‹ Lettres (volume 3)Chapitre 69 sur 351 · LETTRE LXXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE LXXVIII

A SAINT FRANÇOIS DE SALES Sollicitude pour le voyage d'une prétendante.

VIVK f JÉSUS !

[Annecy. 1616.]

Voilà qui va le mieux du monde, mon très-cher Père et Seigneur, car ceux qui reviendront prendre la bonne madame Favrot ' viendront en assurance. Il faudra bien que AI. de la Thuile [Louis de Sales], mon très-cher frère, apporte enfin au moins la réponse, parce que, sans celte commodité, ma SœurFavrot se résolvait de prendre ici des chevaux pour s'en aller.

1 Pieuse veuve de la Franche-Comté, « qui (au rapport de la Mère de Changij) avait vécu longues années dans la ville de Poligny comme Judith dans celle de Béthulie, faisant les mêmes exercices et les mêmes abstinences que cette veuve triomphante et si fameuse dans l'Ecriture faisait dans sa maison avec ses filles... La renommée des miracles qu'il plaisait au Ciel de faire par la direction de Notre B. Père, en l'esprit duquel Dieu semblait avoir épuisé la plénitude de ses dons pour la conduite des âmes, toucha madame Favrot d'un très-ardent désir de venir puiser à cette source sacrée les eaux de salut. Après un fervent essai de vie religieuse à Annecy, force lui fut de retourner en son pays pour mettre ordre à ses affaires. Ses parents dressèrent des montagnes d'obstacles pour retarder son contentement; mais elle brisa tous ses liens et reprit son vol vers l'arche sainte pour y consommer son sacrifice en 1618. s On retrouvera plus tard madame Favrot sous le nom de Sœur Françoise-Marguerite.

Eh! bonjour, mon très-unique Père, voilà un bouquet. Que plût au bon Dieu que la très-sainte charité et pureté régnassent parfaitement en ce cœur qui est ici! Jésus soit la vie de notre àme et son Roi souverain ! Amen, mon très-cher Père.

Conforme à l'original gardé aux Archives delà Visitation d'Annecy.

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