A LA SOEUR FRANÇOISE-GASPARDE DE LA GRAVE
ASSISTANTE A BliLLIiY '
Eviter les scrupules et obéir fidèlement à la direction, se confiant sans réserve en la
miséricorde divine.
VIVE -f- JÉSUS.'
[Annecy, 16:23.]
Ma très-chère fille, Ne connaissez-vous pas que c'est une pure tentation du diable, que ces appréhensions et tortillements que vous faites
1 Sœur Françoise-Gaspardc de la Grave, reçue au premier monastère d'Annecy en 1617, fui spécialement aimée et cultivée par saint François de
sur vos confessions passées? Ferme, ma chère fille, ne vous troublez nullement, carie diable ne prétend que cela de nous en sa malice ; souffrez doucement et humblement ses attaques et la peine qu'elles vous font, vous soumettant au bon plaisir de Dieu qui les permet pour éprouver votre fidélité et confiance. Ne regardez nullement ce que la tentation vous dit, ne disputez point contre elle, mais souffrez-la sans y consentir; abandonnez-vous à la merci delà divine miséricorde, laissez-lui le soin de votre salut et de tout ce qui vous regarde, et lui dites que vous avez une pleine confiance en sa bonté. Quoiqu'il vous semble que vous n'en ayez point, dites toujours que vous l'avez, et que vous l'aurez toujours, moyennant sa grâce. Or je vous ordonne de faire ceci et prendre patience sous ce faix, sans désirer d'en être délivrée ; car ce serait une brave vertu si jamais nous ne voulions être attaquées, et une grande fidélité que de nous rendre aux attaques ! Demeurez ferme sans vouloir jamais vous confesser une seconde fois des choses passées, ni vous déparlir de la patience et confiance en Dieu, et vous verrez comme Dieu tirera sa gloire et votre bien de cette tentation, dont II soit béni en son infinie bonté.
Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.
Sales, et se montra toujours digne d'un si grand maître. On admira surtout en celle fervente Religieuse un calme, une douceur inaltérable au milieu des contradictions de tout genre qu'elle eut à surmonter. « Mon Bienheureux Père m'a appris , disait-elle en ces occasions, que l'amour de l'abjection ne doit jamais s'éloigner de notre cœur d'un seul pas. » Elle fut Supérieure à Belley, Bourges, Périgueux, d'où elle contribua à la fondation de Tulle, gouverna trois ans le monastère de Seyssel et revint terminer dans sa maison de profession une carrière si bien remplie Après sa mort (1658), on trouva dans ses papiers toutes les choses humiliantes qui lui avaient été dites, soigneusement conservées sous celte inscription: «Ceci est pour parfumer mon cœur de l'odeur précieuse de V abjection. »(Aftnêe Sainte, 1er volume.)
LETTRE CDLV (Inédite)
A LA MÈRE M A R I E - A I M É E DE B L 0 N A Y
SUPÉRIEURE A LVO.V
Annonce de deux miracles opérés par l'intercession de saint François de Sales.
vive f jésus!
[Annecy, 1623.]
[De la main d'une secrétaire.] Notre chère Mère vous supplie de remettre cette enseigne entre les mains de quelqu'une de vos bien bonnes amies et confidentes pour la faire voir à des orfèvres, et savoir ce que Ton en pourra bien avoir. Elle est à une grande dame, qui, je m'assure, la veut employer à des œuvres pieuses. Elle vous prie encore de prendre garde que celte pièce ne demeure pas entre les mains des orfèvres.
[De la main de sainte de Chantai.] Le très-saint amour de Jésus soit au milieu de votre cher cœur, ma très-chère fille. Je n'ai rien à vous dire présentement, remettant à une autre fois. Envoyez-nous l'attestation de votre miracle. Il en est arrivé un fort notable dont on a fait les déclarations ces jours passés, et un en Piémont aussi; Dieu soit béni et glorifié d'ainsi exalter les vrais humbles, comme l'était cet unique et Bienheureux Père '.Mandez-nous s'il est vrai que Mgr l'archevêque revienne de Rome. Ma très-chère fille, je suis vôtre intimement, et sans réserve en Celui qui est notre seul trésor. Faites, je vous prie, prier à bon escient pour ces deux pauvres maisons dont vous verrez la peine. Hé ! ma fille, la chétive vie que voici, puisqu'on n'y saurait aimer Dieu parfaitement !
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 A peine le doux Evêque de Genève eut-il quitté cette terre d'exil, que le Seigneur, magnifique dans ses récompenses, se plut à faire éclater la gloire de son fidèle serviteur par d'admirables prodiges. A la seule invocation du nom de François de Sales, la vue était rendue aux aveugles, la parole aux
LETTRE CDLVI [Inédite)
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SUPERIEURE A DIJO.V
Prochain mariage du baron tic Chantai.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy, mai 16"23.]
Hier il partit un marchand par lequel nous vous écrivîmes ; c'est après souper que nous avons pu seulement vous saluer, ayant été accablée tout le jour d'affaires. Vous êtes ma trèschère grande fille, que j'aime parfaitement et vous compatis avec sentiment pour le mal de ces pauvres chères filles. Dieu leur soit propice.
Je pense que mon fils est à demi marié, priez pour lui '. Heureux sont ceux qui aiment et espèrent en Dieu.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Charubéry.
muets, l'ouïe aux sourds, les morts revenaient à la vie! L'affluence des pèlerins devint (elle que l'église de la Visilalion élait impuissante à les contenir, et les miracles si nombreux qu'on ne pouvait suffire a les relater.
1 Jusqu'ici, tous les éditeurs des Lettres de sainte de Chantai ont placé le mariage de son fils au printemps de l'année 1624; mais il est évident qu'il eut lieu en mai 1623, ainsi que le prouve la pièce suivante, copiée sur les registres de l'ancienne paroisse Saint-Paul, de Paris (lesquels registres furent conservés à l'Hôtel de ville jusqu'à l'incendie de 1871). Voici la reproduction intégrale de ce document :
« Ledit jour (7e mai 1023), fut publié le premier ban d'entre messire Celse-liénigne de Rabutin, seigneur et baron de Chaulai, Barbilly (sic), Monthalon (sic), etc., et dedamlleiMariedeCoullanges (sic) ; le second, le 14e; fiancés ledict jour et mariés à Sousy par M. l'archeuesque de Bourges. »
LETTRE GDLVÏI (Inédite)
A MADAME DE CJULAXGES