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LETTRE DCCXXIX

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE

SUPÉRIEURE A DIJO.V

Les Religieuses de la Visitalioa doivent chercher leurs règles de direction dans les enseignements de-saint François de Sales. — Retour de Lorraine.

VIVE -[- JÉSUS

[Pout-à-Mousson], 29 juillet [1626].

01) ! ma très-chère grande fille, c'est le train que nous devons tenir que celui-là, de ne guère chercher d'avis hors de nos instructions, sinon en certains cas extraordinaires qui arrivent rarement : voilà tout mon désir que nous nourrissions nos âmes de la viande solide que noire très-saint Père nous a mâchée. Oh! que nous serons heureuses si nous demeurons fermes en celte pralique! Inculquez fort celle affection à vos filles; car, véritablement, c'est l'unique moyen de conserver la paix de leur cœur, et de les faire devenir des vraies servantes de Dieu et filles de leur incomparable Père. Nous en parlerons à souhail, Dieu aidant, et de tout le reste; car le bon Père provincial a loujours ses pensées '. Certes, il nous oblige fort de celte si grande affection qu'il a pour noire chère Congrégation; il faut grandement recommander cela à Noire-Seigneur; car c'est de Lui qu'il nous faut allendre tout noire bien. Nous en parlerons, cl je serai extrêmement aise de pouvoir voir et parler à voire bon Mgr de Langres.

Je n'ai point trouvé dans notre paquet la lettre de notre cher archevêque [de Bourges], qui se rend tous les jours meilleur. Le grand Dieu le tienne loujours de sa main toute-puissante.

Je n'ose absolument contredire notre très-bonne Sœur de

1 Le Révérend l'ère Biiiet aurait désiré que la Visitation adoptai un Visiteur général.

622 LEtTRES DE SAIXTE CHÀNÏÀL.

Vigny qui m'écrit si résolument qu'elle nous veut venir prendre à Bourbonne [-les-Bains], qui est à dix-huit lieues par deçà Dijon, et où, Dieu aidant, en tout sans faillir nous irons coucher le 4 septembre. Il n'en est nulle nécessité; car, soit en carrosse ou en litière, l'on nous fera fort bien conduire jusqu'à Dijon. Je laisserai donc conduire cela à votre volonté, ma très-chère fille ; et en attendant cette douce consolation de vous voir, je prie Dieu vous combler de son saint amour, auquel je suis toute votre sans réserve.

[P. S.\ Faites prier pour une affaire importante à notre Institut.

Conforme à l'original garde aux Archives de îa Visitation d'Annecy.

LETTRE DCCXXX {Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLOXAY

srjrihtiEi'RE a lyo\

Admirable obéissance de la Sainte; elle passera procbainemenl à Lyon.— -Gomment tenir les âmes dans l'humilité.

[Pont-à-Moussou], 30 juillet [1626].

Dieu soit éternellement béni, ma très-bonne et vraiment très-chère fille! lime semble que sa douce Providence sur nous nous oblige à cela tout à fait, et à nous rendre tous les jours plus affectionnées et attentives à Lui plaire amoureusement, par une très-humble et fidèle soumission à tout ce qui Lui plait et qu'il désire de nous. Croyez-moi, ma fille, qu'il ne me sera pas moins agréable qu'à vous de demeurer le plus que je pourrai avec vous et nos chères Sœurs que j'aime tant; mais il faut que ce soit sous le bon plaisir de votre bon Supérieur, qui ne vous refusera pas; mais, je vous prie, ne lui pas demander, sinon qu'il

vous l'ait suggéré; car, ma fille, je ne désire nullement par aucun moyen tirer la volonté de mon Supérieur à mes inclinations : j'aime infiniment la pure obéissance, et rien ne me peut contenter que cela. Dieu mêlasse la grâce de réduire ces désirs en effets.

