‹ Lettres (volume 3)Chapitre 309 sur 351 · LETTRE DCXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE DCXXXI

A LA HÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOXAY

SUPÉRIEURS \ LYON

Détails concernant les Épitres de saint François de Sales.

vive -J- JÉSUS !

[Annecy] 7 juin [1625].

Vraiment non, ma très-chère fille, je ne trouverai nullement bon de faire imprimer les lettres de ce bon M. Feydeau, et même vous ferez bien de retrancher les lettres de compliments, s'il y en a trop; car il en faut laisser quelque peu à ce que l'on dit, afin que l'on voie le bel esprit de ce Saint en tout. Je voudrais encore que vous prissiez garde, s'il y en a d'autres où il n'y ait rien de remarquable, que Ton les retranchât. Il me semble que parmi les dernières que j'ai reçues il s'en pourrait ôter quelques-unes. On les a laissées à cause de quelques points de l'Institut; elles sont au livre de l'Institut, voyez-le et [l']accommodez. C'a toujours été mon sentiment que l'on mît le livre des lettres des Papes le premier; c'est un ornement au livre que [ce] beau rencontre-là.

Vous aurez déjà vu, ma plus que très-chère fille, que c'était à mon insu qu'on fermait mes lettres. Quand on le fera par mégarde, ouvrez-les; car si je n'écris quelque chose fort secrète de la conscience, je suis consolée que vous sachiez tout ce que je dis et écris; car je voudrais que vous vissiez même jusqu'au fin fond de mon cœur. Or, quand je ferai fermer quelques lettres parla raison susdite, je vous dirai que vous ne l'ouvriez pas.

J'ai répondu à M. Michel [Favre] le mieux que j'ai su [selon] vos demandes. Non, je vous prie, ne vous retranchez point de m' écrire; c'est ma consolation. Pour pressée que je sois, il faut

que je voie toujours vos lettres sitôt que je les ai reçues; pas une autre n'a ce privilège, sinon quand je peux. Dieu a mis sa bénédiction en la confiance et amour qu'il amis en nos cœurs; qu'il en soit béni 1 N'appréhendez point ma peine. — Voyez ce que j'écris à Avignon. Enfin, ces pauvres filles me font pitié et me conjurent d'aller à elles, et la Mère de Marseille m'écrit que je le dois faire. Il faut tâcher de savoir ce que Dieu voudra en cela, et puis, moyennant sa grâce, nous le ferons, et II donnera telle bénédiction à notre bonne volonté qu'il lui plaira. Mille grands mercis d'avoir si bien accompli nos commissions; nous renverrons l'argent par le marchand, s'il s'en veut charger. Je salue chèrement M. Brun; je me tiens fort obligée à sa bonté du soin qu'il a des Epîtres; car si bien je me suis dépouillée du profit et de l'honneur ' de ce peu de travail que j'ai eu à les assembler, si ne le suis-je pas de l'affection que tout aille bien et que Dieu en soit glorifié en son Saint.

Je salue très-chèrement nos Sœurs et votre chère âme, et aussi le Révérend Père Fourier.

Dieu soit béni! 7 juin.

[P. S.] Vous verrez comme nos pauvres Sœurs d'Avignon nous désirent. J'écris pour cela au Révérend Père Maillan. Certes, ma très-chère fille, je ne désire nullement d'y aller, s'il n'y a vraie apparence de profit. Ne fermez pas les deux lettres des prélats, car je désire que notre. Sœur la Supérieure de Paris les voie. Faites-nous savoir si vous aurez reçu ce paquet; et si vous pensez que le messager soit plus assuré que la poste, donnez-le-lui. Ma très-chère fille, mettez à la poste les lettres pour Paris, car elles sont pressées à cause de l'affaire de notre saint Père. Il les faut sérieusement recommander pour leur

1 Sainte de Chantai avait cédé l'un et l'autre à M. le prévôt Louis de Sales , sous le nom duquel les Epîtres parurent.

importance. Faites prier pour notre archevêque [de Bourges], qui va faire son voyage [d'Italie].

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.

LETTRE DCXXXII {Inédite)

A LA MÊME

Au sujet de la réception d'une postulante.

VIVE f JÉSUS !

[Annecy] 22 juin 1625.

Mon Dieu ! ma très-chère fille, que cette personne dont l'on m'a parlé de votre part a des conditions et une conduite mal convenables pour nous! Certes, je la chéris; mais jamais je ne l'ai su goûter. Si elle demeure en après [auprès] de vous, je crains que le respect et l'estime dus ne se perdent, qui serait un plus grand mal qu'il ne se peut dire. Dieu y pourvoie par sa douce bonté ! Pensez-y de loin. Il faut que les Supérieurs soient toujours sur leurs gardes pour empêcher que telles personnes ne prennent trop d'autorité, et ne se mettent à censurer et contrôler toutes choses.

Le Père quia vu les Entretiens estime que ce sera un livre très-utile et cligne de l'auteur. Tenez main afin que les Épîtres ne traînent point. Tout le monde [grille] du désir de les voir. M. Michel m'a dit qu'il ne travaille pas diligemment et que la besogne traînera jusqu'à la Toussaint. Cela serait bien [fâcheux]. Dieu conduise tout et nous comble de son pur amour! Il soit béni ! ma vraie fille.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCXXXJII (Inédite)

Page 1