A LA MÈRE MARIE-ADRIENNE FICHET
SfPKRIEVRIÎ A RIMIUY
Le voyage de Piémont est retardé. — II faut garder son cn?ur libre de tout ce qui
n'est pas Dieu.
vive f jésus!
[Annecy] , l«r décembre [1626].
Ma très-chère fille,
Nous ne partirons pas si soudainement que nous pensions : notre Sœur Favre ne sera ici de sept à huit jours. On fait ce que l'on peut pour m'excuser de ce voyage. Encore ce matin, nous avons fort écrit, Mgr et moi, pour cela, en Piémont. Nous attendrons les réponses, et peut-être le départ sera remis au printemps, parce qu'en ces allées et venues le bon temps s'en va et le froid s'approche.
Voyez mon livre le plus tôt que vous pourrez, puis me le renvoyez; car je le redemande exprès pour le porter en Piémont, si nous y allons. C'est une chère compagnie qui ne me quittera plus. — Nous aurons le soin de faire apportera Lyon l'argent de mademoiselle d'Yvoire , puis nous vous donnerons le surplus pour aider à payer madame la comtesse de la Vald'Isère. — Notre plan ne sera pas changé, car il est très-bien, et vous pouvez d'assurance faire faire votre puits. Quant aux pierres du château, il n'en faut faire nul bruit. Ces bons messieurs veulent obliger des choses qui ne leur coûtent guère.
Soyez joyeuse et généreuse et toute douce et tranquille; mais je vous en prie. Je veux bien que vous aimiez l'amour que je vous porte, certes, car il est bon, fidèle et entier, mais ne vous y amusez pas. Pour récompense, donnez-moi une communion générale, afin que je dépose bien de notre Bienheureux
Père '. Adieu, ma très-chère fille, et h toutes nos Sœurs. Dieu vous remplisse de lui-même.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy,
LETTRE DCCXLVII {Inédite)