A MONSEIGNEUR JEAN-FRANÇOIS DE SALES
KVÊQUE DE GENÈVE
Désir des Sœurs d'tfmbrun au sujet de la Mère de Châtel.
VIVE \ «sus!
[Annecy, avril 16-26J.
Monseigneur,
Voilà, grâce à Dieu, la pauvre Sœur de Châtel hors des périls de son voyage, à force d'avoir fait de grands détours avec des peines extrêmes ; mais ces peines ne sont [pas] inutiles, puisqu'elle vous a, par la grâce de Dieu, obéi et évité les insolences insupportables de ces misérables huguenots. Elle a passé vers nos Sœurs d'Avignon, ainsi qu'il vous a plu le trouver bon; elle est arrivée à Embrun, d'où elle nous a envoyé un messager exprès, pour savoir si nous trouverons à propos qu'elle mette pour Supérieure là une Sœur qu'elle nous nomme. Les filles delà désirent infiniment que vous ayez agréable, Monseigneur, de permettre qu'elle s'arrête là quelques semaines ; mais, comme je sais votre volonté et le besoin de celle maison, je leur dirai qu'elles nous excusent. Toutefois, s'il vous plaisait, Monseigneur, pour environ trois semaines, je ne pense pas qu'il apporterait point d'intérêt, [que cela ferait tort] à celte maison. Mais il faut donc que je sache quand vous partirez pour votre visite, afin qu'elle soit ici auparavant.
Bonjour, mon très-cher seigneur ; Dieu remplisse votre âme des fruits de sa sainte Passion !
Conforme à une copie gardée aux Archives de la Visitation d'Annecy.
LETTRE DCCXVII
A LA MÈRE PÉRONNE-MARIE DE GHATEL