LETTRE XCVII
A LA SOEUR MARIE-AVOYE HUMBERT
A MOULINS '
Elle l'exhorte à avancer dans l'esprit d'humilité et de confiance en sa Supérieure, et lui recommande de ne pas se troubler de ses fautes.
VIVE f JÉSUS.'
[Annecy, 16H.]
Je vois beaucoup de choses dans votre lettre , ma très-chère petite fille, mais ne voulez-vous pas bien que je les ramasse et y réponde ainsi :
Ma fille, au nom de notre doux Sauveur, je vous conjure et vous prie de cheminer en esprit d'humilité et de simplicité, ne vous amusant point à considérer beaucoup ce qui se passe en vous-même. Mais rendez-vous attentive à faire et observer soigneusement les conseils que votre bonne Mère vous donne, lui tenant votre cœur bien ouvert et obéissant; car je sais que ses conseils et sa direction vous ont été toujours très-utiles , et vous le savez.
Prenez donc, je vous prie, un nouveau courage pour avancer
1 Sœur Marie-Avoye Humbert, native de Dijon, et douzième professe d'Annecy, fut envoyée à la fondation de Moulins, où elle décéda en 1657, avec de grands sentiments d'humilité et de confiance en Dieu. Une constante fidélité à la grâce de sa vocation lui mérita cet éloge de sainte Jeanne- Françoise de Chantai : « Si les règles et coutumes de l'Ordre étaient per- » dues, on les retrouverait facilement en examinant la conduite de notre » Sœur Marie-Avoye. »
(Livre des Vmix du lfr monastère d'Annecy.)
votre àrae au service de Dieu ; ne vous attristez point pour vos chutes, mais relevez-vous-en promptement sans changer pour cela d'humeur; car ici, pour vous en dire un mot, l'on n'ose plus témoigner ses répugnances. Faites de même, ma trèschère fille , et ne vivez désormais que d'obéissance , et votre chère âme sera en paix. Je l'aime chèrement, votre âme, ma chère fille; mais, croyez-moi, et montrez bon exemple à nos Sœurs. Je suis toute vôtre en Jésus.
Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Nevers.