LETTRE LXVI
A LA MÈRE MARIE-JACQUELIXE F^VRE
SUPÉRIEURE A LYON
Quelques détails sur une indisposition de saint François de Sales.
[Annecy], ce 28 mai [1616].
Ce n'est pas pour vous écrire, ma très-chère fille, puisque le
départ de cet honnête homme me surprend ; ce n'est simplement que pour vous donner le bonjour de très-grand matin avant que d'être habillée, et vous assurer que notre très-bon et cher Seigneur se porte bien, autant toutefois que le peut permettre le mal qu'il a eu, lequel fut court, mais très-dangereux : c'était une 'grande inflammation de gosier dans lequel on craignait qu'il se formât un apostème qui l'eût peut-être étranglé; vous pouvez penser, ma fille toute chère, si cela me fut une nonne mortification en ma solitude. Oh! Dieu soit béni, qui me maintint sa paix parmi tant de douleurs; Il nous l'a conservé et le conservera longues années, s'il lui plaît. Je vous écrirai grandement à la première occasion, car j'y prends plaisir quand je le puis faire. Cependant, que ce mot soit aussi pour réponse à M. Michel, mon cher bon fils, auquel (et à cette chère âme que vous avez nouvellement auprès de vous) je ne puis écrire, mais je les salue de toute l'affection de mon cœur, avec vous et toutes nos chères Sœurs. Je suis toute vôtre sans réserve. Vive Jésus ! Que mon fils ' envoie ces petits livres de Y Imitation de Jésus 2.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.
3 M. Michel Favre.
' (Iliaque Religieuse de la Visitation peut garder en son particulier le livre de limitation de Jésus-Christ ou le Combat spirituel, ou encore les Points d'humilité, par do:n Sens de Sainte-Catherine.
120 LETTRES DE SAIXTE CHAXTAL.
LETTRE LXYII
A MOXSIEUR MICHEL FAVRE
CONFESSEUR DE SA1XT FRâXÇOIS DE SALES KT DES RELIGIEUSES DE Là l'ISITâTION llWV'.
A LYON
Arrangements à prendre pour l'impression du Traité de l'Amour de Dieu.
VIVE 7 JÉSUS
Annecy, 30 mai 161t>.
Vous me dites, mon Irès-cher Père, que l'on ne se peut persuader que, sur les lettres que l'on m'a écrites, j'aie été trompée; cela n'empêche pas que cela ne soit la vérité, mais mes inconsidérations méritent plus de blâme. Oh î grâce à Dieu, Monseigneur s'est rendu à notre première requête.
De retrancher rien des livres que nous demandons1, nous ne le pouvons ni devons faire, me semblant qu'il ne serait pas raisonnable que nous les achetassions. Donnez, mon cher Père, adresse à ces deux billets, écrits avant la réception des vôtres, car de voir leurs lettres, il n'y a moyen. Bonsoir, mon très-cher Père, mille saluts à tous; recommandez, s'il vous plaît, la lettre de M. Guichard au Révérend Père de lillars2. Je suis, pataffection maternelle, votre vraie mère, et votre fille très-humble en Xolre-Seigneur.
Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visitation d'Annecy.
1 Un certain nombre d'exemplaires du Traité de l'Amour de Dieu. La Vénérable Mère de Chantai avait d'autant pins le droit de poser cette condition à l'éditeur, que jamais saint François de Sales ne voulut tirer aucun bénéfice de l'impression ou de la vente de ses ouvrages.
s Jésuite de Dijon.
[Annecy, 1616.]