LETTRE CXIII
A LA MÈRE MARIE-JACQUELINE FAVRE
SITKHIi'X'RB A LYON
Acquisition d'une maison. — Estime spéciale pour M. de Saint-Nizier. Commissions pour diverses personnes.
vive -J- JÉSUS !
[Annecy, 15 août 1617].
Que pourrais-je vous dire dans ce moment, ma chère fille ? Je n'ai rien de nouveau, sinon qu'enfin je pense qu'aujourd'hui nous aurons les maisons de AI. le fiscal avec sa fille , bonne, douce et de grande affection d'être ici. Au reste, les filles de la ville commencent à s'échauffer maintenant que l'on est en train de les faire patienter; mais il va bien ainsi, n'estce pas, ma fille ?
Or, voilà des lettres pour Mgr de Lyon, qu'il faut envoyer promptement, car n'ayant point de dépêches ni nouvelles,
ainsi que le Père procureur des barnabiles avait promis, nous craignons qu'il ne s'oublie de nous; c'est pourquoi nous conjurons Mgr de Lyon de nous faire la charité. Notre bon M. de Saint- Xizier fera bien l'office de les faire tenir sûrement : je le salue avec cette ancienne et cordiale dilection que mon âme a vouée à la sienne, de laquelle je ne veux ni ne peux jamais m'oublier; assurez-l'en toujours , ma très-chère fille, et le saluez souvent de ma part; car soit que je le nomme ou non, mon intention est toujours telle, l'honorant invariablement et de tout mon cœur.
Au reste, ma fille toute chère, nous désirons bien fort d'avoir notre custode et les chandeliers le plus tôt qu'il se pourra; le mois que l'argentier avait demandé à M. le trésorier est bien passé; faites, je vous supplie, qu'il soit sollicité. Adieu, il faut finir sans oublier cette très-chère sœur Barbe- Marie, que j'aime tant. Mais je crains bien que ces messieurs de Grenoble ne laissent échapper Monseigneur jusqu'à Paris1.
Dieu sur tout et en tout soit glorifié, n'est-ce pas, ma fille toute chère, que j'aime tout parfaitement et tout particulièrement? Je suis toute vôtre enfin et de tout mon cœur. Vive Jésus éternellement! Ce jour saint de \otre-Dame.
Conforme à l'original gardé à la Visitation de Chambéry.