‹ Lettres (volume 3)Chapitre 261 sur 351 · A MOU · texte numérisé non relu

A MOU

Invitation à conclure promptement la fondation de Rioni, ou à y renoncer. ■ — Le bon plaisir de Notre-Seigneur doit toujours être le nôtre.

VIVE -j- JÉSUS !

[Moulins, 1623.]

Ma très-chère fille,

Nous vous croyions hors de peine, mais madame de Montaret dit que c'est à recommencer; Dieu soit béni! la seule et sainte volonté duquel nous doit suffire. Notre sage et bonne Sœur de Dalet a trouvé bon que j'écrivisse à M. l'official; je le lais simplement et véritablement; car, à notre départ de Nessy,

Mgr de Genève nous commanda que si votre affaire n'était terminée, nous vous ramenassions. Ma très-chère Sœur, il faut finir d'une façon ou d'autre; car enfin cela est meshui intolérable de voir des Religieuses poursuivre un établissement et être hors de leur monastère. Je sais la peine où vous en êtes, et que les choses s'enfilent l'une après l'autre; mais enfin il faut conclure. Je ne puis douter que ce ne soit à votre contentement; mais si Dieu en dispose aulrement, il faut que ce soit toujours à notre contentement, puisque [ce] sera celui de Notre- Seigneur.

On vous écrit ce que nous faisons ici : la messe me presse; nous vous écrirons au long avant notre départ, si vous ne venez. Je suis toute vôtre. Dieu soit béni !

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DI (Inédite)

A LA MÈRE A\T\TE-CATHERINE DE BEAUMONT

SUPERIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS

Sujet du voyage de Moulins.

vive -j- JÉSUS !

Moulins, 14 novembre 1623.

Ma très-chère fille,

Vous ne me pensez pas si près de vous : nous voici à Moulins pour l'affaire de notre pauvre Sœur Marie-Aimée [de Morville]; certes, elle est fâcheuse, mais j'espère que Dieu en tirera sa gloire et l'utilité de tout l'Ordre. Nous avons écrit à ses parents, afin qu'ils voient la sincérité avec laquelle nous voulons traiter avec elle. Je crains fort que nous ne soyons réduite à l'emmener, aussi j'y ai une extrême aversion; toutefois, nous ne refuserons rien de tout ce qui se pourra pour son salut et le bien de cette maison. Je ne puis demeurer ici que

quinze jours, c'est pourquoi je vous prie de faire presser ses parents, afin que nous ayons quelque nouvelle d'eux par la poste et au plus tôt.

Faites donner, ma très-chère fille, ce paquet avec ces dix pistoles a M. de Foras. Je vous écrirai au long avant que partir d'ici et à notre bon Père Binet.

Je salue mes très-chères Sœurs avec vous.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Toulouse.

LETTRE DU (Inédite)

A LA MÈRE CLAUDE-AGNÈS JOLY DE LA ROCHE

SUPÉRIEURE A ORLRAXS

Motifs qui obligent la Sainte de passer en Auvergne.

vive f jésus!

[Moulins], 21 novembre 1623.

Ma très-chère fille,

Nous sommes venue faire ici une course pour la consolation de nos pauvres Sœurs et leur repos, s'il plaît au bon Dieu d'affermir les résolutions qui ont élé prises. M. Michel vous écrira le sujet et ce qui s'est passé, ou notre Supérieure de céans ; car, ma bonne et très-chère fille, je n'ai pas le loisir de onnement respirer, mais je ne pouvais me reculer de vous ans au moins vous saluer avec mon cœur tout cordial envers vous et votre chère troupe. Nous allons passer par l'Auvergne pour mettre fin à cette fondation [de Riom], si Dieu nous aide, ou ramener nos Sœurs qui sont là à combattre, il y a sept mois, chose entièrement contraire à notre esprit et inclination. Je recommande tout à vos prières et de nos pauvres Sœurs, que je salue avec vous très-chèrement. Tout se portait bien à Nessy, quand nous en partîmes, qui fut le 4 de ce mois.

Ma très-bonne et chère fille, je suis sans réserve toute vôtre. Dieu soit béni ! Jour de nos saints renouvellements.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Rennes.

LETTRE DIII [Inédite)

A LA MÈRE JEAXXE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

A RIOM

Conclusion favorable de la fondation de Riom.

VIVE j JÉSUS !

Montferrand, 29 novembre 1623.

