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LETTRE DLVIII

AUX SUPÉRIEURES DE LA VISITATION

VENUES a ANNECY POUR LA RÉDACTION DU COUTUUIER

Elle les assure de son affectueux souvenir. — Le Cotitutnier doit être revelu de l'approbation des évoques.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy] 1624.

Mon esprit vous va suivant, mes très-chères et très-bonnes Sœurs, pour compatir un peu avec vous au mauvais temps que vous avez; cela me rend plus soigneuse de prier notre bon Sauveur de vous accompagner, comme j'espère qu'il fera. — Je vous envoie ce papier que je pense que vous aviez oublié. Il faudra, outre l'approbation du [Coutumier] que les prélats feront, qu'ils rendent témoignage de la bonne odeur que les maisons donnent, car cela servira bien. Nous essayerons d'avoir celle de Mgr de Langres, faite comme il faut, et nous l'enverrons; cela pourra aider vers les Supérieurs qui seraient un peu difficiles. Or bien, c'est l'affaire de Dieu; Il la conduira et vous inspirera à toutes la conduite que vous y devrez apporter, pour bien réussir à sa gloire et au repos et fermeté de celte pauvre petite Compagnie.

Je me suis oubliée de dire à notre très-chère Sœur la Supérieure de Riom que si notre Sœur AI. A [de Alorville] ne se v. 21

veut ranger à son devoir, et que Mgr d'Aulun nous abandonne en cela, qu'il lui faut dire franchement que nous aurons notre recours au droit commun que notre Bienheureux Père nous a laissé pour telle nécessité, et que l'on s'adressera à Mgr le Nonce, afin que par son autorité elle soit rangée à vivre doucement en la jouissance de ses privilèges, et selon la modestie due à sa condition et au lieu où elle demeure. — Or sus, mes très-chères et bonnes [Sœurs] , je vous embrasse derechef en esprit. Conservez-moi au milieu de votre cœur, et je vous assure que je vous porte toutes très-tendremeut au milieu du mien, et ne cesserai de vous aimer uniquement et de prier pour vous. Faites le même pour moi, je vous en conjure, afin que Dieu me fasse miséricorde, et que je parvienne à Lui. Faites mes excuses à toutes nos Sœurs auxquelles je ne fais point de réponse , surtout, s'il vous plaît, à notre Sœur l'assistante de Moulins.

Conforme à l'original gardé aut Archives de la Visitation d'Annecy,

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