A LA SOEUR HÉLÈNE-ANGÉLIQUE LHUILLIER
ASSISTANTE AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS
onsolation qu'éprouve la Sainte de la régularité des Sœurs de Paris. — S'adonner à la pratique des solides vertus.
vive f j^sus!
[Annecy] 22 juin 1625.
Mon Dieu! ma vraie fille très- chèrement aimée, la grande consolation que je reçois de voir nos saintes Règles si ponctuellement observées en votre chère maison. Dieu en soit béni, et de ce qu'il plaît à sa bonté répandre tant de grâces sur nos chères Sœurs, et surtout sur la bonne Mère! Ce m'est une grande douceur de savoir celle chère âme s'avancer ainsi es vraies vertus qui nous sont si particulièrement nécessaires; et pour vous, ma très-chère âme (je dis ce mot avec un vrai sentiment d'amour), pour vous, dis-je, ma très-chère fille, je ne me puis peiner de tout le mal que vous me dites de vous, parce que votre bonne Mère, qui vous connaît très-bien, se contente entièrement. Dieu veut que vous viviez au-dessus de vousmême, et que vous cheminiez en votre voie sur la pointe de votre esprit, que ce centre ou l'extrémité de votre âme se tienne uni à Dieu sans goût ni satisfaction, et que cela vous suffise avec les bonnes opérations des actes de vertus, selon les occasions que la Règle marque. Voilà votre train, ma très-chère fille; vivezjoyeuseavec cela, et priez toujours pour moi qui suis vôtre, en la façon que Dieu sait. Il soit béni éternellement, et de vous avoir rendue toute mienne en son saint amour ! Mille saluts à toutes nos très-chères Sœurs, à part, à nos trois anciennes.
Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Paris.
LETTRE DCXXXIV
A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOXAY
SUPÉRIEURE A LYO.\
Omission faite au Recueil des Lettres de saint François de Sales.
VIVE -|- JÉSUS
[Annecy] 25 juin [1625].
Ma très-chère fille,
Faites tenir promptemeiit ces deux billets à Moulins, et faites prier Dieu pour cette affaire. Je n'ai loisir de vous rien dire pour ce coup, sinon que j'ai grande peine à me résoudre à la mortification que j'ai, de ce que l'imprimeur n'a pas mis, au litre des Epîtres, que notre Bienheureux Père était noire Fondateur et Instituteur. Certes, ma très-chère fille, je ne puis digérer cela. Il était ainsi dans l'exemplaire qu'on lui a envoyé, pourquoi l'a-t-il retranché? Je ne suis pas marrie que l'on aitôté le nom de Bienheureux puisque les Pères l'ont trouvé à propos1; mais celui (['Instituteur (le notre Ordre, je ne le puis souffrir, et vous prie, ma très-chère fille, qu'il relasse cette feuille. Voyez-vous, j'ai cela à cœur, et il nous importe. Bonsoir, mon enfant, ma très-chère fille.
Dieu, soit béni! Amf\.
Conforme à l'original garde aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 Par respect pour la Bulle d'Urbain VIII, qui défend de donner aux défunts le litre de Bienheureux avant que la sainte Église ait prononcé.
LETTRE DCXXXV (Inédite)
A MONSIEUR L'AVOCAT PIOTOX
A ÉVIAN
Préparatifs pour la fondation d'Évian.
VIVE -f- JKSUSÎ
Annecy, 28 juin 1625.