‹ Lettres (volume 3)Chapitre 85 sur 351 · LETTRE CIII · texte numérisé non relu

LETTRE CIII

A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAIRE

SUPliiriEl'BE A LYON

Elle fait l'éloge du baron de Thorens, et de la résignation chrétienne de sa veuve. Envoi des règles et constitutions.

VIVE -j- JÉSUS !

[Annecy] 2 juin 161".

Dieu soit béni de toutes vos bonnes nouvelles, ma chère fille, et sa bonté répande abondamment ses grâces sur vous et

drale et oncle de notre chère Sœur, ne fut point de ce sentiment, trouvant que cet emploi était trop pénible pour sa nièce. Notre saint Fondateur était sur le point de lui donner le voile noir, mais cette vertueuse fille tint ferme pour garder l'humble rang qui lui avait été destiné. Par ses sages et prudentes raisons, elle gagna l'esprit de son oncle et de plusieurs de ses proches, qui s'y opposaient aussi très-fortement; elle leur disait que les prémices ayant toujours une bénédiction particulière du Ciel, elle espérait qu'étant la première de ce rang, elle aurait toutes les bénédictions et grâces que Dieu, dans la suite, répandrait avec abondance sur celles qui suivraient Jésus-Christ dans sa vie humble et laborieuse, et qui seraient exactes, dans cet emploi bas aux yeux humains, à tenir leurs cœurs élevés en Dieu et fidèles à la règle. Toutefois le bon M. Roland était peu satisfait : c'est pourquoi nos saints Fondateurs, en l'année 1622, choisirent cette chère Sœur pour aller donner commencement à notre monastère de Dijon, où elle vécut saintement jusqu'en 1666. »

sur la chère troupe , que j'aime très-chèrement et tendrement; la petite cadette verra un tour de l'empressement et faute d'attention de ma Sœur N... ; il faut souffrir cela de cette fille qui fait tout fort bonnement. Je la salue étroitement, cette petite; je l'aime fort, vous le savez, ma très-chère fille.

Hélas! qui ne ressentirait jusqu'au fin fond la perte de tant de douceur et de consolation que le cher enfant donnait1? Certes, ma fille, je n'eusse jamais cru durant sa vie qu'il m'eût laissé la vingtième partie des douleurs que j'ai reçues [par sa mort]; mais, grâce à Dieu, nous avons en tout aimé et aimerons toujours très-chèrement la volonté de notre bon Sauveur; la pauvre petite veuve est si douce et aimable en sa douleur, que ne se peut dire davantage 2.

Voilà les règles : vous avez les nôtres, et nous demeurons sans aucun mémorial [cérémonial] pour faire l'établissement, à l'habit, à la profession; c'est pourquoi nous vous supplions de les renvoyer promptement. Mes très-humbles saluts à Mgr l'archevêque, à nos chères Sœurs, aux amis, et particulièrement à la très-chère et bonne Sœur Barbe-Marie, et à vous par-dessus toutes; car toujours vous êtes la très-chère fille de mon cœur. Dieu vous rende parfaitement sienne. Amen. Vive

Jésus !

Dieu soit béni! amex.

Conforme à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

1 Le baron de Thorens.

2 La baronne de Thorens était auprès de sa sainte Mère, lorsqu'elle reçut la nouvelle du trépas de son mari ; elle ne voulut plus quitter le monastère. C'est là qu'elle attendit, avec une paix et une douleur nonpareilles, le moment qui devait la réunir dans le ciel à celui qu'elle avait perdu.

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