‹ Lettres (volume 3)Chapitre 276 sur 351 · LETTRE DXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE DXXIX

A LA MÊME

Comment faire utilement la correction fraternelle.

VIVE -j- JÉSUS !

[Chambé'ry], 9 mars 1624.

Or, pour répondre un mot à chacune de nos Sœurs, je dis à notre Sœur J. -Françoise que si jamais (ce que Dieu ne veuille permettre) elle voyait une Sœur tomber en quelque notable péché qui fût secret et qui ne tirât point de conséquence, et qu'elle n'eût point de doute que ses remontrances ne puissent profiter à la Sœur et l'aider à [se] relever, elle devrait simplement suivre la Règle en ses avis. Que si telle rencontre arrivait à notre Sœur Guérard, et qu'elle se sentît incapable de pouvoir aider la Sœur tombée, ou bien que, selon son jugement, elle pensât que son avertissement ne serait pas bien reçu d'elle, alors elle peut en toute simplicité et confiance avoir recours au droit commun qui est à l'avis de la Supérieure, pour savoir d'elle comme elle devra se comporter; et elle ne doit point en telle occasion craindre de nommer la défaillante,

car il est requis de la connaître pour bien la conseiller; et, en cela, ne ferait rien contre la Règle, laquelle n'entend jamais, non plus que toute autre loi, de priver personne du droit commun. Voilà ce que, selon Dieu et ma Règle, je leur puis et dois répondre. Quiconque marchera humblement et sincèrement devant Dieu ne se fourvoiera point par ce chemin

Ma très-chère fille, je vous envoie des lettres pour M. Mugnier; faites-les-lui tenir par la voie de ceux qui vous ont donné l'argent ou autrement. Il y en avait aussi pour notre Sœur de Dijon.

Quand vous aurez reçu notre livre du Père de la Rivière, envoyez-le-moi par une voie bien sûre et prompte, je vous en prie, ma très-chère fille.

Dieu soit béni!

[P. S.] Notre petit livre dont j'ai parlé, c'est pour l'envoyer au Père général des Feuillants [dom Jean de Saint-François], qui me le demande. Si le Père de la Rivière ne le fait pas tenir, écrivez-lui encore, et le pressez sans dire que c'est pour le Père général. Certes, il me désoblige de le tant garder, cela me tient en peine, car Mgr de Genève me commande de l'envoyer tout promptement, et je n'ai rien; il faut en tout patience et bénir Dieu.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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