Vous avez maintenant reçu mes dernières [lettres], qui répondaient à [la] vôtre précédente. Nous n'avons commodité de vous écrire que tous les mois; je le fais soigneusement, et, bien que j'espère que nous partirons pour notre retour le 1er septembre, je ne laisserai de vous écrire par le messager qui part ce même jour aussi pour aller à Dijon ; mais je crois qu'il y sera plus tôt que nous, afin de vous mieux assurer le tout, moyennant la divine grâce. Je me porte bien, Dieu merci, sinon mes yeux qui ne veulent pas que j'écrive ni lise longtemps. Cela, avec l'espérance de vous voir, me fait exempter d'écrire à notre bonne Sœur F. M. de Ruffy; car, Dieu aidant, nous nous verrons à loisir. Vous faites bien de négliger un peu ces petites opinions que ces bonnes âmesontde leur grande oraison ; quand bien la chose serait vraie, cela leur fait grand bien pour les humilier. Que ce me sera de consolation de voir cette àme si simple et vraiment humble! c'est un trésor chez vous. Dieu fasse la grâce à notre chère fille A. F. de persévérer constamment en sa sainte entreprise ; elle sera bénie si elle le fait. Je me réjouis aussi bien fort de voir votre bon Père Maillan. Faites-moi ce bien de nous recommander à ses prières. Je salue toutes nos très-chères Sœurs; qu'elles prient pour mes nécessités, je les en conjure, et surtout leur bonne Mère qui est ma très-chère fille. Dieu vous remplisse toutes de son Esprit et soit béni! Amen.

Faites prier de bon cœur pour quelque affaire qui touche notre Institut.

Conforme à une copie de l'original gardé au premier monastère de la Visitation de Marseille.

62 i LETTRES DE SAINTE CHAXTAL.

LETTRE DCCXXXI

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE A LYON

Projet de publier les OEuvres de saint François de Sales eu un volume. . vive -j- jésus!

[Pont-à-Moussonj. lu août [16*26].

Si ce paquet pour le Piémont tombe entre vos mains, ma très-chère fille, envoyez-le promplement et sûrement à nos Sœurs de Chambéry. J'espère vous voirie mois prochain ', Dieu aidant, que je supplie vous combler de ses plus riches grâces. Amen. Nul loisir d'en dire davantage; mille saluts à nos Sœurs.

[P. S.] Je vous prie, faites corriger les Epîlres par quelque esprit propre à cela. M. Rigaud a écrit à Mgr de Genève qu'il voulait imprimer toutes les OEuvres de notre Bienheureux Père, en un volume. Cela serait fort bien, et je le désirais il y a longtemps.

Conluime à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.

1 La Bienheureuse Fondatrice quitta en effet Ponl-à-Mousson le 1er septembre J(j2G, et, après s'être arrêtée à Dijon, se rendit à Aulun, puis à Alonne, où son fils le baron de Chantai était accouru de Paris pour lui présenter sa jeune femme, Marie de Coulanges. En quittant Alonne, la Sainte visita la petite communauté de Paray, qui était en butte à toutes les difficultés d'un commencement, et se rendit ensuite à Lyon, où elle était désirée depuis si longtemps.

LETTRE DCCXXXII

A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

SUPÉRIEURE A RIOM

Annonce d'un secours pécuniaire.

VIVE j JÉSUS !

17 ocfobre [1626L

Ma très-chère fille,

Ce mot seulement. Nous avons trouvé ici cinq cents écus que nos Sœurs de Belley.nousy ont fait lenir, qu'elles nous devaient. Je désirerais vous les laisser tous; mais l'extrême nécessité de nos Sœurs d'Evian nous en fait retrancher cent écus pour elles. Puis, nos Sœurs de Nessy m'ont écrit que tout ce qu'elles ont pu amasser, c'est deux mille francs, et il nous en faut trouver d'abord pour le moins six mille pour les affaires de notre Bienheureux Père, de façon, ma très-chère fille, que nous ne sommes pas en petite peine de ce côté-là; mais ma confiance est en Dieu, qui nous pourvoira pour une œuvre si sainte. Faites donc pourvoir d'une voie assurée pour vous faire porter les six cents écus qui sont ici de Nessy et Marseille.

J'en ai écrit à la bonne Mère qui ne fait pas de son abondance , car elle les a empruntés.

J'espère de vous voir l'année prochaine; celle fois, il a été impossible. Je suis vôtre en Noire-Seigneur, d'une affection incomparable. — M. de la Curne est toujours meilleur et invariable en sa dilection pour nous.

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy,

[Chambéry, 1626.]

LETTRE DCCXXXIII (Inédite)

A LA MÈRE MARIE-AIMÉE DE BLONAY

SUPÉRIEURE A LYON

Départ du Père général des Feuillants pour Lyon. vive f JÉSUS !

