A MADAME LA COMTESSE DE TOULOXJOX
SA FILLE
La Sainte se réjouit de la naissance d'une petite-fille. — Nouvelles du baron de Chantai. — Affectueuses recommandations.
vive -J- JÉSUS !
Annecy, 1G24.
Ma pauvre très-chère fille,
Je loue Dieu qui vous a donné un si heureux accouchement d'une chère pelite fille, qui me fait espérer qu'un jour, Dieu aidant, son nom y aura quelque part. Sa douce Bonté répande sur vous toutes ses saintes bénédictions !
Vous aurez su, ma très-chère fille, le surcroît d'affliction qui est arrivé à votre pauvre frère, par la mort de leur petit; mais s'il est mort après le baptême, comme je l'espère de la bonté de mon Dieu, il y a plus de sujet de consolation que de tristesse. Je pense que ses affaires traîneront à la longue. Dieu par sa douce bonté y donne une heureuse issue, et à vous , ma trèsbonne et chère fille, tout le contentement que je vous souhaite, mais surtout la grâce de vivre et mourir en l'amour et sainte crainte de Notre-Seigneur. Ma fille, vous me promettez toujours beaucoup, et je prie Dieu que vous le fassiez ainsi.
Je salue très-chèrement mon fils votre mari que j'honore et chéris de tout mon cœur, et M. votre beau-frère. Mais devant tous, je salue M. de Toulonjon ', et mes deux chères petites ; je les baise et embrasse très-tendrement. Ma Sœur [Favre], qui s'en retourne à Dijon, m'a dit que vous lui vouliez donner mon nom : j'en serai bien aise, pourvu que mon fils le trouve bon, et que vous n'ayez personne que vous désirez gratifier de cette alliance..
1 La Sainte parle ici agréablement de son petit-fils encore au berceau.
Bonsoir, ma très-chère fille; je retourne à Chambéry bientôt, puisque ma Sœur retourne à Dijon. Vous savez quel est mon cœur pour vous, ma très-chère fille chérie.
Dieu soit béni!