LETTRE DXLVIII
A LA MÈRE JEAWfi-CHARLOTTE DE BRÉCHARD
SUPÉRIEURE A R!OAI
Nouvelle invitation à se rendre à Annecy pour l'assemblée des premières Mères.
vive f jiîscs!
[Chambéry], 30 avril [1624].
Ma très-chère Soeur,
II y a environ un mois ou six semaines que je vous écrivis pour savoir si vous pourriez venir en notre assemblée à Nessy. J'étais si pressée, à mon avis, que pour m'excuser d'une lettre je vous demandai si j'en devais écrire à M. l'official. Voilà que je l'envoie maintenant avec celle de Mgr de Genève, pour vous témoigner son cordial désir. Je crois que vous serez déjà toute disposée.
Certes, je désire de tout mon cœur que Dieu nous donne cette consolation. Ce voyage ne pourra faire qu'une absence d'un mois; cela est peu, et puis c'est pour un si grand bien qu'il n'en saurait arriver mal. J'appréhende seulement un peu votre faiblesse; mais Dieu vous donnera la force, s'il lui plaît, et je l'en supplie. Outre l'utilité de notre petite assemblée, vous avez encore un autre sujet de venir qui est pour amener uotre Sœur Marie-Aimée de Morville à Nessy. Je laisse à votre discrélion de l'aller prendre à Moulins, ou de lui permettre, comme elle le désire, de vous aller prendre à Riom. Je crois que le moins de détours qu'elle pourra faire sera le meilleur. Que si, par hasard, elle était conduite autrement, ainsi que vous apprendriez, vous viendriez tout droit à Lyon avec une de vos filles, et dès là vous aurez bonne compagnie, Dieu aidant, et nous ferons en sorte que ce voyage n'incommodera guère votre maison. Or il faut, s'il vous plaît, partir en sorte que vous puissiez être, s'il se peut, à Xessy, la veille
de la Penlecôle, ou au moins à Lyon, pour cire à Ncssy le mercredi d'après la fête, et nous vous y attendrons plulôl le mercredi d'après la Penlecôle que le samedi de devant.
Voilà un pelil projet qui nous donne espérance de grande consolation, et certes de beaucoup d'utilité. Dieu l'achemine selon sa sainte volonté et pour sa seule gloire! Par ma première lettre, je vous dis, cerne semble, le sujet de noire assemblée, c'est pourquoi je ne le répète pas; mais j'espère en Dieu qu'elle nous sera très-utile. Mille saluls à nos Sœurs et à tous les chers amis.
[P. S.] Si vous connaissiez qu'il fut à propos de prendre pour votre campagne notre chère Sœur la Supérieure de Moiilferrand ' , Dieu sait si j'en serais consolé'1; mais je ne l'ose proposer à M. le grand vicaire, laissant cela à votre prudence cl à la disposition que vous verrez. Venez, au nom de Dieu, ma très-chère fille, vénérer le sacré dépôt de notre saint Père, cl voir celle bénite maison de bonheur.
Conforme à une copie gardé'e aux Archives de la Visilalion d'Annecy.
LETTRE DXLIX (Inédite)
A LA MÈRE MARIE-AIMÉIS DE BLONAY
Sl'PÉAlEUtlE A LYOX
Bulle d'érection du monastère. — Nouvelles instances de madame de Chevrières pour la fondation de Mâcon. — L'assemblée des premières Mères aura lieu à la Penlecôle.
vive -j- jésus!
[Chambéry], 1" mai 1624.
[Delà main d'une secrétaire.] Je vous avais déjà écrit afin que vous nous envoyassiez l'établissement de nos Sœurs d'Avignon;
La Mère Marie- Jacqueline Compain, qui accompagna effectivement la Mère de Bréchard.
mais je ne sais si vous avez reçu la lellre. Je vous prie, ne manquez pas de nous l'envoyer ou bien de nous l'apporter. J'ai vu M. de Saint-Chamond, qui m'a parlé de la fondation de Maçon. Je lui dis que nous remettions la résolution de celle affaire après notre assemblée.
[De la main de la Sainte.] Ma très-chère fille, ma Sœur parle ici bien sèchement. Or, il est vrai que nous avons vu M. de Saint-Chamond qui s'en alla content, nonobstant que je lui dis franchement mon sentiment. Il trouva mes raisons foi les; mais néanmoins ils veulent ce qu'ils veulent, et pourvu qu'on accorde la succession des filles, il dit que, pour tout le reste, il le fera passer comme l'on désirera. Je ne sus mieux me retirer que de lui dire que nous faisions une assemblée à Nessy, à la Pentecôte, où nous traiterions celle affaire avec tout le soin qu'il nous serait possible, pour son contentement et celui de la bonne madame de Chevrières.
Ma très-chère fille, faites bien recommander ces lettres aux messagers de les laisser à Moulins en passant et [de] donner celles de Taris sitôt qu'ils seront arrivés ; vous ferez un petit paquet de la lellre el des deux papiers joints ensemble pour le Révérend l'ère général [des Feuillants], el puis l'adresserez avec la lettre à nos Sœurs de Paris. Il presse un peu ; car il a achevé la Vie de notre Bienheureux Père, et l'on commence de l'imprimer.
Notre Sœur de Grenoble est empressée pour sa fondation d'Aix. — Certes, je voudrais que nos Sœurs qui doivent venir se rendissent, s'il se peut, à Nessy, pour la veille delà Pentecôte. Ecrivez-le à la Mère de Dijon. Je sais que pour elle... [mots illisibles]. Je doute pour la compagnie que doit amener notre Sœur Jeanne-Charlotte [de Bréchard] et encore ses infirmités ; ayant fait ce que je peux, je laisse le soin du reste à Dieu. Mais pour vous, ma très-chère fille, il faut que vous soyez si absolument résolue à venir que rien que la puissante main de Dieu ne vous en empêche, et je sais que sa Bonté ne le fera pas.
Pour les hommes, je vous prie qu'ils ne le puissent, et conduisez si bien cela, s'il vous plaît, qu'il soit sans difficulté.
Je salue toutes nos très-clières Sœurs; j'écrirai en Piémont pour avoir la lettre de Mgr le prince que nos Sœurs d'Avignon désirent. Vous savez comme Dieu m'a rendue vôtre; Il soit béni!
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DL (Inédite)