‹ Lettres (volume 3)Chapitre 305 sur 351 · A LA SOEUR MARIE-ADRIENNE FIGHET · texte numérisé non relu

A LA SOEUR MARIE-ADRIENNE FIGHET

ASSISTANTE A CHAMBÉRÏ

Réception de deux prétendantes. ■— Il ne faut se réjouir que dans le Seigneur,

vive •{• jésus!

[Annecy] 17 mai 1625.

Ma très-chère fille,

Oui, il faut recevoir à cœur et bras ouverts celte chère fille de Beaufort, et au plus tôt, car c'est une fille de l'élection éternelle; mais ne faites pas ce jugement qu'elle a plus d'esprit et de jugement que sa sœur; car, outre que je n'en crois rien, il ne faut pas juger si promptement, ni si absolument. Je ne me souviens point de cette fille de Moùtiers; mais si elle est brave et digne de gratification, il la faut prendre; si elle n'est riche pour Chambéry, nous la mettrons ailleurs. Je fais la bienvenue à madame de Vaudan, et salue toutes nos chères Sœurs.

Ma fille, ayez tant que vous pourrez Dieu devant vos yeux, et tenez votre âme très-humble, tranquille et douce, avec une gravité sainte et rabaissée. Portez toujours toutes les bénédictions et toutes sortes de biens à Celui dont tout bien procède, et gardez-vous de vous réjouir vainement, ni de la prospérité spirituelle, ni des satisfactions et bienveillances de qui que ce soit, car ces choses sont précieuses et doivent être honorées, mais rapportées à Dieu seul, duquel tout bien vient.

Je vous prie, faites saluer souvent madame la marquise de notre part, et M. et madame de Challes, M. et madame d'Avisé, laquelle j'aime parfaitment , madame de la Val-

d'Isère, de la Forêt, notre chère sœur madame d'Aiguebelette, de Rohan, aux Pères Jésuites de notre connaissance, et enfin toutes les amies et amis, surtout notre cher M. Maurice, madame de Monthoux et M. Berger. J'embrasse en esprit celui de toutes nos chères Sœurs et le vôtre. Dieu répande son esprit sur toutes! Amen.

Dieu soit béni!

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCXXIV (Inédite)

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