A LA SOEUR CATHERINE-CHARLOTTE DE CRÉMAUX DE LA GRANGE
ASSISTANTE A LYOV
S'abandonner à la divine Providence , sans inquiétude pour l'avenir.
VIVE -J- JÉSUS
[Annecy, 1625.]
Oui, ma Irès-chère fille, je vous prie, ayez bien soin de cette pauvre petite Mère, et lui faites bien tenir mesure de marcher, car vraiment elle en a besoin. Quant au surplus, ma chère fille, ne vous chargez point du souci de ce qu'elle deviendra ; c'est chose difficile à savoir. Pour moi qui n'entre pas si avant dans les desseins de Dieu, et qui n'ai pas de si longue prévoyance, je vois bien que c'est voire cœur filial qui ne peut retenir les bouillons de son amour envers celte chère Mère. Certes , je le vous pardonne de bon cœur; mais ne vous amusez plus à cela, ains laissez-vous et toutes choses sans réserve au soin et à l'amour de notre bon Père céleste.
Cette Sœur T. F. est fâcheuse; il faut mépriser ce qu'elle dit et ne faire semblant de le voir toujours, et enfin, au lieu d'avertissements, lui fair^ au bout d'un temps dire ses fautes et lui donner bonne pénitence, après toutefois que la Supérieure l'aura avertie en particulier de se déporter de telle façon. Adieu, ma très-chère fille.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.