Ma très-chère Soeur, Nous avons vu aujourd'hui M. l' officiai, duquel nous avons reçu beaucoup de satisfaction. J'espère que votre affaire se terminera bientôt, Dieu aidant, et à votre contentement. Voilà M. Vil lot que nous avons prié d'aller trouver Mgr de Clermont, afin de conclure le plus tôt qu'il se pourra. Nous l'enverrons chercher, je ne sais où, assez loin; mais l'on nous dit qu'à l'aventure sera-l-il à Riom. Je vous supplie que si cela est, vous nous le mandiez fort promptement, car nous irons le trouver, et prierons M. l'official d'y aller, d'autant que je suis pressée de notre retour. Au reste, ma très-chère Sœur, M. l'official trouve à propos et nécessaire de changer noire Sœur assistante d'ici et l'une de vos Sœurs blanches pour les raisons que je vous dirai. Je vous supplie, ma très-bonne et chère Sœur, de l'avoir agréable, et nous mandez laquelle de vos Sœurs domestiques vous agréez qui demeure ici. Si vous y laissez la novice, vous ne lairrez d'en recevoir la dot, car il est ainsi résolu. Ne dites à personne ce petit marché, parce qu'ici on craint les parlements. Ma très-chère Sœur, Dieu vous comble de grâces et votre chère troupe que je salue avec vous et la bonne madame Chariel. Dieu soit béni! Veille de saint André.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DIV (Inédite)

A LA MÊME

Annonce de son départ pour Rioni.

VIVE j- JÉSUS !

[Montferraud, 1623]

Ma pauvre très-chère Soeur,

Nous n'avons pas eu le crédit d'avoir un carrosse. Nous vous envoyons cet homme pour vous prier de nous en faire venir un le plus tôt que vous pourrez, car je serais marrie que Mgr de Clermont arrivât devant nous. J'espère que tout ira bien, moyennant la divine grâce. A l'heure que le carrosse arrivera ici, nous partirons, n'attendant que cela. Dieu soit béni! Ma très-chère fille, je suis toute vôtre.

Conforme à l'original gardé aux Archii/es de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DV {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPERIEURE A DIJO.V

Nouvelles des communautés de Moulins et de Montfcrrand. — La fondation de Riom est heureusement terminée.

VIVE f JÉSUS !

[Riom], 6 décembre [1623].

Ma très-chère fille,

Je crois que notre Sœur la Supérieure de Moulins vous aura écrit ce qui s'est passé en leur couvent, car je l'en priai, n'ayant nul loisir de le faire. Je m'assure aussi que notre Sœur la Supérieure de Montferrand vous mandera le sujet qui lui a fait désirer notre présence; nous l'avons laissée en repos et toutes ses filles, toujours plus ardentes au bien. Je les ai trouvées

avec un notable avancement, grâce à Dieu : ce sont de fort

bonnes âmes ; je me remets donc à elles pour le reste.

Or, nous voici à Riom, ou, après les plus extravagantes difficultés qui ont duré près de huit mois, nous espérons demain notre établissement, Mgr de Clermont étant ici pour cela1, et crois que le jour de Notre-Dame l'on dira la messe, et le samedi suivant, nous reprendrons notre chemin du côté d'Annecy. Peut-être passerons-nous à Saint-Etienne : toutefois, je n'y ai point d'inclination.

Ma fille toute chère, c'est assez pour n'avoir aucun loisir; mais je n'ai su laisser aller ce porteur, qui assure s'en aller droit à Dijon. Bonsoir, ma très-chère fille, et à toutes nos pauvres Sœurs. Je suis en crainte que Mgr de Langres ne soit passé à Nessy, [ce] qui ne nous serait pas une petite mortification; mais, en tout, Dieu soit béni, et ma très-chère fille comblée de grâces, et le cher cousin et la Sœur de Vigny. Jour de saint Nicolas.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

1 Pendant les quelques heures que la Bienheureuse Fondatrice passa à Riom en se rendant à Monlferrand, sa seule présence et l'éclat de sa sainteté furent plus favorahles à l'entreprise que toutes les poursuites continuées pendant plusieurs mois. Les difficultés s'aplanirent, les permissions furent accordées, et, à son retour de Montferrand, sainte Jeanne-Françoise de Chantai eut la consolation d'assister à l'étahlissement définitif de ses filles. « Le 8 décembre (disent les anciens Mémoires), la messe fut célébrée fort solennellement par AI. l'official dans la chapelle du nouveau monastère ; à la fin, notre Vénérable Alère entonna elle-même le Te Deum en action de grâces. Tout le peuple bénissait Dieu et donnait autant d'acclamations à cette fondation qu'il avait auparavant prodigué de blâmes et d'injures, »

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