI

A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE UK CHASTÉLLUX

SUPliftlia'IlE a MOULINS

La tendreté sur soi-même est contraire à l'esprit de l'Institut. — On ne doit jamais recevoir a la profession des novices qui fout des réserves à leur sacrifice. — Surveiller la correspondance de la Sœur M. -A. de Morville et faire une relation exacte des miracles opérés par saint François de Sa'es.

vive -f- JÉSUS !

Annecy, 2 avril 1623.

Ma très-chère fille,

Ne craignez point de me dire toujours vos petites peines, je vous en prie. Hélas ! quelle misère que d'être ainsi attachée à ces tendretés ! Certes , cela me touche le cœur, et est tout à fait contraire à l'esprit de notre Bienheureux Père. Non, ma fille, il n'en faut pas faire semblant; dans quelque temps, Dieu y mettra sa bonne main; un peu de vrai et pur amour dissipera tout cela. Jamais, ma très-chère fille, on ne donnera profession à aucune qui veuille des conditions. Si fera, ma fille, l'Institut se maintiendra, moyennant la grâce de Dieu, en sa rectitude; notre Bienheureux Père l'a assuré. Il faut que la communauté marche son train et ne se prenne point [garde] à celle-là; et vous, ma fille, que vous supportiez avec douceur intérieure et extérieure tout cela.

Pour les lettres, il faut être ferme. J'écris à notre Sœur J.-C.

qu'elle la porte doucement [Sœur Marie-Aimée] à vous les montrer; mais, d'en donner et recevoir que vous ne le sachiez, comme [cela] se peut-il faire ? Certes, je crois qu'enfin il faudra parler nettement à ceux qui aident à cela, quoique toujours humblement et doucement. Si elle a de la confiance à ce Père, au nom de Dieu, qu'il la porte à retrancher tous ses commerces, cela ne vaut rien pour elle ni pour votre maison; mais, patience, ma fille. Ce fut une parole de passion que celle qu'elle jeta contre moi, cela n'est rien : plût à Dieu qu'elle m'eût bien battue, et qu'elle fût guérie de ses passions ! Il ne faut point de séculière qui n'ait l'esprit grandement bien fait, humble, et dévot, ni point de jeunes filles, que comme vous verrez au Directoire. Tâchez d'ouvrir le cœur au Père recteur et de lui montrer une grande confiance; que si ses affaires ne lui permettent de venir souvent à vous, priez-le de vous donner quelque Père; mais, croyez-moi , ne les appelez que pour des bonnes occasions. Prenez avis, selon que la Règle dit, et vous mettez fort à faire suivre ce chemin.

S'il arrive quelque vraie guérison à vos filles, il le faudrait écrire; mais il faut se garder des imaginations. Ayez grand courage, ma très-chère, pour accroître par votre perfection la gloire accidentelle de notre Bienheureux Père. Dieu vous bénira et vous consolera enfin d'une parfaite paix dans votre maison. Je suis vôtre, ma fille, et très-entièrement. Dieu soit béni.

[P. S.] Ni notre Sœur J.-C. ni notre Sœur M. -A. ne me disent pas un mot du dessein de la mener à Riom. Oh ! certes, cela ne serait pas bien, et je ne pense pas qu'elles le fassent sans m'en dire quelques mots; toutefois, je recommande tout à Dieu, et vous prie qu'après que vous aurez doucement et suavement fait vos remontrances et prières, vous laissiez aller la barque sans vous roidir ni opiniâlrer; car enfin, au péril de tout, il faut conserver la sainte paix du cœur et la douce charité : ce serait

un moyen pour pratiquer saintement la pauvreté que vous m'écrivez que vous aimez tant. Enfin, ma très-chère fille, tout avec douceur et rien par force. J'écris nettement qu'il faut faire voir les dessus des lettres, et que l'on ne permettra rien au delà des conditions en ce point; mais doucement, je vous prie. Dieu soit béni !

[De la main d'une secrétaire.] Notre très-chère Mère désire d'avoir la copie de l'oraison funèbre que l'on vous a faite de notre Bienheureux Père. Je salue très-humblement Votre Charité, me recommandant à ses bonnes prières.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CDXXXVII

AUX SOEURS DE LA VISITATION DE MOULINS

Que toutes à l'envi soient fidèles à l'observance, en esprit de douceur et de paix.

VIVE -J- JÉSUS

[Annecy, 1623.]

