A LA AIE MIC
Maternelles inquiétudes. — Désir de connaître la pensée du Père recteur des Jésuites sur les Règles de la Visitation.
vive -J- JÉSUS !
[Annecy] 15 juillet 1616.
Que veut dire, ma très-chère fille ma mie, que vous nous tenez en si longue attente de votre arrivée? Nos Sœurs sont en perpétuelle émotion dès que l'on sonne ou heurte un peu fort. Il faut bien qu'il vous soit arrivé quelque chose, car M. Michel nous avait écrit que vous deviez partir le jeudi, 7 de ce mois; or sus, il faut prendre patience. Je ne peux pourtant vous écrire de rien, sinon que si d'aventure vous n'êtes partie, que vous tâchiez de savoir si les Ursulines de Paris disent le grand Office, et que vous fassiez avertir madame de la Cluse qu'elle envoie
de la laine noire pour tracer ses montants, et du fond pour ses chaises, et des soies si elle veut qu'on les mette.
Sachez aussi de mon petit cher neveu , de ses nouvelles, pour me les bien rapporter, s'il vous plaît, et ce qu'il sait de Mgr de Bourges et de mon fils. Adieu, ma mie, ma très-chère fille; nous vous attendons avec extrême désir de vous voir, et votre pauvre compagne. Mon Dieu! qu'il y aura de joie ici! Souvenez-vous d'apporter le sentiment du Père recteur sur nos Règles, s'il se peut. Adieu, ma mie, à Dieu soyons-nous éternellement, sans exception ni réserve. Oh! qu'heureuses sont lésâmes qui sont tout à Dieu, et qui en vérité peuvent dire : Jésus est tout mon bien, et je suis toute sienne ! Je vous ai fait ce biliei sans loisir. Mille saluts à toute la chère troupe. Je suis toute vôtre sans réserve en Celui qui s'est donné à nous.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambdry.