‹ Lettres (volume 3)Chapitre 86 sur 351 · LETTRE CIV · texte numérisé non relu

LETTRE CIV

A LA SOEUR MARIE-AIMÉE DE BLONAY

MAITRESSE DES NOVICES, A LYON'

Dans quel esprit elle doit diriger les novices.

VIVE -J- JÉSUS

Ma très-chère petite, quelque grande hâte que j'aie, si ne puis-je pas m'empêcher de vous saluer et embrasser amoureusement avec toutes vos chères novices, que mon cœur chérit parfaitement en Notre-Seigneur. Je vous les recommande, ma très-chère fille; faites-les avancer dans l'amour de leur céleste Epoux tant qu'il vous sera possible, mais avec un esprit de douceur, de patience, de charité, lequel vous fasse supporter toutes les petites faiblesses, négligences, tardivetés et manquements, sans témoigner jamais un seul instant d'étonnement, afin que la parfaite confiance qu'elles vous doivent avoir ne soit point altérée.

La leçon [du support] des prochains est la plus excellente leçon [que nous devons tirer de la doctrine] des saints. Bienheureux ceux qui la pratiquent parfaitement; faites-le bien, ma très-chère petite fille.

Conforme à l'original gardé ans Archives de la Visitation d'Annecy.

A LA MÈRE JEANNE-CHARLOTTE DE BRÉCHARD

SUPÉRIEURE A MOULINS

Décision de la Sainte pour la réception des Sœurs tourières et pour leur vêtement.

VIVE -j- JÉSUS.'

[Annecy. 161"].

Je répondrai brièvement à votre billet, ma très-chère Sœur,

n'ayant le loisir de beaucoup écrire; j'en suis pourtant marrie, car je désirerais bien d'écrire à ma Sœur de Gouffier et à nos Sœurs, mais il ne se peut : depuis quinze jours, nous vous avons écrit deux fois.

Non, il ne faut faire aucune cérémonie en la réception des Sœurs servantes ', mais oui en la profession , ainsi que la règle l'enseigne. Pour ce qui est de l'habit de la servante, il serait plus modeste comme vous le désirez; mais si l'on témoigne de ne le pas agréer, je crois que vous ferez bien de différer pour éviter les pointillés; la chose étant quasi indifférente, il faut se mettre du côté de la condescendance; car enfin, ma très chère fille, une once de celte vertu vaut mieux que cent livres de propre volonté; je m'assure que vous serez toujours bien aise de demeurer dans la vertu et laisser les autres en leur volonté.

Il nous tarde grandement de savoir de vos nouvelles, et quel effet nos dernières lettres auront produit. Dieu, par sa bonté, veuille qu'elles aient été bien reçues !

Conforme à l'original gardé aux Archives de la Visilalion d'Annecy.

LETTRE Cl I (Inédite)

A SAINT FRANÇOIS DE SALES

Elle le prie d'écrire à M;jr de Bourses en faveur de Celse Bénigne, et témoigne un grand désir d'être délivrée de toute affaire du monde.

vive ~ JÉSUS !

[Annecy, 161"].

. Vous le ferez , mon très-cher Seigneur, vous goùlerez un peu , puisque je vous en prie, et me manderez en vérité si le sirop

1 La Sainte parle ici des Sœurs tourières , c'est-à-dire des filles qui servent la communauté à l'extérieur, et ne sont pas obligées à la clôture.

a bien profité; j'aurais bien voulu que vous eussiez vu mes lettres, mais elles sont trop longues et fâcheuses, et ne sont encore achevées, n'ayant rien écrit depuis dîner. Si vous pouviez écrire un mot de lettre à Mgr de Bourges en témoignage du ressentiment que vous avez du bien qu'il promet pour l'avancement de notre fils ', je crois qu'il lui serait agréable et lui profiterait. Oh! mon vrai et cher tout bon Père! que d'embarrassements aux affaires du monde! le bon Dieu m'en délivre. Je serai toute guérie de cette secousse quand j'aurai le bonheur de vous voir moi-même, mais non pas devant... Il est bien vrai que je n'en ai nul trouble par la grâce de Dieu, mon trèsbon Père. Le doux Jésus bénisse votre cœur et le mien de son très-pur amour. Amen. Bonsoir, mon très-cher Père, tout uniquement et chèrement bien- aimé. La petite chère Sœur n'en veut-elle pas?

Cjnformc à une copie de l'original gardé à la Visitation de Chambéry.

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