Mes très-chères Soeurs et filles biex-aimées,

Je suis en esprit au milieu de vous, et, prosternée à vos pieds, je vous conjure, par l'amour de notre Sauveur et par la douce mémoire de notre Bienheureux Père , que vous viviez unanimement, n'ayant qu'un cœur , une seule âme et volonté entre vous : que la douce charité règne parmi vous, sans aucun conteste; que chacune fasse en paix ce que l'obéissance lui ordonne, sans se charger du soin de la charge des autres. Au nom de Dieu , point de murmure ni de contrôlement , mais à qui mieux cheminera dans l'observance avec douceur et paix d'esprit. Il y a quelques mois que je vous disais ces choses ou semblables en esprit, pensant en vous, parce que mon cœur d'un amour tout cordial vous aime comme ses plus chères et tendres filles. Je vous le dis par effet, et vous conjure de prier

Dieu pour moi. Je le supplie de faire abonder sur vos chères âmes ses plus saintes bénédictions. Amen.

LETTRE CDXXXVIII

A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

A MOULINS

Parfait acquiescement de la Sainte à la volonté de Dieu. — Toutes les lettres cm sortent de la maison doivent être vues par la Supérieure. — Aimer la pauvreté, l'observance, et se garder de la familiarité avec les séculiers. — Souhaits pour

la fondation de Riom.

VIVE -j- JÉSUS !

Annecy, 8 avril 1623.

Je pensais, ma (rès-chère fille, ce qui était, que vous n'aviez pas la force de m'écrire. Il est vrai, il n'en faut point parler avec attendrissement, s'il se peut ; hélas, oui ! s'il se peut; car, puisque c'est une volonté divine et que ce très-humble Saint jouit de son Dieu , il faut demeurer en paix dans le parfait acquiescement, nonobstant les nonpareilles douleurs qui pressent le cœur. Il est vrai, ma très-chère fille, que souvent elles me poussent les larmes aux yeux, mais cela ne parait point, et vous seriez émerveillée de me voir avec ma façon ordinaire. Qui fait cela, que ce grand Dieu que j'adore de tout mon cœur? Obtenez-moi sa douce miséricorde, ma fille, afin que je parvienne à la perfection de cette éternelle union. 0 Dieu ! que je le souhaite! et il me semble qu'il ne faut plus rien vouloir que cela, n'est-il pas vrai ?

J'ai tant dans mon cœur que l'on observe les Règles ponctuellement, que je donnerais de grande affection ma vie pour en obtenir la grâce à toutes nos Sœurs. Dieu conduise à bon port l'affaire de Riom ! Si vous n'y allez [pas], peut-être vous enverra-t-on ailleurs. Ne croyez pas que notre Sœur la Supérieure de Nevers ait dit cela, non plus que je ne croirais pas, si l'on me disait que vous eussiez fait ce contrat. Il ne faut

pas faire état de tant de tracasseries que l'on dit : il faut négliger tout cela à la façon de notre Bienheureux Père. Je trouve le cantique fort bien; si Dieu vous donne pour l'autre, j'en serai consolée.

Je réponds à vos articles : vous verrez le reste au Directoire, où l'on met le moins que l'on peut, selon l'avis de noire Bienheureux Père, laissant à la discrétion de la Supérieure beaucoup de choses qui ne sont pas nécessaires à l'uniformité. Je voudrais que vous portassiez doucement notre Sœur M. -Aimée à montrer ses lettres à notre Sœur la Supérieure, afin qu'elle y fût accoutumée en votre absence ; car, de laisser sortir des lettres d'un monastère sans être vues, cela est trop important, ma très-chère fille.

Mon Dieu ! soyons pauvres, et n'ayons jamais rien qui nous empêche cette parfaite paix qui se trouve en l'exacte observance. Vivons tout à Dieu, et ne cherchons jamais que Lui seul, quand le cœur et le corps en devraient succomber. Hélas ! que celle éternité est désirable ! quand y serons-nous ? Dieu soit béni !