Ma très-chère fille,

Voilà notre très-bon et très-cher Père général [des Feuillants] qui s'en va à Lyon, où il demeurera fort peu. Je vous prie de le bien faire assister. Notre chère Sœur la Supérieure d'ici l'a fait nourrir tout le temps qu'il y a séjourné, de quoi ce digue serviteur de Dieu témoigne une reconnaissance nonpareille. Il s'est fort remis par ce moyen, dont je loue Dieu. 11 nous a promis de remettre la main à la Vie de notre Bienheureux Père \ Il fera, comme j'espère, une œuvre fort accomplie.

Au reste, tout va très-bien ici, grâce à Dieu, et à Belley. Souvenez-vous de nous bien dresser notre Sœur M. -Elisabeth, car si Mgr n'a bien fort résolu que notre Sœur de Dijon ira en Piémont, je crois que nous l'y emploierons ; mais, je vous prie n'en point parler, non plus que de mes secrets que je vous ai tous dits si simplement. Adieu, bonsoir. Nous partirons mercredi, Dieu aidant, pour être à Nessy au moins vendredi. Je salue toutes nos Sœurs que j'aime de cœur, et vous, ma fille, du fin meilleur de mon cœur, qui est infiniment vôtre, dont II soit béni !

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.

1 Dès l'année 1624, dom Jean de Saint-François avait fait paraître la Vie du Bienheureux Evêque de Genève; d'après ce que dit sainte de Chantai, il travaillait à une seconde édition.

LETTRE DCCXXXIV (Inédite)

A LA MÈRE ANNE-CATHERINE DE BEAUMONT

SUPÉRIEURE AU PREMIER MONASTÈRE DE PARIS

Prétention mal fondée de la Sœur de Morville. — La Sainte ne peut se charger du gouvernement particulier d'aucuu monastère.

VIVE -J" JÉSUS.'

Chambéry, 3 novembre [16261.

MA TRÈS-CHÈRt FILLE QUE j'm.ME DE TOUT MON COEUR,

Je viens de recevoir voire lettre du mois passé. Courtenieiit je vous dis qu'au nom de Dieu l'on traîne notre Sœur Marie- Ain iée [de Morville] en longueur, et avec peu d'espérance de sa prétention. N'est-elle pas aveuglée, cette pauvre créature, et tout à fait digne de compassion? De retirer sa fondation de Moulins, c'est chose impossible; mais je verrai si le retardement de la fondation de Carmagnole se pourra continuer, et si, par ce moyen, nous pourrons aller jusque-là. Seigneur Dieu! ma fille, qu'il est heureux qui craint sa divine Majesté, et quitte soi-même pour le suivre et son divin vouloir!

Vous et vos Sœurs me faites trop d'honneur en votre proposition '; mais je vous dirai simplement que mon désir est de

1 Sachant que sainte de Chantai était déposée, la Mère de Beaumont aurait désiré lui faire accepter le gouvernement du second monastère de la Visitation qui venait de s'établir dans la capitale. Voici comment les anciens Mémoires racontent cette fondation : « Quand par le séjour que notre digne Mère de Chantai fit à Paris, l'espace d'environ trois ans, notre manière de vie étant connue, elle fut si goûtée en sa simplicité, humilité et pauvreté, que plusieurs personnes souhaitèrent qu'il y eût encore un de nos monastères dans cette fameuse ville. Madame la marquise de Dampierre, désirant que ce bon œuvre s'accomplit par son moyen, présenta six mille écus, elle contrat de la fondation fut passé. Mgr de Paris tout nouvellement sacré évêque, pour favoriser madame de Dampierre, lui donna toutes les permissions nécessaires de sa propre autorité, sans vouloir que la chose

ne plus me charger de maisons particulières. J'en parlerai toulefois à Mgr de Genève, et toujours je me rangerai à la volonté de Dieu qui me sera connue, moyennant sa sainte grâce. A peine jamais notre bon prélat ne consentira que j'établisse une demeure hors de Nessy. Pour revoir les maisons, si elles le désiraient, je crois qu'il le pourra permettre si on l'en presse; il faut que je me résolve de le lui dire. Dieu fasse en tout son saint plaisir! Je suis tout entièrement vôtre.

Dieu soit béni et vous rende selon son cœur! Amen. Nous partirons demain, Dieu aidant, après avoir fait une profession '.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Toulouse.

LETTRE UCCXXXV (Inédite)

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