‹ Lettres (volume 3)Chapitre 334 sur 351 · LETTRE DCCX · texte numérisé non relu

LETTRE DCCX

A LA SOEUR ANNE-MARIE DE LAGE DE PUYLAURENS

ASSISTANTE ET MAITRESSE DES NOVICES A BOURGES

Elle lui recommande de ne considérer que Dieu en la personne de ses Supérieurs et de lire les Ecrits de saint François de Sales,

vive •{• JÉSUS !

[Annecy], 30 mars [1626].

Je serais du tout fâcheuse, ma très-chère fille, si je n'agréais avec suavité les témoignages de votre tant sincère affection envers moi; certes, je les reçois de hon cœur, et vous supplie, ma fille, de me continuer cette sainte dilection; surtout employez-la, je vous conjure, à impélrer de la divine miséricorde mon parfait amendement. Si Dieu veut que nous nous revoyions, Il le fera; laissons-lui le soin de cette consolation.

Ma fille, je ne vois pas que ce manquement de confiance dont vous m'écrivez, produise aucun mauvais effet; cela me fait penser qu'il ne procède que de quelque insatisfaction que votre inclination naturelle a de l'extérieur de la Mère, laquelle, en vérité, est une came toute vertueuse, en laquelle l'Esprit de Dieu habite et ne laisse de l'aimer et favoriser de beaucoup de grâces. Ma fille, assurons-nous fermement que Dieu nous conduira toujours selon son bon plaisir par nos Supérieurs, et partant, ne regardons en eux que sa divine Majesté, et en toute simplicité sans nous amuser à nos sentiments, inclinations et pensées, obéissons fidèlement et de bon cœur : l'obéissance rendue de cette sorte est celle qui est la véritable vertu ; et bien souvent celle que nous rendons à nos Supérieurs, [lesquels] ont de certaines qualités qui nous plaisent, est totalement vide et sans mérite.

La bonne Mère vous a très-bien conseillée, vous faisant jeter tous vos soins dans le sein de la divine Providence : demeurez

là en repos, et faites bien l'exercice d'union à la volonté divine, recevant et faisant tout pour son saint bon plaisir. Conduisez-vous en votre oraison par l'avis de votre Supérieure; car elle entend fort bien ces voies-là. Je lui réponds [au sujet] de la novice. Soyez toute courageuse, ma fille, et que votre respect et obéissance à la Règle écrite, et à la vivante qui est la Supérieure, vous rendent une lumière à toutes les autres Sœurs que je prie Dieu de bénir avec vous. Lisez bien les écrits de notre Bienbeureux Père. Certes la vie de l'âme y est; Dieu nous fasse la grâce d'en bien profiter! Je suis toute vôtre en son amour. Il soit béni !

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Poitiers.

LETTRE DCCXI

A LA MÈRE MARIE-HÉLÈNE DE CHASTELLUX

Sl'PlilllEIRE A AUTUN

La considération des mystères de la vie de Xotre-Seiyneur est un puissant moyen de déraciner l'amour-propre.

VIVE -j- JÉSUS !

Annecy, dernier mars [1626].

Ma chère et bowe fille,

Je ne voulais plus vous écrire devant notre départ, mais votre toute cordiale lettre requiert encore ce billet. Croyez-moi, je vous corresponds sincèrement, je chéris votre âme, laquelle j'ai toujours aimée de tout mon cœur, et l'aime toujours mieux à mesure que je la vois s'avancer au saint amour de Notre- Seigneur, et en la pratique de la parfaite douceur et support du prochain. Continuez et accroissez, je vous en conjure; vous en avez d'autant plus de sujet que nos Sœurs sont si bonnes. — Tâchez de faire cheminer cette bonne Sœur novice par la considération des mystères de la vie et passion de \otre-Seigneur,

afin de lui faire déraciner ce puissant araour-propre qui lui fait chercher partout sa propre satisfaction et complaisance.

Quand vous verrez M. et mademoiselle de la Curne, je les salue chèrement, avec espérance de les voir, Dieu aidant. Priez fort toutes pour nous, afin que Dieu soit glorifié en ce voyage. Qu'il soit béni, et qu'il vous bénisse avec toutes nos chères Sœurs, à part notre Sœur qui m'a écrit! Je n'ai loisir de répondre. Dieu soit notre tout !

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

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