[P. S.] J'avais écrit cette lettre, ma très-chère fille, quand j'ai ouvert la vôtre petite. Or sus, Dieu soit béni! voilà votre obéissance et la copie de l'établissement1. Allez en paix, ma très-

1 « Madame de Chazeron, iille du maréchal de Sainl-Géran, gouverneur du Bourbonnais, et dame d'honneur de la reine Marie de Médicis, ayant eu de notables déplaisirs en son mariage (dit la Mère de Chaugij), on fut d'avis qu'elle se retirât en notre monastère de Moulins, où, ayant séjourné l'espace de trois mois, toutes choses se pacifièrent, et elle prit une si grande estime et affection de notre manière de vie, qu'elle se résolut de moy entier l'établissement d'un de nos monastères où elle put entrer quelquefois en qualité de bienfaitrice. M. son mari fut très-content de lui donner cette satisfaction, et comme c'était auprès de notre très-honorée Sœur Jeanne- Charlotte de Bréchard que cette bonne dame avait trouvé sa consolation, elle s'adressa à elle pour celle fondation. »

La Mère de Bréchard partit pour Riom, accompagnée des Sœurs Louise- Anloinelle Ogier, Marie-Catherine Ghariel, Françoise-Catherine deGerbès, Marie-Sérapliinc de Lalande , Marie-Madeleine Carré, et d'une novice poulie rang des Sœurs domestiques.

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chère Sœur, sous la sainte protection de Noire-Seigneur et de sa sainte Mère, et de nos glorieux Pères saint Augustin et vraiment Bienheureux François de Sales. 0 ma très-chère fille ! la Règle vous donne assez d'avis pour votre conduite ; observez-la et la faites observer fidèlement chez vous, et les Directoires que dans peu de temps vous aurez, Dieu aidant. Seigneur Jésus ! que je souhaite que cela se lasse ! En particulier, inculquez ce document que notre Bienheureux Père nous a laissé pour dernières paroles : « Ne refusez rien, ne recherchez rien en la Religion. » Vous le verrez plus au long avec le temps. Gardez-vous des séculiers, et de leur trop grande hantise et de leur autorité et familiarité. Soyez toutefois .très-douce et aimable avec eux, leur donnant bonne édification. Choisissez bien les filles ; emmenez-en de bonnes, et Dieu vous bénira.

Je suis, en son amour incomparable, toute vôtre, et souhaite que sans réserve vous soyez sienne. A cause de vos infirmités surtout, ayez une bonne assistante.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CDXXXIX

A L.à SOEllt MARIE-AVOYE EUMBERT

A MOl'LIXS

Ne pas désirer de changer de monastère , mais demeurer en paix où la Providence

nous a placées.

vive j jésus!

[Annecy, 1623.]

Non, ma très-chère fille, je n'ai nulle souvenance que mesdemoiselles vos sœurs m'aient écrit pour vous attirer à Dijon, et quand elles l'auraient fait, je ne croirais nullement que cela vint de vous, car je sais bien que voire confiance en moi est grande, que vous me direz toujours plutôt vos désirs qu'à per-

sonne. Mais croyez-moi, ma très-chère fille, demeurez en paix au lieu où Dieu vous a mise, jusqu'à ce qu'il plaise à sa Bonlé de vous mettre ailleurs. Laissons à ce souverain Père le soin de nous-mêmes et l'emploi de nos jours, et nous employons fidèlement à observer ses volontés, qui nous sont signifiées par notre Institut et par nos Supérieurs. Vivez paisible avec nos Sœurs et joyeusement. Vous faites fort bien de vous peu regarder et de parler peu de vous; faites le même envers nos Sœurs, et me croyez bien toujours toute vôtre en Noire-Seigneur. Qu'il soit à jamais béni !

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de X'eterS.

LETTRE CDXL

A LA SOEUR MARIE-AIMÉE DE MORVILLE

A U0ULI.V8

Prière de renoncer à une correspondance trop active. — Défense de faire sortir aucune lettre qui n'ait été vue par la Supérieure.

VIVE -J- JÉSUS

[Annecy, 1623.]

Ma très-chère fille,

11 nous faut de toutes nos forces aspirer et nous acheminer à cette béatitude de laquelle jouit maintenant notre saint et Bienheureux Père, qui a tant fait pour nous en enseigner le chemin. Hélas, ma très-chère fille ! quelle consolation serait-ce à mon âme de voir la vôtre qui m'est si chère, un peu déprise de ce grand commerce de lettres. Il en faut recevoir du père et de la mère, sans qu'elles soient vues; mais d'autres, à quoi sert cela, sinon à amuser votre cœur et à l'occuper toujours dans ces affections périssables. Au nom de Dieu , ma toute bonne et chère fille, défaites-vous de cela; je n'entends pas que vous n'écriviez pas à la chère amie mademoiselle N., mais

