‹ Lettres (volume 3)Chapitre 330 sur 351 · A LA MÈRE MARIE-ADRIENNE FIGHET · texte numérisé non relu

A LA MÈRE MARIE-ADRIENNE FIGHET

SUPÉRIEURE A RUMILLY

S'abandonner sans mesure à la douce bonté de Dieu.

vive f jésus!

[Annecy, 1626.]

Que mille et cent millions de bénédictions célestes soient répandues sur le cher cœur de ma très-bonne fille et de tous ceux que Dieu lui a conjoints. — Je ne sais que dire à votre tant cordiale lettre, sinon qu'à mon avis je vois que tout ce que vous me témoignez de votre amour est écrit en grosses lettres dans votre cœur. Soyez aussi assurée de ma fidèle correspondance; je ne puis varier, ni m'empêcher jamais de vous aimer d'un amour parfait et plein de confiance. — Je vous écrivis un billet le jour de l'an.

Mon Dieu ! ma très-chère fille, ayez un grand courage pour vous tenir au-dessus de toute cette multitude de pensées : ce sont des tentations que l'ennemi vous présente pour vous troubler, et que Dieu permet pour vous exercer et faire que tout à fait vous abandonniez à sa douce Bonté le soin de vous-même, sans plus rien craindre ni désirer, sinon de faire tout ce qui se présentera pour son amour. Méprisez les mépris que l'on fait

de vous, et aimez les méprisants. — Communiez hardiment en votre besoin, avec humilité et confiance. — Encouragez doucement notre Sœur A. -Bénigne [Grossy] ; elle fera prou avec le temps. Soyez paisible, bonne et joyeuse. — La bonne madame de la Fléchère m'écrit la grande confiance et amour qu'elle a en vous; je vous la recommande. — Adieu, ma toute chère fille. Dieu soit béni ! Ecrit sans loisir.

[P. S.] Dites à notre Sœur votre nouvelle assistante qu'il ne faut que l'esprit d'une très-humble générosité pour bien faire sa charge. Je la salue et toutes nos Sœurs.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

LETTRE DCXCV

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