il faut montrer ces lettres-là; que si vous faites vos paquets, comment pourra-t-on croire qu'il n'y en ait que pour les chers parents, si vous ne voulez pas qu'on en voie l'adresse, et de même en recevoir sans qu'on en puisse voir seulement le dessus? N'est-ce pas causer de la peine à une Supérieure qui vous chérit de tout son cœur, et qui ne désire rien tant que votre avancement et contentement? 0 ma fille, il faut et on doit vous conserver vos privilèges, puisqu'on vous les a promis; mais ne veuillez que cela, vous protestant que vous serez l'unique en ce point. Au reste, ma fille, la Règle qui défend l'entrée d'une lettre sans la permission de la Supérieure, défend aussi les paquets qui en contiennent plusieurs. Tandis que ma Sœur de Bréchard a été à Moulins, il suffisait qu'elle vît vos lettres; mais à présent qu'elle est absente, prenez, je vous en prie, la confiance de les montrer à votre Supérieure. Vous m'avez toujours été si bonne, ma chère fille, et vous m'avez donné tant de confiance, que je ne saurais vous servir à plats couverts, ni mon amour ne me le permettrait pas; car je trahirais votre àme à laquelle je souhaite le souverain Bien, et le lui voudrais acquérir au prix de ma vie. Je dis vrai, ma fille, et suis toute vôtre.

Conforme à une copie gardée aux Archive» de la Visitation d'Annecy.

LETTRE CDXLI (hédtte)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SLTKHIEURK A DIJON'

Envoi des Sermons et des Entretiens de saint François de Sales — Réception

charitable d'une prétendante. — Douceur dans la conduite des âmes.

vivk \ JÉSUS !

[Annecy, 1623.]

Ma très-chère fille,

Je vous ai écrit fort au long par l'homme de ma fille [de ToulonjouJ, et à Mgr de Langres, et depuis encore, et je l'eusse fait plus tôt ; mais j'attendais de vos nouvelles, lesquelles j'ai reçues toutes ensemble la veille que je vous fis réponse. Or sus, c'est pour vous dire, ma très-chère fille, que je vous suis bien fidèle et que je me porte bien, grâce à Dieu, avec un seul et entier désir de vivre selon le bon plaisir de Dieu, en une entière observance de ce qu'il lui a plu nous donner par la main sacrée de son très-humble et Irès-glorieux serviteur [saint François de Sales], et que ce désir soit gravé dans tous les cœurs de nos pauvres Sœurs.

Il est vrai que Monseigneur me dit que les aubes seraient mieux à son gré si les passemenls étaient de long, mais le bon seigneur n'entendait pas que l'on défit celles qui étaient faites autrement, et moins qu'on laissât de s'en servir. Vous avez tous nos Entretiens, car notre bon M. Boulier a notre livre il y a fort longtemps, et je vous ai déjà priée de nous les envoyer. Pour les Sermons, nous verrons ; s'il y en a qui ne sont pas dans ce livre, on vous les enverra avec un peu de loisir.

Je réponds pour notre Sœur Marie-Adrienne [Fichet] , à laquelle il faudrait un bien autre loisir pour vous écrire que celui que ce porteur me donne-, c'est pourquoi je vous fais ce mot en courant. Si Mgr l'évêque de Langres veut que l'on reçoive cette bonne [fille], il le faut faire, car quelle raison de se roidir

contre lui pour cela, puisqu'il n'y a rien contre nos Règles, que la fille est dedans, qu'elle est bonne pénitente, et que notre Bienheureux Père me manda que j'avais fait excellemment de la recevoir. Il faut chèrement conserver la bienveillance de ce prélat, et se tenir humblement au devoir qu'on lui doit ; qui fera le contraire se désistera de l'esprit de notre Bienheureux Père. J'ai déjà écrit à notre Sœur N*** qu'elle attirât ses filles à leur devoir; je n'ose leur écrire sur ce sujet que vous ne m'ayez dit comment, ou qu'elle m'en ait parlé. Je m'étonne de notre Sœur N***. Je crois qu'il ne faudra guère pour la ramener ; mais, ma fille, que votre bon cœur gagne cette fille-là par ouverture et franchise, et l'autre encore, laquelle à la vérité est difficile; des croix partout, ma très-chère fille !

Je n'ai point reçu les lettres de feu madame la première [présidente]. Je salue très-humblement Mgr de Langres, nos bons Pères Jésuites, le cousin, la cousine, et toutes nos chères Sœurs, et votre bon cœur par- dessus tout d'une affection toute

maternelle.

Dieu soit béni!

Conforme à une copie de l'original yardé à la Visilalion de Chambéry.

LETTRE CDXLII

A LA SOEUR MARIE-MARGUERITE MILLETOT

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